Mercredi 10 janvier 2007 à 0:06

La ville est sombre... Aucun bruit ne s'échappe des ruelles de Nehin, et le port est vide.

Je suis seul...

La malédiction de Menadel m'a frappé de plein fouet, jusqu'au plus profond de mon être. Je n'ai aucun moyen de jauger la dérive temporelle, à part de poser la question à un habitant de la cité, mais ce serait beaucoup trop dangereux. Depuis le piège de la Cathédrale, les sauts temporels se sont enchaînés, m'entraînant dans un tourbillon incontrôlable.

Je suis seul...

Mardi 21 novembre 2006 à 15:23

L'ange fait un pas en arrière et prononce quelques mots :

"Alors c'est toi, l'envoyé de Morelen, censé ramener votre ordre sur Terre ? Et tu n'es même pas capable de faire attention à toi dans une cité ennemie ? Tu me fais bien rire, pauvre Ithelyar... Mais heureusement, tu ne feras plus rire personne d'ici quelques minutes..."

Je ne le laisse pas finir sa phrase. Je ne sais pas qui il est, mais il a l'arrogance toute caractéristique d'un ange mineur, et il devrait être à ma portée, maintenant que l'entraînement dont Jilgor m'a fait bénéficier est terminé. Je passe immédiatement dans l'état Spectral, que j'avais préparé dès que j'ai vu le corps sans vie du Passeur de Nogorin, et je perçois du même coup la stupéfaction de mon adversaire. Je constate également que c'est bien un Puissance, son attitude guerrière ne laisse aucune place au doute. Il se jette vers l'endroit où je me trouvais quelques secondes avant, pensant pouvoir m'attraper, mais j'ai déjà anticipé son attaque et je me retrouve derrière lui, prêt à frapper. Je dégaine Eaque, et j'assène un grand coup de l'épée légendaire sur son aile gauche. Un terrible fracas métallique emplit la pièce, et l'ange se retourne immédiatement. Je m'aperçois qu'il n'a absolument aucune séquelle de ma lame, et j'ai à peine le temps de réfléchir à l'explication de ce phénomène qu'il déploie ses véritables ailes. Un leurre. C'était un leurre en métal...

Malheureusement pour lui, mon deuxième coup d'épée ne touche pas un leurre mais son torse. Eaque s'enfonce dans sa poitrine au niveau de son coeur, et il pousse cette fois un terrible hurlement de douleur, puis s'affaisse immédiatement. Je ne pensais pas pouvoir le battre aussi facilement, mais après tout tant mieux... Alors que je reprends progressivement mon état normal, du corps inerte de l'ange s'élève une voix qui, manifestement, ne lui appartient pas...

"Quiconque abat un ange devra subir la malédiction de l'âme de celui-ci... Le temps aura raison de toi... de toi... toi..."

Le temps ! La voix s'éteint lentement, et je réalise avec effroi que le navire en partance pour la cité des sept statues doit être en train de lever l'ancre, si cela n'est pas déjà fait. Je me précipite hors de la demeure des Nogorin, et me dirige vers le quai. Tout en courant, je me remémore les légendes concernant les âmes angéliques. Il est dit que les Archanges détournent les âmes humaines, mais qu'ils ne font aucun cas de celles des anges, qu'ils considèrent inférieurs et serviteurs. Par conséquent, étant donné que les Esprits Modulaires ne veulent pas capter d'âmes nées de Talnë, elles sont condamnées à errer pour l'éternité, et elles peuvent agir une fois et une seule sur le cours du temps réel. C'est ce que l'on appelle la Malédiction des Anges, qui reviennent une unique fois sur Terre après leur mort, avant de perdre toute attache à l'univers connu. Toutes les légendes humaines concernant des histoires de fantômes sont liées à cette malédiction, car le spectre des anges, bien qu'il ne puisse agir qu'une seule fois, terrorise la plupart du temps son entourage. Je ne sais ce que mon adversaire m'a réservé, mais il m'importe de ce fait d'arriver au plus vite à bord du bateau, et ce même si je dois forcer le passage. Alors que j'aperçois enfin mon moyen de transport, je me prépare à un nouvel état Spectral, afin de pallier à un éventuel besoin de me fondre dans le décor. Encore quelques dizaines de mètres...

Le sol s'ouvre brusquement sous mes pieds. Je parviens à sauter et à éviter la chute dans un gouffre dont je ne tiens pas à connaître le contenu. Finalement, il n'aura pas mis longtemps à revenir... Je le vois qui se matérialise devant moi, d'un blanc immaculé, presque trop pur :

"Je suis Menadel, l'un des Puissances, et l'un des gardiens de la cité de Nehin. Tu m'as condamné à errer éternellement dans les limbes de l'infini, mais avant d'accomplir mon destin, je reviens sur Terre une dernière fois afin de me venger. Le temps n'est désormais plus ton allié, et il se jouera de toi tant que ton esprit et ton corps ne feront qu'un. Jamais plus tu ne pourras te fier aux horloges, et rien ni personne ne pourra t'aider. J'en fais le serment..."

Il marque une pause, puis reprend mécaniquement :

"Tu es frappé de la Malédiction des Anges, Menadel te hantera à tout jamais. Puisse Talnë avoir pitié de ton âme..."

Et sur ces derniers mots, il disparaît silencieusement. Je reprends lentement mes esprits ; j'ai beau connaître ce discours, l'ayant déjà entendu de la bouche de Xanosil lorsqu'il me l'a expliqué, je suis tout de même sous le choc. Sa malédiction n'est pas très claire, et je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre. Et comme pour répondre à ma question, le bateau semble soudain s'estomper, et se transforme en quelques secondes en une brume blanchâtre qui disparaît à son tour. Je me retourne, saisi d'une soudaine peur sans nom, et constate que les bâtiments derrière moi sont en train de changer d'apparence, de couleur ou de forme. Comme si le temps accélérait... Brusquement, j'ai l'horrible sensation de ne plus savoir dans quel espace temps je me situe... Je place instinctivement ma main droite sur la poignée d'Eaque, et je me rends compte qu'elle n'a pas bougé. C'est un maigre soulagement, mais cela me permet de reprendre des forces plus rapidement. Je suis perdu dans une époque que je ne connais pas, et je n'ai aucune idée de la puissance de ce saut temporel.

En quelle année suis-je donc tombé ?...

Dimanche 19 novembre 2006 à 23:36

Et voici [enfin] la reprise des textes des Esprits Modulaires... Pour ceux qui ne suivent pas mon blog depuis longtemps, cela ne doit rien vous dire. Pour ceux qui le suivent mais qui ne lisent pas les articles dépassant 10 lignes et demi (la majorité), cela ne vous dit pas grand chose non plus. Pour les vrais inconditionnels, vous savez peut-être de quoi je parle. Quoi qu'il en soit, pour tous ceux qui aiment les récits SF/Fantasy, j'ai commencé il y a plus d'un an à écrire une fiction tournant autour d'un thème : les Esprits Modulaires. Pour en savoir plus (et par conséquent comprendre la suite), vous pouvez toujours aller voir la catégorie EM [Mythe], et lire les textes. Attention, il y a un beau morceau à lire...

Place au récit, maintenant.

***

Le port de Nehin renferme bon nombre de secrets perdus depuis des âges immémoriaux. Gardant précieusement Eaque dans mon dos, recouverte par ma longue cape grise, je cherche à retrouver le Passeur de Nogorin, nommé ainsi car il servait autrefois la famille impériale de Nehin, jusqu'à ce que Talnë les reprenne tous, par le biais de ses Archanges. Lui seul pourra m'aider à embarquer sur un des bateaux en partance pour Saeptentia. Je sais qu'il est en vie, quelque part dans la cité, mais je n'ai que très peu d'informations sur lui. La perle de Nachée que je porte à l'oreille gauche ne semble pas détecter le moindre évènement susceptible de m'aider, et je n'ai pas beaucoup de temps, car le navire marchand qui part demain sera le dernier bâtiment de toute l'histoire de Nehin à voguer vers Saeptentia. En effet, les Anges des Trônes, qui dirigent la cité aux sept statues, ont décidé de couper leur bastion du monde, et de n'autoriser les allées et venues que des personnes de confiance. Etant modulaire et de plus connu de l'un de leurs chefs, Nelchael, je n'aurais donc aucune autre chance d'infiltrer leur vigilance...

Les minutes me sont comptées. Un ecclésiastique m'a repéré, ou tout du moins c'est l'impression qu'il m'a donné. Il faut dire que je ne suis pas très discret, portant des vêtements créés par le Concile, qui me protègent du regard de la masse mais qui attirent celui de l'Eglise. Je suppose que ce curé va envoyer un groupe de soldats patrouiller dans les rues, afin d'essayer de me repérer. Ce qu'il ignore, et ce que découvriront peut être les soldats, c'est que j'ai sur moi Eaque, et que je possède un certain nombre d'atouts, comme la capacité d'Isolation. Mais l'état Spectral ne me sauvera pas toujours, et il faut par conséquent que je fasse vite, très vite. La seule information concernant le Passeur m'a été donnée par Jilgor : il vit tout près du port, dans une maison en bois ancien. L'ennui, c'est que toute la cité ou presque est construite en bois, et repérer le bois ancien n'a jamais vraiment été une de mes spécialités. Je descends donc vers les bâtiments portuaires, dans l'espoir un peu utopique de tomber par hasard sur le Passeur de Nogorin...

"Monsieur !"

Non... Ce n'est pas possible ! Je ne peux pas avoir été repéré aussi vite...

"Monsieur, attendez !"

Je préfère jouer l'ignorance, feindre de ne rien entendre plutôt que d'affronter un ou plusieurs hommes en plein jour dans une rue... Et tandis que je me prépare à l'état Spectral, une main se pose sur mon épaule.

"Monsieur ! Vous avez perdu ceci..."

Je me retourne doucement. Un homme encapuchonné me regarde d'un air bienveillant, tenant dans sa main un morceau de papier jauni. Je l'avais complètement oublié dans ma poche... Il ne m'est d'aucune utilité, mais je le reprends en marmonnant un vague "merci", et je détache mon regard des yeux de mon interlocuteur, signe très clair de fin de conversation. Je suis tout de même étonné par un point : la couleur de ses iris était surprenante, entre le bleu et l'argent, une couleur que j'ai très rarement vue... Une vague d'inquiétude me saisit tout à coup, sans que je sache vraiment pourquoi, mais je la chasse vite, et j'arrive près des premiers baraquements du port...

J'ai à peine commencé à chercher que je tombe sur un panneau indiquant la direction de la demeure de l'ancienne famille impériale. Les choses vont être plus faciles que je ne le pensais... Quelques minutes plus tard, je me retrouve devant une lourde porte noircie par le temps, et sans plus hésiter je la pousse pour pénétrer dans le manoir des Nogorin, lieu chargé d'émotion s'il en est. Les Nogorin étaient une dynastie bourgeoise, ayant donné naissance à tous les anciens empereurs de la cité. Ils étaient très proches de l'Eglise et la légende raconte que Camaël, l'ange régent des Puissances, était leur protecteur. Lorsque leur lignée a disparu, Nehin est entré dans une sombre ère, durant laquelle se sont succédés à l'exercice du pouvoir différents imposteurs tous plus avides de sang les uns que les autres, jusqu'à l'avènement de Phaex. Il reprit la cité en main, et depuis le calme règne dans les rues de Nehin, qui s'est ouvert au monde marchand grâce à son immense port. Le manoir des Nogorin est resté, lui, car Phaex a voulu laisser debout cette trace du glorieux passé des hommes de Nehin, autrefois connus pour leur vaillance et leur courage. Mon entrée dans ce lieu sacré ne doit pas être connue des habitants, faute de quoi je risque de ne jamais retrouver Kalmayr...

Tout à coup, la porte claque d'entrée claque sèchement, les lumières s'éteignent, et deux petites flammes bleutées s'allument à quelques mètres de moi. Je fais prudemment un pas en arrière, et je pose le pied sur quelque chose de mou et de volumineux. Je me retourne pour examiner la chose, et je distingue avec effarement un corps humain, horriblement désarticulé, les mains brûlées. Le Passeur de Nogorin... Le pauvre homme n'aura pas suffisamment vécu pour aider le dernier passager clandestin à prendre place sur le dernier bateau vers Saeptentia. Immédiatement, j'entre dans la première phase d'Isolation, et je refais volte-face vers les flammes. C'est alors que je comprends... Ce sont des yeux, et cette couleur qui m'avait choqué quelques dizaines de minutes auparavant m'inquiète maintenant. Si cette créature est bien ce que je crains qu'elle puisse être... L'état des mains du vieux Passeur est en effet caractéristique du comportement d'un Ange tueur, un des Puissances. Je ne le connais pas, peut-être est-ce Aniel ou Menadel, mais dans tous les cas je compte bien me défendre, cette fois-ci, et je suis armé en conséquence. Et alors qu'il se révèle à moi, éblouissant dans sa parure blanche, j'entre dans mon état Spectral et je dégaine Eaque, lié à elle par la perle de Nachée qui vibre de toute son âme à mon oreille...

Le combat peut commencer...

Mardi 21 février 2006 à 12:24

La réunion des deux oeuvres de Cronos et moi-même est enfin réalisée. Le texte complet est disponible ici et sera mis à jour au fur et à mesure de l'écriture. Bonne lecture pour les courageux...

Mardi 21 février 2006 à 11:07



La route mène à Saeptentia...

Mardi 21 février 2006 à 10:52

Les Trois Prophéties Modulaires m'ont été révélées par Morelen, tout du moins en partie pour les deux dernières. L'heure est venue pour moi de réaliser la Première Prophétie.

***

Je recommence, une fois de plus. Je n'y arrive toujours pas, mais je sens tout de même que je progresse, que je maîtrise cette puissance qui est mienne et que je sais enfouie en mon être Modulaire.

"Enferme tes sens et écoute ton esprit. Tu es sur la bonne voie."

Jilgor est optimiste à mon sujet. Il me répète sans cesse que je suis proche de l'aboutissement. Je cherche à développer l'Isolation, cette capacité qui me permettrait de m'échapper hors du temps et de l'espace pendant un certain temps, proportionnel à ma résistance. Je suis pour l'instant capable de m'isoler complètement durant quelques minutes, et je deviens immatériel pour une âme mortelle. Un homme peut m'apercevoir sous la forme d'une ombre, mais ne peut pas me toucher. Jilgor appelle cela l'état Spectral. J'y suis presque...

L'autre but de mon entraînement est atteint, lui. Jilgor y a personnellement veillé. J'ai hâte de remplir la première partie de ma mission afin d'entrevoir les possibilités de cette monstrueuse capacité...

***

Je suis sur Terre. Je suis revenu dans le temps. Morelen m'a investi de ma mission, et m'a renvoyé dans le monde tel que l'humanité le connaît. La Cathédrale est toute proche, derrière cette ruelle ; j'aperçois la flèche qui pointe vers le ciel, transperçant l'azur de sa pierre monumentale. La matinée s'avance doucement vers le zénith de l'Astre Roi, personne ne se soucie de ma présence. Les passants semblent tous vivre dans un monde qui leur est propre, marchant près de moi jusqu'à me frôler sans même s'en excuser. Les bâtiments alentours donnent l'impression d'avoir été bâtis il y a des siècles, vestiges d'une époque architecturale révolue. Je me dirige vers la Cathédrale, mais cette fois-ci je n'y suis pas arrivé par hasard, et je sais parfaitement ce que j'ai à faire...

La lourde porte en bois tourne lentement sur ses gonds rouillés, et dévoile à mes yeux l'intérieur de l'édifice. Le carillon sonne tout à coup dans ma tête, le mal être me reprend dès que je franchis le seuil, posant le pied sur la froide ardoise tapissant le sol. Un prêtre m'aperçoit, m'adresse un bref salut lointain. Je lui rends poliment son signe de tête, et m'avance vers l'autel.

J'inspire lentement afin de me préparer à l'état Spectral. J'ai la désagréable impression que tous les yeux se sont tournés vers moi, mais il n'en est rien. Je me retourne discrètement : rien ne bouge. Deux ou trois personnes s'adressent à leur Dieu imaginaire représenté par ces statues monumentales. Talnë et les Archanges ont vraiment réussi leur endoctrination... Ils ont créé sur toute la planète des Eglises et un Dieu, à qui ils ont donné plusieurs formes selon les régions, et ils ont préparé les hommes d'église à cette vaste entreprise de tromperie. L'humanité doit savoir que les Archanges sont uniques, et que toutes les croyances qu'ils pensent différentes selon leur religion ne sont que des peintures d'une même existence divine. Talnë et ses enfants récupèrent les âmes au travers de ces actes, et nous en captons de moins en moins. Les Portes n'ont jamais été aussi peu traversées...

C'est parti. Je deviens lentement imperceptible, entrant dans l'état Spectral. Tout s'estompe autour de moi, et les formes distinctement visibles quelques secondes auparavant changent doucement d'apparence, prenant une teinte argentée et s'entourant d'une légère brume. Je peux entrer en action...

***

Les indications données par Morelen me reviennent à l'esprit. La lame se trouve derrière l'orgue gigantesque qui emplit le fond de la Cathédrale. Si j'arrive à maintenir suffisamment longtemps l'état Spectral, je pourrais m'emparer de l'épée.

Je l'aperçois. Elle est posée sur un socle qui fut gravé par Xanosil, aujourd'hui Défiant et contrôlant la Lune. La Première Prophétie dit qu'elle fut placée là bien avant la construction de la Cathédrale, et que le nom qui lui fut donné est Eaque. Elle fut destinée à être prise par l'un des deux Similaires, Héritiers suprêmes, détenant la puissance Modulaire. La lame semble habitée d'un feu ancien, que l'on croyait éteint depuis des millénaires. Je la saisis par la poignée, et je me sens tout à coup transporté dans un espace qui m'est inconnu. La sensation dure quelques secondes, puis je reprends mes esprits et je redeviens visible dans la Cathédrale. Je tiens à la main Eaque, l'épée sœur de Rhadamanthe, dont la Première Prophétie dit qu'elle sera détenue par Kalmayr, mon Similaire. Et tout à coup, la Perle de Nachée que je porte à l'oreille se met à vibrer, et tel que me l'avait prédit Jilgor, je sens une partie de mon être qui se fond dans l'épée, lui donnant vie... Cette capacité que j'ai travaillée sans relâche avec lui est maintenant concrète. Il m'a appris à me servir de la Perle de Nachée, minuscule bille nacrée qui renferme un pouvoir bien plus ancien que moi. L'entraînement va pouvoir porter ses fruits...

***

La Première Prophétie est maintenant accomplie. Eaque vit à travers moi, et retrouver Kalmayr sera maintenant beaucoup plus aisé. Selon Morelen, il doit apparaître quelques années après mon retour sur Terre. Je dois aller l'attendre à Saeptentia, la cité aux sept statues. Elle est gardée par les Trônes, dont Nelchael est un ennemi redoutable que j'ai déjà rencontré, ici même, lorsque Raphael et Dilelen s'étaient affrontés sur l'autel de la Cathédrale. Ma mission est désormais de voyager jusqu'à Saeptentia, et d'y attendre Kalmayr. La Seconde Prophétie, qui n'est pas encore dévoilée jusqu'à son terme, raconte qu'à Iksianeal est enseveli une arme dont la puissance permettrait aux Similaires de déployer leur puissance et ainsi de dévoiler au monde la supercherie de Talnë et des Archanges.

La route est longue. Mais je ne suis plus seul. Au fond de mon âme vibre l'espoir de retrouver enfin Kalmayr, frère semblable, issu comme moi de Morelen. Il est doté de capacités différentes des miennes, et ne connait ni sa parenté exacte ni les prophéties, mais il est extrêmement puissant, et doté d'un caractère tout à fait incroyable. A nous deux, nous pourrons enfin achever la Deuxième Prophétie...

Jeudi 2 février 2006 à 18:18

Ouverture d'un blog entièrement dédié aux textes de La Cathédrale, et devant normalement bientôt contenir un lexique complet du Nachéen, mis à jour au fur et à mesure. C'est par ici.

J'en ai également profité pour retoucher un peu son css, afin d'obtenir un résultat hybride. Vive la puissance des feuilles de style...

Lundi 2 janvier 2006 à 14:24



Esse Ithelyar jke Kalmayr melnhyor nessae
Stento disentia'meann he xhar
Epahcze Sonekhaejlan khiel'meann
Esse hes melnh kil khaejlan jke ki umen
Ithelyar et Kalmayr sont les Héritiers suprêmes
Leur rencontre amènera la guerre
Les Esprits Modulaires reprendront leur place
Ils sont les maîtres des Esprits et du Temps

Mercredi 23 novembre 2005 à 0:33

L'an 2100. Le peuple saura bientôt. L'Humanité toute entière nous découvrira. Nous leur seront révélés.

Nous contrôlons le destin du monde. Nous sommes les architectes du rêve...

***

Une longue plainte se fait progressivement entendre. Un râle, comme un cri de détresse, mais étouffé par le poids d'un fardeau trop lourd à porter. Puis ce son se transforme lentement en chant. A nouveau ces mots... "Esse Ha Ithelyar..." Je les ai entendus plusieurs fois maintenant, et je suis toujours incapable de les expliquer.

Toujours ce chant... Ce rythme lent, un peu lourd, un peu noir. Il emplit le vide et le matériel, il m'apparaît comme universel. Mais je sais pourtant qu'il vient de Morelen...

Tout à coup, le chant s'arrête.

"Le temps est venu pour toi de rencontrer ta véritable nature. Tu as été amené ici pour remplir une mission. Ton Similaire et toi êtes destinés à changer cet univers. Nous ne pouvons pas le faire, car cela déclencherait une guerre irrémédiable avec les Archanges et Talnë, leur géniteur, et cette guerre serait la dernière que l'univers connaîtrait. Nous ne voulons pas la destruction. Ithelyar et Kalmayr, vous deviendrez les Messagers. Vous êtes les Héritiers Suprêmes, détenteurs d'une puissance que nul Héritier n'a jamais détenu ni ne pourra plus jamais espérer posséder."

Morelen a regagné les abysses du silence. La prophétie m'a secoué, je suis totalement sidéré... Son discours a été bref, mais annonciateurs de grands changements pour moi. C'est alors que l'Entité Noire se lève et disparaît, dans un nuage de fumée noire, épaisse comme du soufre, sombre comme la nuit. Et de ce nuage émerge Jilgor, son Servant, tandis qu'un des deux trônes blancs s'estompe et se redessine, avec Haelia dessus...

J'ai du mal à encaisser. En très peu de temps, j'ai pu voir quatre Esprits Modulaires, et non des moindres. Quatre membres du Concile des 13, dont leur maître, Morelen, l'un des trois Hauts Esprits, et un Immaculé. Haelia a d'ailleurs pris une apparence humaine féminine, lui qui contrôle l'Atmosphère. Son habit donne l'impression d'être composé de nuages et de vent, de tourbillons blancs de tissus cotonneux, constamment en mouvement... Il est le premier a prendre la parole :

"Apaise ton âme, Ithelyar. Ce que tu as entendu ici est vrai, mais tu ne dois pas pour autant penser que ton sort te coûtera ton existence, car c'est ce à quoi tu penses. Kalmayr te cherche, lui aussi, mais il ne sait pas encore ce qu'il est vraiment. Tu dois le trouver, et vous devrez mener votre quête à bien. Nous allons te renvoyer dans une époque sombre, une époque maudite. Le doute y a remplacé la confiance, et la peur y prend le pas sur l'amour. Vous ne devez pas laisser cette situation s'aggraver, faute de quoi les Portes se fermeront à tout jamais, victime d'un trop plein d'âmes torturées.

Pendant bien longtemps, l'homme a vu venir sa mort comme une délivrance, une étape nécessaire à son cycle. Mais à l'époque dans laquelle tu vas tomber, la mort effraie, et l'humanité la combat. Les conséquences sont dramatiques. Les âmes qui arrivent aux portes sont emplies de terreur et de haine, nous ne pouvons pas les capter. L'Eglise des Archanges rassemble de plus en plus de fidèles qui pensent ainsi échapper à leur destin. Et si les hommes réussissent dans leur entreprise de contradiction de la nature, nous ne pourrons plus jamais capter leurs âmes..."

Ces derniers mots étaient terribles. Je fus pris d'une effroyable vision : les Portes dans le néant, Lyx errant autour d'elles, et les Esprits Modulaires dispersés dans l'Univers détruit, sans plus aucune volonté d'existence.

Jilgor reprit : "Nous allons t'entraîner à développer tes capacités. Tu dois être capable d'affronter un Ange, qu'il soit un Trône, comme Nelchael que tu as vu sur le parvis de la cathédrale, ou un Domination, tel Nithaiah, que tu croiseras certainement. Il est maître des désenvoutements, et de la prémonition. Il te faudra être sur tes gardes..."

Leurs voix plongées dans l'infini me pétrifient. Je ne sais plus quoi penser, je ne sais plus qui je suis. Je ne sais pas ce que je dois faire...

Et si jamais je croisais de nouveau un Archange ?...

Dimanche 20 novembre 2005 à 20:48

Morelen... Le plus puissant des 13, le maître du Concile, le Gardien de la Porte du Feu. Je tente de rassembler mes souvenirs à son propos. Et il me revient l'histoire de la Guerre des trois Entités.

Lucifer était un Archange, déchu par son seigneur il devint un Démon, mais les Esprits Modulaires n'en surent rien, et le croyaient toujours inchangé. Morelen, cependant, percevant des fluctuations dans son élément, comprit que quelque chose n'allait pas. En effet, Lucifer s'était installé dans un lieu qui devint plus tard le cauchemar de toutes les âmes Humaines, et appelé par eux l'Enfer. Ce lieu était entouré de feu, de flammes et de lave, et la présence de Lucifer perturbait l'élément. Korsil, lui aussi, ressentit une perturbation du champ magnétique, mais fut moins méfiant que Morelen et l'attribua à un simple hasard.

Le problème principal posé par l'apparition d'un Démon était la troisième alternative aux âmes après la mort de leur enveloppe corporelle. Auparavant, elles pouvaient être Captées, ou être amenées à Kormianeal, mais dès lors elles pouvaient également être enrôlées de force par Lucifer, ce qui allait à l'encontre des préceptes des Archanges. Il est fort probable que si les Esprits Modulaires avaient détecté la présence de Lucifer dès son arrivée en l'Enfer, ils l'auraient laissé là, car fondamentalement, il ne leur faisait pas d'ombre, gardant les âmes sur Terre à disposition des éléments. Et de toute façon, les Esprits Modulaires tous ensemble n'auraient pas craint un seul Archange, fut-il Démon ou déchu...

Morelen, lui, avait donc perçu un mouvement étrange, et préférant en avoir le coeur net, passa sa Porte et descendit dans le Feu pour comprendre ce qui se passait. Il n'eut pas beaucoup de chemin à parcourir pour s'apercevoir qu'une force malfaisante était à l'oeuvre : les couloirs et tunnels des âmes de la Porte du Feu avaient été éraflés, souillés par une entité étrangère, qui ressemblait fortement à un Archange. Morelen, voyant ça, fut pris de doute, car les Archanges ne descendaient jamais sous terre, et de toute manière n'auraient jamais osé...

Il était une autre entité qui avait décidé de percer à jour les agissements de Lucifer : Samael, Archange de la Justice et de l'Amour, s'était lancé à sa poursuite. Le hasard, ou le destin, fit que les deux plus puissantes entités demeurant dans l'Univers connu se rencontrèrent à l'endroit où naissait la troisième entité surpuissante, l'entité Maudite. Morelen, Samael, Lucifer furent appelé les Hauts Esprits, et dans cette logique renommés l'entité Sombre, l'entité d'Or, et l'entité Maudite. Morelen et Samael se virent l'un et l'autre au même instant, et d'un regard comprirent qui ils étaient : deux des trois Hauts Esprits, Gardiens Suprêmes et Maîtres du Destin.

Ne s'étant jamais croisés en personne auparavant, ils se découvraient autant qu'ils avaient l'impression de se connaître et de se comprendre. A cet instant, ils auraient pu passer pour des traîtres aux yeux des leurs, mais en réalité ils n'étaient rien d'autres que les Hauts Esprits, supérieurs à tout ce qui Est sur cette Terre. En un éclair il comprirent qu'il leur faudrait combattre Lucifer, et Samael prit la parole et prononça ces mots, qui furent par la suite élevés au rang sacré :

    "Il n'est plus temps de se battre entre nous
    Seule la mort attend l'être que nous cherchons
    Mais n'oublie pas une chose, et ne soit pas fou
    Il est puissant, et de nous il a une mauvaise opinion"
         
(Cité dans "Les Portes", Verset final, Destruction)

Sur ces mots apparut l'entité Maudite, Lucifer, Archange déchu, premier des Démons. Morelen fut pris de rage en le voyant profanant son élément, et attaqua le premier, sans réfléchir ni prévenir. Sa rage soudaine failli avoir raison de Lucifer dès le début du combat, mais il parvint à esquiver le plasma d'énergie pure que Morelen lui avait destiné. Lucifer ne perdit pas de temps et invoqua les puissances célestes, et encercla Morelen de ce qui fut appelé plus tard les Flammes de l'Enfer. C'est le moment que choisi Samael pour frapper. Il se déplaçait à une vitesse proche de celle de la lumière, et se plaça dans le dos de Lucifer afin de le bloquer grâce à un enchantement. Mais une fois de plus, Lucifer anticipa, fit un pas en avant au moment où Samael se matérialisa derrière lui, et lança son corps en arrière, pulvérisant l'enveloppe protectrice que Samael s'était créé pour le combat.

Cependant, cette attaque manquée eut pour effet de libérer Morelen, qui, voyant Samael en difficulté, voulut intervenir et relança un plasma d'énergie, sous forme d'une gigantesque boule de feu, invoquant son élément. Cette fois ci, il ne manqua pas son coup, et Lucifer fut frappé de plein fouet. De plus, il absorba l'énergie et protégea Samael des éventuelles retombées. Mais Lucifer était plus puissant que ne l'avait supposé Morelen, et il encaissa le choc, se relevant en quelques secondes.

A cet instant, la nature profonde de Morelen se révéla. Ses origines extra-universelles se matérialisèrent, et il apparut tel l'Univers, supérieur au Tout. En réalité, Lyx venait de le rejoindre, et s'était fondu dans son corps, créant ainsi une entité invicible, qui ne fut plus jamais égalée. Morelen invoqua l'Univers, et profitant de l'étourdissement de Lucifer, lança vers lui un trait d'énergie sans égal, qui arracha l'esprit de Lucifer de son corps, et ainsi l'abattu. Samael, effondré, se releva difficilement, et vit la puissance de Morelen. Leurs regards se croisèrent une fois de plus, et ils se comprirent... A jamais...


    "Il est encore là...
   Lui ? Non... Mais...
          Son esprit le sera toujours !
"

             (Vers de l'Apocalypse, fin du Livre Rouge)



[...]

Je reprends mes esprits...

Morelen me regarde, m'observe. Il ne paraît pas disposé à prononcer le moindre mot. Son apparence est terrible : un être hybride, proche d'un humain, mais rougeoyant, flamboyant. Et son regard brûlant me fixe, me fixe... J'ai du mal à le soutenir...

Il va ouvrir la bouche...

Il va me parler...

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