Dimanche 13 août 2006 à 18:05

En préparation... c0wvivor, la suite, le deux. Inutile de vous dire que ça va saigner, ça va tailler, et ce ne sera pas la peine de se plaindre, l'auteur est roi, quoi que l'on puisse en dire.

Si des nouveaux protagonistes veulent être inclus dans l'histoire, qu'ils se manifestent en commentaire sur cet article, mais attention, soyez prévenus que vous serez intégré au récit à vos ridicules et périls. Vous voilà avertis.

Mardi 6 juin 2006 à 17:00

"Dix minutes ? Bon... C'est parti..."

***

Nous sommes devant la colonne, il est minuit. Toujours le même vide autour de nous, mais je ne cherche même plus à savoir de quelle manière ils s'y prennent pour que personne ne soit visible. De toute évidence, ils disposent d'une technologie supérieure à la nôtre. Morgoth est curieux de connaître la taille de leur appareil génital, il dit pouvoir compenser ce retard technologique avec son fusil de chasse. Samantha lui lance un regard douteux, ce qui nous laisse penser qu'il n'est pas si bien équipé que cela, mais après tout peu importe. Goldice a enfin remarqué que Bastnic jetait des coups d'oeils réguliers - à raison de toutes les 10 secondes - sur ses seins, et lui a collé une baffe. Ankou discute avec Demon de la meilleure façon de tuer rapidement un homme :

"Un coup de sabre bien placé, y'a rien de mieux !
- Je préfère arracher les yeux à la main...
- Heu... Mais c'est pas rapide comme mort ça !
- Non, mais au moins le type souffre."

De toute évidence, ils n'ont pas la même vision d'une mort rapide. Count et moi nous débattons sur l'utilité intrinsèque de la reproduction des crapauds sahariens, pendant que Margritis et Atom s'engueulent, une fois de plus :

"Je trouve que t'es de moins en moins aimable avec moi !
- Et toi, je trouve que Morgoth te touche trop ces derniers temps !
- Hein ?? Mais ça n'a aucun rapport !
- ...
- Bon... D'accord, un peu quand même..."

Au même moment, la colonne s'ouvre, et nous cessons toute activité conflictuelle pour entrer dans l'édifice. Cinq bonnes minutes de montée plus tard, nous sommes de retour dans la grande salle, qui a nettement changé d'aspect : la pièce est maintenant ronde, aux murs lisses, et très lumineuse. L'homme de la veille se tient au même endroit, dans son fauteuil, et semble endormi. Demon lance un grand "Faut se bouger maintenant !!" qui a pour effet de réveiller tout net notre Renard de Feu, qui s'excuse immédiatement :

"Je suis désolé... Je crois que je me suis assoupi...
- Quoi ? Vous avez passé la journée à dormir ici ? lui demande Goldice, choquée
- Non, en fait... Ahem... Vos heures sont pour nous l'équivalent de trois de vos minutes. J'ai donc finalement assez peu dormi..."

Nouvelle révélation, mais celle-ci ne nous regarde pas vraiment, et nous n'y prêtons pas attention, sauf moi qui suis assez porté sur le sommeil. Je rêverais de pouvoir m'endormir "quelques minutes" à ce rythme là, tous les jours. Sur cette pensée paradisiaque, Aveuh entre dans la pièce et vient s'asseoir à côté du grand manitou, puis prend la parole :

"Vous avez eu 24 heures pour réfléchir à ce que vous vouliez faire. Maintenant, il est temps pour vous de nous révéler votre choix..."

Silence radio. Personne n'ose prendre la parole. Je le fais finalement et lui répond :

"Nous avons décidé de vous suivre, mais sous certaines conditions... En effet, chacun a exprimé un souhait bien particulier. Ankou désire être approvisionnée en sabres neufs tous les mois, et Demon en cobayes sur lesquels il pourrait se défouler...
- Humains ?
- Bien sûr, cela va de soi. Ensuite... Atom veut pouvoir disposer d'un téléviseur avec un lecteur DVD intégré, et d'une collection de DVD pornos, dont notamment "La bite de Monsieur Seguin". Margritis désire une garde robe composée d'articles divers et variés. Morgoth et Samantha veulent un lit quatre places pour pouvoir se déplacer pendant qu'ils font l'amour. Goldice veut trois reflexs numériques, ainsi que des téléobjectifs de toutes tailles. Bastnic est tenté par la collection complète de chez Apple, comprenant ordinateurs, portables, baladeurs, etc. Count est intéressé par un harem, composé de diverses jeunes vierges à sa disposition. Quant à moi, votre remarque sur le temps m'amène à vous demander à ce que mes nuits soient comptabilisées dans votre échelle temporelle, ainsi j'aurai plus de temps pour vivre."

Aveuh est passé du blanc au vert, alors que le grand pape n'a pas sourcillé. Nous avons décidé au préalable de mettre un peu la pression aux Renards de Feu : après tout, ils veulent embaucher une équipe de jeunes, sans nous proposer les avantages d'un emploi jeune. L'idée nous a fait penser à un CPE mal rédigé, alors nous avons pris l'initiative de poser des conditions, afin de voir si le grand Renard était prêt à négocier. Visiblement, ces conditions ne font pas sourire Aveuh, qui n'a pas du penser à défendre ses conditions de travail lors de son arrivée ici.

"Sans aucun problème..." nous répond le grand marmiton, à notre plus grand étonnement. "Je n'en attendais pas moins d'une bande de votre qualité. Vous avez prouvé que vous méritez votre place parmi nous, je peux bien faire un effort..."

Atom s'écrie en brandissant le poing : "C'est la luuuteuuuuh fina..." et cesse immédiatement son chant de guerre. "Heu... Désolé, l'instinct..." bafouille-t-il, l'air gêné. Son passé de jeune idéaliste anarchiste rouge et noir le poursuivra décidément bien longtemps. Mais à ce moment précis, je réalise que quelque chose ne va pas. Aveuh avait repris une couleur normale, mais le voici revenu dans les tons beige et ocre. Le silence est tombé dans la pièce, à peine dérangé par une flatulence de Count. Aveuh se lève d'un bond et s'écrie :

"Tu as insulté le communisme !!"

Atom me regarde, interloqué, puis il se tourne vers Aveuh :

"J'ai quoi ?
- Tu n'as pas le droit de chanter ça ! C'est une insulte à la mémoire des grands noms de notre idéologie !"

Et il se jette sur Atom, les yeux pleins de haine. Notre ami s'écarte au dernier moment de la course du communiste fou, et tend légèrement le pied.

Scrounch. Le bruit du nez d'Aveuh sur le sol arrache un bruitage digne des plus grands concours de mangeurs de pancakes, et un gémissement de douleur aux filles. C'est d'ailleurs un concept que je ne comprends pas : avoir mal pour quelqu'un, ça me dépasse. Aveuh se relève, le visage ensanglanté, l'oeil hagard, et retourne s'asseoir, honteux. Il grommelle de vagues excuses, prétextant une impulsivité démoniaque au sujet de ses convictions, et se tait. Nous sommes quant à nous hilares, et lorsque le silence revient enfin, le grand mohican apparaît comme légèrement excédé par nos petits dérapages. Il reprend enfin la parole :

"Hrem... Comme je disais donc, je vous accorde tous vos souhaits, mais j'ai également une condition."

Nous n'avions pas pensé à ça. Cette annonce nous fait l'effet d'une douche froide, analogie poussée à son comble avec l'état du string de Samantha, humide lui aussi, mais qui a eu le temps de refroidir. Il continue (le grand concombre, pas le string) :

"Votre première mission est pour tout de suite..."

Cinq ou six portes s'ouvrent tout à coup, et une demi douzaine de soldats apparaissent, nous encerclant très rapidement. Le grand Renard de Feu et Aveuh nous regardent, amusés, et ce dernier nous lance :

"Voici le dernier test grandeur nature... Maintenant, débrouillez vous !"

Atom murmure doucement "Sale con..." et se jette sur un des soldats, gode en plastique rose à la main. C'est son dernier, il veut donc prendre le soin de l'utiliser jusqu'à la rupture. Après une demi seconde de flottement, nous nous jetons sur les autres soldats, et nous commençons à taper, lorsque...

"Des robots !"

Ankou s'est arrêtée et nous regarde, une poignée de fils dans la main. "Ce sont des robots" nous dit-elle, éberluée. Après une courte vérification, il s'avère que tous les machins qui sont sortis des portes cachées sont des robots, et de plus qu'il sont en fait inactifs. Je me tourne vers le grand chef :

"Encore un piège ?
- Hé oui... Il faut que vous reteniez quelque chose, vous tous. Nous vivons dans un monde où beaucoup de choses ne sont qu'illusion, où les apparences sont trop souvent trompeuses, et ce à n'importe quel barreau de l'échelle sociale. Vous aurez besoin de vous entraîner longuement avant de pouvoir discerner le vrai du faux. Un véritable mercenaire aurait immédiatement remarqué que ces hommes étaient des robots, pour une raison simple : la mécanique est apparente au niveau des mains et des pieds. Mais, emportés par votre exubérance, vous n'avez pas prêté attention à ce détail, pourtant très important. Je vous rassure tout de suite : votre formation vous permettra d'être plus efficaces dans un futur assez proche..."

Nous ne savons plus quoi répondre. Demon mâchonne un morceau de vérin, tandis que Samantha vérifie si les robots sont dotés d'un appareil génital. Aveuh lève solennellement la tête, et dit pompeusement :

"Votre avenir est tout tracé, désormais..."


***

"Les dix minutes sont écoulées !
- Bin oui, regardez, c'est fini !..."

Je ne comprendrai décidément jamais ces producteurs. Toujours à jouer la montre, sans regarder le film. Ankou demande timidement :

"Ca vous a plu ?
- J'avoue que c'est quelque chose de fascinant, sans être véritablement sensationnel c'est assez novateur. Votre production m'intéresse, je suis prêt à vous l'acheter, mais il faudra couper certaines scènes, ou alors interdire le film aux moins de 16 ans.
- Bah ça c'est pas un problème, y'a déjà trop de gosses sur c0wb0ys, alors si en plus ils viennent voir le film..."

Atom n'a pas eu besoin de trop se forcer pour jouer le rôle du type qui a toujours des répliques décalées : il est comme ça au naturel. Enfin, le plus important est que notre superbe film ait enfin trouvé preneur. Nous avons eu beaucoup de mal à jouer les scènes violentes, et nous avons malheureusement du utiliser des véritables hommes pour certains plans. Mais bon, nous ne sommes pas des monstres, pour les autres scènes de meutre, ce sont des corps récupérés à la morgue. Par contre, l'accident du poids lourd sur la nationale, nous ne l'avions pas vraiment prévu. Mais nous n'avons rien dit à personne, évidemment... Pas question de voir notre géniale production recalée à cause de malheureuses divergences d'opinion sur la restriction de circulation des poids lourds sur les grands axes.

Pour fêter l'annonce de la diffusion de notre film, nous avons décidé de faire une grande fête. Tous les acteurs y ont été conviés, et la liste est longue... Ankou, Atom, Demon, Count, Goldice, Bastnic, Margritis, Morgoth, Aveuh, Samantha, DarkmoOn, Toine, Lalie, Splatch, Balltongue, Nelizpuce, Granny, Maud, Bubus, Pure, LateLament, LeeLoo, Prock, Camille, Meteora, Lulu, Oz et Marquise sont de la partie, la bière coule à flots, et certains baisent à même le carrelage de chez Bastnic. Morgoth est parti à la chasse au troll dans le jardin et est revenu en sang, s'étant retrouvé coincé dans un acacia, pendant que Demon laboure sauvagement Samantha, assisté d'Ankou. Goldice et moi sommes dans une chambre, au calme, et nous profitons des plaisirs de la chair. Atom et Margritis alternent des périodes de calme et des périodes d'excitation extrême, durant lesquelles Atom comble sa douce avec son propre organe et le gode canard qui vibre qu'il a gardé en souvenir. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe d'autre, étant donné que je ne vois pas à travers les murs, mais il semble que d'autres aient trouvé leur bonheur, soit dans une bouteille, soit dans autre chose. Bastnic ne semble pas alarmé par l'apparence absolument apocalyptique que sa maison prend de plus en plus nettement, étant lui même apocalyptiquement noyé dans l'alcool.

En fait, ce film n'est pas si différent de ce que nous sommes dans la réalité... c0wvivor, chroniques d'une communauté... Cette communauté qui nous unit tous, et qui nous amène beaucoup de bonnes choses...


Tiens, j'ai envie d'une glace moi...


***

Et voilà, c0wvivor, c'est terminé... Mais maintenant, et après discussion avec certains des 8 personnages récurrents, j'ai quelque chose de mieux à vous proposer : et si la fiction rejoignait la réalité ? Et si cette fameuse excursion, qui nous a tous plongé dans ce complot dramatique, prenait forme ? Oh, pas forcément dans les Pyrénées, cela pourrait tout simplement être une rencontre privée "c0wvivor"... Mais je pense que c'est une idée à creuser.

Je vais très bientôt rendre disponible le texte dans son intégralité, sous la forme d'un fichier téléchargeable, de type PDF. Pour cette raison, je laisse jusqu'à vendredi à tous mes illustrateurs préférés pour me pondre des FanArts qui viendraient compléter les 5 derniers épisodes, franchement très peu (voire pas du tout) illustrés.


En espérant que cette saga vous ait plu, et vous ait tenu en haleine jusqu'au bout...

Mardi 6 juin 2006 à 12:12

"Qu'est ce que cette ordure vient foutre là ?"

Le ton de Margritis est sans équivoque : elle n'est pas satisfaite de la présence d'Aveuh. Count paraît nerveux lui aussi, tandis qu'Atom a la main serrée sur un gode particulièrement long, et de couleur bleue. Morgoth s'en fout, il est parti à la recherche de la langue de Samantha qui, visiblement, préfère comprendre ce que notre tortionnaire fait ici plutôt que de s'occuper de l'engin de son homme. Demon est devenu tout blanc, signe d'une rage peu commune, et Ankou présente les mêmes symptômes que ce dernier, avec toutefois une subtile pointe de féminité assez agréable. Goldice, quant à elle, ne semble pas trop savoir de quoi il retourne. Remarquez, Bastnic n'est pas non plus au courant de tout, mais cela n'a pas vraiment l'air de le déranger, puisqu'il se concentre actuellement sur les seins de sa voisine de gauche, à savoir cette même Goldice. Notre renard de feu reprend la parole :

"Vous le connaissez, et vous avez appris à le craindre...
- (murmure) mon cul oui...
- (murmure) ferme-là !
- ...mais je peux maintenant vous assurez que vous n'aviez absolument aucune raison d'être inquiets. En effet, Aveuh est mon plus fidèle lieutenant, et il n'avait d'autre objectif que de vous protéger. Le problème est que vous avez parfois été attaqué par des hommes du grand maître des Pierres du Ciel, Bylgosk lui même ; par conséquent je comprends parfaitement votre confusion : comment distinguer un ennemi d'un ami déguisé ?"

Atom n'a pas vraiment l'air de craindre Aveuh, mais Margritis le rappelle à l'ordre. Quoi qu'il en soit, la rage est vite retombée, remplacée par une nuée d'interrogations. Des amis ? Des ennemis ? Tous les hommes, qu'ils soient soldats ou non, qui nous ont attaqués semblaient animés d'intention meutrières, sans distinction. L'homme poursuit :

"Ceux qui vous ont attaqué par deux fois dans la forêt étaient des hommes de Bylgosk, ainsi que les hommes de l'hôpital. Cependant, les agressions dans la première base, sous le Mémorial de Caen, étaient truquées. Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi trois hommes surentraînés n'étaient pas venus vous déloger de derrière l'armoire électrique ? Et pourquoi ils n'avaient pas tiré sur votre camarade, sortie nue de votre cachette ? Bon, j'admets qu'il y a eu quelques dérapages, notamment le viol de la camarade susnommée, mais cela nous n'avons pas pu l'empêcher, les hommes étant dirigés par leurs pulsions masculines..."

Maintenant qu'il le dit, tout me paraît beaucoup plus logique. Effectivement, nous ne nous étions pas posé ce genre de questions, et je me demande bien ce qui pouvait nous passer par la tête pour que nous ne trouvions pas bizarre le fait que Lalie soit restée en vie malgré qu'elle ait sauté dans le champ de tir.

"La deuxième fois qu'Aveuh vous a tiré d'affaire, c'est lors de l'épisode de la Volière. Il a truqué les armes des soldats envoyés pour vous éliminer, et a également truqué l'horloge. Encore une fois, vous n'avez pas réagi au fait que vous soyez entrés dans le bâtiment dans la soirée, et que vous en soyez ressortis aux alentours de midi..."

Midi ! Je me rends compte que je m'étais effectivement fait la réflexion. Quant aux fusils truqués, ceci explique cela : les balles à blanc prennent désormais tout leur sens. Les pièces commencent à se mettre en place, mais il reste tout de même des zones d'ombre. L'homme, encore et toujours, me répond alors que je viens à peine de me faire intérieurement cette remarque :

"Cela n'explique pas tout, et je vais donc préciser quelques détails. Les hommes qui sont morts dans la salle des tortures étaient réellement les quatre assassins envoyés pour vous éliminer, à l'hôpital. Nous les avons éliminés de cette façon, mais nous les aurions de toute façon tués. Ah, j'oubliais une chose : Morgoth et Margritis, qui furent enlevés juste avant de sortir des souterrains du Mémorial, l'ont été par les hommes de Bylgosk, ce qui explique le fait que la puce qui leur avait été implantée devait vous trahir. Ils ont réussi à déjouer ce plan, mais finalement cela n'a rien changé, excepté le fait que vous ayez failli tuer Aveuh en lui tirant dessus...
- (murmure) heureusement qu'il est aussi mauvais tireur qu'il ne l'est au pieu...
- (murmure) toi j'vais t'éclater la tête !
- (murmure) comment tu sais ça ?
- ...et que vous ayez tué un de nos soldats, dans le couloir juste avant la sortie du bâtiment. Malgré cela, notre plan a marché à merveille, et vous voici ici, devans nous. Vous avez des questions ?"

La remarque d'Atom sur la qualité des pénétrations de Morgoth a apparemment énervé ce dernier, et a surpris Samantha quant à sa pertinence. Demon ne relève pas ce fait sexuel, et se lève pour prendre la parole :

"Oui, j'ai une question... Qui est vraiment Aveuh ?
- Je vous l'ai dit, c'est mon lieutenant.
- Mais que faisait-il avec eux ?
- Il était infiltré, depuis des années... Au départ, cela n'était pas en vue de vous sauver, étant donné que nous n'étions pas au courant des intentions des Pierres du Ciel, mais finalement cela s'est avéré providentiel, et c'est tant mieux pour vous..."

Infiltré... Aveuh était un traître, mais un bon traître, de ceux que l'ont préfère avoir de notre côté. Je me lève à mon tour :

"J'aimerai tout de même comprendre une chose... Pourquoi tout cela ?
- Tout cela quoi ?
- Pourquoi nous avoir fait subir toutes ces horreurs, nous avoir mis dans ces situations, nous avoir fait contempler la mort de quatre hommes ? Pourquoi ne pas avoir sauvé ceux qui sont réellement morts ? Pourquoi cette psychologie de la peur, cette prise de risque quant à notre condition physique et mentale ? Dans quel but, toute cette manipulation ?..."

J'ai tout lâché d'un seul trait, pendant que Count lâchait une caisse. Je reprends mon souffle, et soutiens le regard du Renard de Feu. Il ouvre la bouche, et s'exclame :

"Enfin ! Je me demandais combien de temps cela prendrait-il pour que quelqu'un me pose ces questions... La réponse est finalement simple, et je dois vous avouer avant toute chose qu'elle ne va pas forcément vous plaire. Tout ceci était un grand test, un ersatz d'entraînement, destiné à vous évaluer, à entrevoir vos limites. Car le grand secret qui se cache derrière tout cela est au delà d'un simple règlement de comptes envers une plate forme de blogs..."

Un simple règlement de comptes ?? Nous avons tout de même perdu des amis dans cette histoire, tu parles d'un simple règlement de comptes... C'est alors qu'Aveuh, jusque là muet, prend la parole :

"Vous avez été choisis par les Renards de Feu dans un seul but : fonder une équipe de défense de nos intérêts et de nos valeurs... Je suis moi même un simple humain, même si je suis communiste, et je suis l'un des premiers à avoir été choisi, tout comme vous. Ensemble, et avec l'aide de c0wb0ys, nous formeront une grande équipe, destinée à protéger les Renards de Feu, mais également à détruire, ou tout du moins affaiblir, les Pierres du Ciel. Les suppôts de Bylgosk sont malheureusement beaucoup plus nombreux que nous, et que vous même, mais nous avons un avantage de taille : un cerveau."

Tout est enfin clair. Margritis se lève à son tour et dit :

"Si j'ai bien compris, et pour résumer, les Pierres du Ciel et les Renards de Feu se sont intéressés à nous au même moment, ce qui a déclenché tout cet imbroglio meurtrier ?
- Pas exactement, reprend Aveuh, les Renards de Feu comptaient déjà sur vous avant d'apprendre que Bylgosk avait mis votre tête à prix. Cela n'a fait qu'accélérer les choses. Mais sur le principe, tu n'as pas tort : vous avez été pris entre deux feux, et ce bien malgré vous...
- Et si nous refusons de vous aider ?..."

La remarque de Margritis jette un grand froid dans la salle. Visiblement, certains d'entre nous ne comptent pas refuser. Le supérieur d'Aveuh reprend :

"Vous pouvez refuser... Mais vous y perdrez. Je vais vous laisser 24h pour y réfléchir, et nous nous reverrons demain à minuit afin de mettre les choses au clair. Rendez vous donc demain au pied de la colonne. Soyez sûrs de votre décision..."

***

La nuit a été très courte, nous l'avons passée à débattre sur ce que nous allions faire. Samantha dit ne pas vraiment faire confiance à des bestioles qui bouffent des rats, et bien que Goldice lui fasse gentiment remarquer que les renards ne mangent pas que des rats, et que ces renards là ne doivent d'ailleurs pas du tout manger de rats, elle reste sceptique quant à la confiance que l'on peut leur accorder. Morgoth, lui, est enchanté par l'idée, au même titre que Demon, Count, Atom et moi même. Margritis est mitigée, Goldice n'a pas d'idée, Ankou s'en fout royalement, et Bastnic est à fond dans le projet.

La journée a également été longue, cela peut notamment se mesurer à la quantité de cartons vides de pizzas entassés sur la table. Atom et Margritis ont rattrapé le temps anal qu'ils ont perdu, et Morgoth a entrepris de démontrer à Samantha qu'il était une bête de sexe, bien qu'il me semble qu'elle ne soit pas encore tout à fait convaincue. Bastnic n'a pas arrêté de loucher sur le décolleté de Goldice, et elle ne s'est rendu compte de rien, je ne comprends pas comment elle fait, tout le monde l'a remarqué. La seule fois où il n'a rien pu voir a été lorsque Goldice et moi étions occupé à explorer le lit de Bastnic, mais ceci est une autre histoire. Enfin, l'heure tourne et nous ne savons toujours pas ce que nous allons répondre au Renard de Feu...

***

"Il reste combien de temps là ?
- Dix minutes..."



Cet épisode était volontairement assez court, car le prochain sera le dernier...

Dimanche 4 juin 2006 à 16:54

"Vous avez réussi à fuir votre destin. Vous vous êtes échappés de la Volière, et ce avec brio. Il est temps maintenant de vous révéler la véritable nature de tout ce qui vous entoure depuis quelques semaines. Veuillez vous rendre au pied de la colonne de la place de la Victoire, demain à 23h. Vous pourrez ainsi comprendre..."



Les quelques bordelais que nous sommes chez Bastnic savent parfaitement ce qu'est la fameuse colonne. Toute la ville s'est toujours demandée ce qu'elle pouvait bien venir faire là, dépareillant avec tout ce qui l'entoure, notamment la "porte" gallo-romaine. Le rendez-vous nous paraissait bien tardif, mais après tout peu importe...

Aujourd'hui, jour J, tous les invités surprises sont repartis, et nous ne sommes plus que 10. Atom, Morgoth, Demon, Count, Bastnic et moi pour les mecs, Margritis, Samantha, Goldice et Ankou pour les filles. Bastnic a décidé de se joindre à notre commando, s'est équipé en conséquence, et est prêt à éclater tout ce qui bouge. Atom a écumé tous les sex-shops de Bordeaux afin de trouver de nouveaux godes, car sa réserve est pratiquement épuisée.

"Tu comprends, me dit-il, je pouvais pas partir sans avoir quelques souvenirs... J'ai trouvé un magnifique vibro en forme de canard, idéal pour traverser un crâne moyen..."

Sa conception de l'utilisation de ces objets me laisse décidément perplexe. Enfin, peu importe, l'essentiel est que l'on puisse compter sur lui et ses godes. Nous sommes donc 10 à partir pour le centre de la cité girondine, et à 22h55 nous sommes au pied de la colonne, prêts à tout. Rien ne nous paraît anormal, bien au contraire. Je trouve cependant qu'il n'y a pas foule, alors que cette place est d'habitude excessivement vivante. Entendez par vivante "parcourue par un tas de types bourrés". Morgoth a à peine entrepris de déshabiller Samantha pour, dit-il, une "sodomie du soir pour reposer les mâchoires" que je me rends compte qu'il n'y a en fait personne, absolument personne autour de nous. La place est déserte, ce qui n'a plus du arriver depuis l'apparition sur Terre de la canette de bière. Ce n'est plus étonnant, c'est inquiétant. A ce moment là, Goldice s'exclame "Il est 23h !" et nous nous arrêtons tous de parler, comme si le temps s'était arrêté à cette heure précise. Nous attendons quelque chose, nous ne savons pas ce qui va se passer. Tout à coup, une partie de la colonne s'ouvre, et un escalier apparaît.

"Non mais attend, c'est pas possible, on peut pas monter là dedans ça fait même pas la largeur d'un corps humain ! C'est quoi le délire là ?"

La remarque de Demon est parfaitement fondée ; en effet, la colonne ne doit pas faire plus de 50 cm de large à son sommet, et le fait même qu'il y ait un escalier à l'intérieur va au delà de tout bon sens commun. Ankou ne semble pas s'étonner de ce prodige, et s'engage dans l'escalier. "C'est immense à l'intérieur !!" nous crie-t-elle depuis la colonne. Je décide de laisser de côté toute considération physique normale, et j'entre à mon tour dans l'édifice, suivit de tous les autres. A peine Goldice a-t-elle franchi elle aussi le pas que la colonne se referme.

Nous ne pouvons plus que monter.

Après cinq minutes de marches, tout le monde commence un peu à traîner du pied.

"C'est vachement haut le truc !"
"Je comprends pas comment c'est possible..."
"Y'en a encore beaucoup ?"
"Ils auraient pu installer un ascenseur..."

Atom n'a pas tort : si des hommes sont capables de loger un gigantesque escalier dans une colonne, qui de l'intérieur ressemble plus à une immense tour, ils devraient être capable d'ajouter un ascenseur. Et sur ces mots, nous arrivons tout à coup au sommet de l'escalier : une petite porte nous fait face. Sur cette porte, une soucoupe volante, décorée sur le dessus avec un texte qui nous est désormais familier : "c0wb0ys c'est de la merde". "On touche au but..." murmure Ankou, qui fut la première à nous répéter cette phrase, en sortant du bar, à Toulouse. Elle pousse la porte, et une fois de plus, nous précède tous vers l'inconnu.

La salle est immense, et cette fois-ci nous sommes dans un décor digne des plus grands films de science-fiction. Des loupiotes rouges clignotent un peu partout, ce qui semble être un cockpit de vaisseau trône sur un socle doré, et des machines absolument surprenantes emplissent un coin de la pièce. Count s'exclame : "On est dans Star Wars, c'est pas possible !", et à ce moment là une forme humaine s'avance vers nous, depuis le fond de la salle. Je m'attends presque à voir apparaître C3PO lorsque je me rends compte que c'est un homme parfaitement normal qui s'approche. Il s'arrête à quelques mètres de nous, claque des doigts, fait apparaître un gros fauteil en cuir noir, et s'installe dedans. Un autre claquement de doigts, et un verre se matérialise dans sa main.

"Wouah, c'est ça qu'il faudrait que tu fasses, chérie ! T'as vu, il claque des doigts et il a ce qu'il veut !" dit Atom à Margritis, impressionné. Elle lui renvoie une bonne prune dans le nez, et il se tait immédiatement. L'homme ne semble pas impressionné par notre accoutrement, ni par notre attirail. Demon lève son flingue, le pointe vers le personnage, et dit calmement :

"Au moindre geste suspect, je te descend."

L'homme ne bouge toujours pas, visiblement très peu inquiété par Demon. Samantha murmure "Ne le tue pas, c'est comme la dernière fois, attends d'abord qu'il nous ait expliqué deux trois détails sur ce qu'on fout là !" et Demon baisse son arme à contrecoeur. C'est le moment que choisi le mystérieux personnage pour prendre la parole :

"Bienvenue. Vous êtes dans le complexe Epsilon, une structure que nous avons développée il y a quelques années. Je n'ai que très peu de temps pour vous expliquer ce qui vous arrive, alors écoutez moi bien, et ne m'interrompez pas."

Sa voix est grave, chaude. Elle inspire confiance. Tout le monde se détend, et au même moment 10 fauteuils apparaissent, et nous nous asseyons pour écouter l'inconnu.

"Tel que vous me voyez, je n'ai pas toujours été ainsi. Tout d'abord, je vais vous demander d'oublier tout ce que vous pensez savoir sur ce qui est rationnel, et sur ce qui ne l'est pas, bien que je pense que vous y soyez disposés, puisque vous avez vu l'escalier de la colonne. Je fais partie d'un peuple qui a existé bien avant l'humanité : les Renards de Feu. Bien entendu, vous ne savez pas qui nous sommes, car l'homme n'a jamais pu entendre parler de nous. Nous ne nous sommes jamais dévoilés à la face du monde, et nous ne le ferons jamais. Vous pouvez donc considérer que vous êtes des privilégiés, et que vous êtes probablement à l'heure actuelle les 10 seules personnes sur la planète à connaître notre existence."

Les Renards de Feu... Je me demande à quoi peut bien ressembler la bestiole, quand un logo que je connais bien m'apparaît, tel un flash. L'homme semble lire dans mes pensées, et reprend :

"Nous avons toutefois lancé des opérations visant à contrôler votre espèce, et la plus connue de votre génération a un nom de code maintenant célèbre sur toute la surface du globe : Internet. Nous avons infiltré les groupes scientifiques qui travaillaient sur les projets connexes à cet univers virtuel, et nous leur avons permis de développer quelque chose que vous connaissez tous. Cependant, il y a quelques années, au vu de certains dérapages, nous avons une fois de plus transmis, sans que personne ne se rende compte de notre existence, des connaissances qui ont amené des hommes à créer un logiciel que vous connaissez certainement : Firefox."

Firefox... Le Renard de Feu... Voilà donc l'explication du nom et du logo de ce logiciel... L'histoire se construit, les éléments se mettent en place, je vois désormais beaucoup mieux le lien entre ces gens et c0wb0ys : Internet.

"En effet, parmi tout ce que nous avons amené sur Terre afin de superviser le déroulement de votre développement, Internet est un outil essentiel pour nous. Par conséquent, inventer un navigateur qui nous permettrait de vous contrôler devient quelque chose de logique. Sous des avantages inhérents à notre savoir et nos connaissances, nous avons caché des mouchards dans ce navigateur Web, et ainsi nous pouvons connaître une bonne partie des habitants de cette planète."

Je suis soufflé... Cette histoire dépasse l'entendement, et de loin. Mais, bien que l'on se rapproche du milieu des blogs, j'ai toujours du mal à comprendre ce que nous faisons ici, et surtout pourquoi tous ces massacres, tout ce que nous avons vécu. Encore une fois, l'homme paraît comprendre ce à quoi je pense, et poursuit :

"Vous vous demandez certainement ce que vous venez faire là. Voici donc la partie de l'histoire qui vous concerne : il y a maintenant quelques décennies, une autre espèce bien antérieure à la vôtre a refait surface. Nous la croyions endormie et inapte à agir sur votre croissance, mais en fait elle s'était développée, et armée de mauvaises intentions. Cette race, c'est celle des Pierres du Ciel. Au contraire de nous, ils ne sont pas originaires de cette galaxie, mais d'une nébuleuse très éloignée de la nôtre. Très récemment, ils ont entrepris de détruire une partie de ce qui nous servait pour mieux vous connaître, à savoir les systèmes de blogs. En effet, rien de mieux qu'un blog pour appréhender la nature d'un individu, et ces journaux du web nous permettaient de recueillir un nombre incroyable d'informations. Votre propre plate-forme, c0wb0ys, nous intéressait au plus haut point, par la diversité, la qualité et le bon esprit de vos membres. Je sais d'ailleurs qu'il y a parmi vous une personne des plus haut placées dans ce sytème..."

Je baisse nerveusement la tête. Etait-il obligé de dire ça ?

"...et que vous êtes tous des membres exceptionnels de cette communauté. C'est pourquoi les Pierres du Ciel vous ont tendu un piège, en vous amenant à partir en excursion dans les Pyrénées. Votre premier voyage... Par la suite, vous avez été pourchassés par les lieutenants du grand maître, et notamment par un groupe armé sous la direction d'un certain Aveuh..."

Sur ces mots, un sas s'ouvre à notre droite, et une ombre se profile dans la pièce. Un homme apparaît. Aveuh... C'est lui, nous le reconnaissons tous. Mais cette fois-ci, un sourire traverse son visage de part en part, et il nous salue en s'inclinant profondément, puis s'asseoit à côté de notre interlocuteur.

Un long frisson glacé me parcourt de haut en bas. Je jette un coup d'oeil aux autres, et mis à part Demon qui a visiblement une envie claire - défoncer le personnage en lui faisant avaler ses dents, tous sont comme moi, pétrifiés. Je ne comprends plus... Que fait-il ici ?...

Jeudi 1er juin 2006 à 17:17

Je ne sais pas combien de temps nous avons passé adossés à ce mur glacé. Je sais seulement qu'un deuxième prisonnier a été exécuté : ils l'ont fait brûler. Devant les deux autres. L'horreur nous plonge dans une torpeur moite, et plus rien ne semble pouvoir être pire que notre situation. Tout à coup, Ankou se lève d'un bond et nous secoue un par un. Elle parvient à nous aider à nous relever, et après quelques secondes d'hésitations, nous repartons, sachant très bien que nous n'avons plus que ça à faire. Même Demon semble avoir perdu toute motivation : le mercenaire qu'il égorge avec le canon de son fusil ne l'intéresse pas, et à peine l'a-t-il achevé qu'il le laisse tomber lourdement sur le sol et nous rejoint. C'est alors que je remarque une porte un peu plus loin, la première depuis le début de notre séjour dans la Volière. Une lueur d'espoir traverse mon esprit, je me précipite vers l'ébauche de notre salut en criant "Une porte !!!", l'ouvre, et... constate qu'elle donne sur une toute petite pièce, vide, et complètement noire. Je m'apprête à la refermer, déçu, quand une voix se fait entendre...

"Ne ferme pas la porte !"

La voix est féminine, et provient de l'intérieur de la pièce. Une demoiselle émerge de l'obscurité, et je constate avec stupeur que c'est Goldice...

"Toi !! Mais qu'est ce que tu fais ici ?
- Je... J'ai voulu vous suivre...
- Depuis quand es-tu enfermée ?
- Je sais pas... Quelques heures, tout au plus...
- Tu te sens bien ?
- Oui... Mais je crois qu'ils m'ont violée..."

L'état de sa jupe laisse présager qu'elle ne se trompe pas. Les autres nous rejoignent en courant, eux aussi stupéfaits de constater que Goldice avait eu la même réaction que Ankou : nous quitter pour mieux revenir. Sauf que cette fois, la situation est beaucoup plus difficile... Samantha sort de son mutisme et déclare :

"On ne doit pas être loin de la sortie...
- Pourquoi ?
- Si ils l'ont placée là, ils savaient que nous allions passer devant... C'est peut être un signe de la bonne direction..."

La réflexion de Samantha nous redonne du coeur à l'ouvrage, et nous nous élançons tout droit, vers l'esquisse de notre libération. Au passage, nous assistons à l'exécution du troisième prisonnier, décapité d'un coup de hache. Il nous reste dix minutes pour sortir...

Encore une fois, j'ai peur que nous ne tournions en rond. Le décor me semble familier, et même si les pièges se raréfient, j'ai l'impression que nous sommes déjà passés par là. La terreur nous reprend à la gorge, et Count semble à la limite de la folie. Quelques secondes plus tard, il bascule d'ailleurs complètement : il s'arrête tout d'un coup, met la main dans sa poche et en ressort le boîtier que nous a donné Aveuh.

"Nous n'en sortiront pas... Il vaut mieux mourir ici..."

Personne n'a le temps de faire un seul mouvement qu'il a déjà appuyé sur le bouton. Nous nous protégeons tous le visage insctinctivement, mais rien ne vient...

"Un leurre... C'était encore un leurre, marmonne Demon
- Non !! Regardez... C'était bien plus qu'un leurre, c'était un piège !" répond Atom, les yeux rivés sur l'écran qui nous fait face. Nous constatons avec horreur que malgré le fait qu'il nous reste quelques minutes pour sortir, une charge a explosé juste en dessous du quatrième innocent.

"Je l'ai tué..." murmure Count, effondré. Il sombre dans un désespoir infini, et s'écroule sur le sol. Au même moment, Samantha nous désigne, silencieuse, une autre porte quelques mètres plus loin. Peut être est-ce notre délivrance... Demon relève Count brusquement, et le traîne avec nous jusqu'à l'ouverture. Goldice pose doucement la main sur la poignée, paralysée. Le silence nous fige, nous avons peur d'être une nouvelle fois déçus. Goldice pousse la porte, et nous constatons avec stupeur que nous sommes de retour dans la salle de départ. Une boucle... C'était une boucle. Voilà pourquoi j'avais l'impression que nous tournions en rond, nous avons fait un parcours bien précis. Nous nous avançons prudemment dans la pièce, et au moment où Ankou referme la porte, nous entendons les diffuseurs de gaz lancer leur air mortel dans la Volière. Nous avons échappé de peu à la mort...

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Machinalement, je jette un coup d'oeil vers la chambre des prisonniers, et je constate soudainement qu'ils sont toujours là, vivants, attachés à leurs poteaux. Atom craque :

"Bordel mais c'est pas possible, combien de temps il va jouer avec nos nerfs ce con ??"

Un truquage vidéo... C'était évident, ils avaient truqué les images. Pourtant, elles paraissaient si réelles... Au même moment, Aveuh apparaît au dessus de nous, sur une sorte de balcon intérieur. Il nous regarde, mi-amusé, mi-surpris, et s'exclame :

"Bien !! Vous avez réussi à sortir de la Volière, et je vois que vous avez trouvé votre amie... Vous pouvez voir que nos otages sont toujours là, mais vous vous demandez certainement comment c'est possible. C'est tout simple : nous avions préparé des images et nous les avons diffusées sur les écrans... Ne croyez jamais tout ce qui ressemble de près ou de loin à une télévision, la réalité est trop souvent toute autre... Cependant, nous avons réellement exécuté quatre hommes, afin de rendre la bande plus réaliste. Je vous rassure, ces hommes étaient des soldats sous mes ordres, et ils avaient failli à leur mission. Vous les connaissez : ce sont ceux qui étaient venus vous éliminer, à l'hôpital..."

Samantha n'en croit pas un mot :

"Mais pourtant, nous les avons tués !!
- Non, vous pensiez les avoir tués. Ils étaient équipés d'une carapace très épaisse, et vos lames n'auraient jamais pu les traverser. Par contre, l'un d'entre eux a vraiment été émasculé par un de vous, et ceci je ne pouvais pas le prévoir..."

Atom ricane doucement. "Je lui ai bien arraché les couilles à ce pourri, ça fait plaisir...". Aveuh reprend :

"Cependant, j'ai le regret de vous annoncer que vous avez dépassé le temps imparti pour sauver les prisonniers. Par conséquent, vous allez pouvoir admirer leur mort en direct, et vous les verrez vous regarder, et mourir... Leurs âmes et leurs yeux vous hanteront jusqu'à la fin de votre vie... Mourir, faire mourir ou tuer... Aujourd'hui, vous les avez tués."

"Non !!" s'écrie Count, mais tout à coup la pièce dans laquelle ils sont enfermés commence à se remplir d'un liquide incolore, qui semble ronger tout ce qu'il touche. "De l'acide..." murmure Ankou, calée sur la question. La méthode d'Aveuh, la peur par le doute, la terreur par la culpabilité, est démoniaque... L'acide emplit lentement la pièce, et nous voyons nettement les quatre pauvres hommes se tordre de douleur, et fondre lentement.

Et cette fois-ci, nous les entendons.

***

Un coup sec retentit au fond de la pièce. Deux personnes jaillissent, et tandis que l'une d'entre elles vide son chargeur dans la direction d'Aveuh, l'autre enlève sa cagoule et se tourne vers nous.

"Vite, il faut sortir d'ici ! Tout le bâtiment est piégé !"

Je n'en reviens pas. C'est Margritis... Et si nous doutions encore de l'identité du deuxième mystérieux vengeur masqué, un grand "Troooooooll !!" retentit au moment où le flingue émet un "Clic clic" caractéristique du chargeur vide. Aveuh s'est échappé, Morgoth l'a raté.

Les retrouvailles sont mémorables. Atom et Samantha sautent respectivement sur Margritis et Morgoth, et les deux couples entreprennent de faire sauvagement l'amour à même le sol. Goldice me jette un regard entendu, et nous nous éclipsons vers un coin sombre de la pièce, où nous entamons une belle partie de rentre dedans, sans un mot, mais avec ferveur...

***

"Tout le monde est prêt ?"

Margritis vérifie l'état des troupes. Morgoth, Atom et moi avons un léger problème de braguette, vite corrigé. Count a retrouvé le sourire, Demon a retrouvé ses flingues, et Ankou lorgne discrètement sur les seins de Samantha. Cette dernière semble épuisée par le traitement infligé par son homme, et Goldice se remet doucement de ses émotions. Nous prenons tous la direction de la sortie, que nous connaissons bien pour la simple et bonne raison que nous sommes entrés par là. D'ailleurs, sortir de l'immeuble s'avère extrêmement aisé : à part un pauvre soldat qui avait réchappé au massacre, rien ne nous a ralenti. Du coup, Demon a déversé toute sa rage et tout son stress sur le malheureux, ce qui lui a valu un surnom affectif assez évocateur : Andros, pour sa propension à transformer le crâne de ses ennemis en compote.

Il fait beau, le soleil est haut, il doit être midi. Nous avons donc passé la nuit entière dans ce bâtiment, cotoyant l'horreur comme jamais. Des hommes sont morts, et je sais que nous nous souviendrons toute notre vie de cette aventure éprouvante. Le sentiment de culpabilité ne nous quittera jamais, bien que nous sachions, au fond de nous même, que nous n'étions pas en mesure d'arrêter quoi que ce soit. Nos pick-ups n'ont pas bougé, nous reprenons la route en direction de notre QG : la maison de Bastnic. Il nous accueille avec un large sourire, heureux de voir que nous sommes tous revenus vivants. La première chose qu'il m'annonce est qu'il a trouvé une fonction géniale sur son MacBook : la simulation de sabre laser. Je le laisse à ses geekeries, et je file à la douche, afin de laver une partie de cette peur qui coule à jamais dans mon sang. A peine suis-je sorti que je suis imité par tous les autres : une bonne douche va nous remettre les idées en place. Après cette étape indispensable, nous nous retrouvons tous autour d'une table afin de faire le point sur notre situation, et surtout de faire le point sur notre appétit. Ce dernier point est d'ailleurs vite expédié, et se transforme en orgie de pâtes, seule nourriture comestible restant dans les placards de Bastnic. Par chance, il dispose également d'une large quantité de packs de bière, et c'est une Kro à la main que nous entamons notre débat sur ce qui vient de nous arriver. Comme maintenant depuis le début de l'aventure, c'est Margritis qui prend la parole :

"Bon... Nous sommes sortis, nous sommes vivants, tout va bien. Maintenant, je crois qu'il est temps de vous expliquer ce qui nous est arrivé, à Morgoth et moi..."

Nous avions tous oublié cet épisode. Demon se lève d'un bond, flanque un grand coup de poing à Morgoth, et se rassied puis déclare, sereinement :

"Je te devais bien ça. J'espère juste que tes mâchoires sont aussi solides que mes chaussures...
- Mpf mfffmculéééé mpff !"

La réponse de Morgoth est très claire : il apparaît que la coque en métal n'est pas une option disponible sur la mâchoire de l'être humain. Après ce petit intermède divertissant, Margritis reprend :

"Oui, donc... Je disais : nous vous devons une explication. Juste avant que nous partions pour Bordeaux, Morgoth m'a emmené dans une chambre, chez DarkmoOn, et m'a... Enfin bref. Juste après, il m'a montré quelque chose d'étrange sur son corps : une curieuse tache noire était apparue au creux de son cou. Après vérification, il s'est avéré que j'avais la même. Après examen plus poussé, il s'est avéré que c'était une sorte de puce électronique implantée sous la peau. Nous avons utilisé un coupe-ongles pour déloger l'intrus, puis nous avons longuement débattu sur l'utilité de ce mouchard. A ce moment précis, Morgoth a serré la puce entre ses doigts, et elle s'est transformée en clé USB haute capacité, prodige qui nous a fortement étonnés. Nous avons fini par comprendre, après examen sur le PC de DarkmoOn, que cette puce était censée nous contrôler, et nous amener à vous trahir. Alors nous avons joué le jeu, et nous avons trahi nos ravisseurs à notre tour. Eux qui jouaient avec les illusions, nous les avons trompés..."

Je suis sidéré. Le coup de génie de Morgoth et Margritis nous avait non seulement sauvé la vie, mais était de plus un superbe pied de nez à la stratégie de nos ravisseurs, basée sur la tromperie. Atom, lui, semble avoir retenu l'attitude sexuelle de Morgoth envers Margritis, et lui décroche l'autre mâchoire. Mais ces petits accrochages sont vite oubliés, et lorsque Morgoth s'aperçoit que même avec une mâchoire en miettes, il peut boire, il se met à attaquer un pack de bière à lui tout seul. Quant à moi, je suis tout de même assez embêté par cette histoire de clé USB. En effet, c'est tout sauf rationnel. Tout à coup, je me souviens de la soucoupe volante. Des évènements irréels, un objet volant non identifié... Deux maigres indices, mais deux indices tout de même. J'ai pourtant passé l'âge de croire aux extraterrestres, mais après tout ce que nous avons vécu, je suis prêt à tout.

***

Bubus, Pure, LateLament, Prock, LeeLoo, Camille, Lulu, Meteora, Oz et Marquise nous ont rejoint. La fête chez Bastnic s'éternise, et nous sommes portés en triomphe, ce qui a plutôt l'air de gêner Samantha, peu habituée à ce genre d'extravagances. La maison de Bastnic a désormais deux fonctions : c'est un lieu de boisson et de débauche sexuelle. Certains couples se font et se défont le temps d'un coït, LateLament fait la cour à tous les mecs et n'a trouvé que Oz pour lui répondre à moitié favorablement (je soupçonne d'ailleurs la bière d'y être pour quelque chose)... Bastnic discute avec LeeLoo, Camille boit avec Lulu et Meteora, tandis que Bubus, Pure et Prock ont eux aussi entamé un concours : boire le plus de bières possible en trois minutes. Trois personnes se sont éclipsées discrètement, en pensant que je n'allais pas les voir. Il s'agit de Demon, Ankou et Samantha... Je les suis silencieusement, et j'entre brusquement dans la chambre où ils se sont enfermés : Ankou est allongée sur Samantha, pendant que Demon profite de la vue. En effet, ils sont tous trois nus, l'état de Demon prouvant également que les hormones produisent pas mal de testostérone dans des conditions difficiles. Ils ne m'ont pas remarqué : je m'éloigne, ferme la porte et rejoins Bastnic et LeeLoo. Samantha aura d'ailleurs du mal à se déplacer durant les trois jours suivants, mais peu importe, l'important d'après elle étant que Morgoth ne se soit aperçu de rien.

***

Tout allait bien jusqu'à ce que Goldice ait envie d'une glace. Le congélateur... Le déclencheur du massacre bordelais... Et, comme dans un mauvais film, ce qui devait arriver arriva : elle tomba sur une enveloppe.

Nous ne sommes pas tirés d'affaire...

Jeudi 1er juin 2006 à 15:42

Nous sommes au beau milieu de la pièce, face à notre ennemi déclaré. Un semblant de champ de force nous empêche de bouger, nous ne pouvons qu'écouter ce qu'il a à nous dire...

Aveuh prend la parole en se tournant vers nous :

"Vous pensiez être plus forts, plus organisés, plus résistants que nous ? Le contraire vient de vous être prouvé... Au sein même de votre groupe, deux personnes vous ont déjà abandonné, qui sait si la discorde ne grondera pas une nouvelle fois... Quant à moi, je vous ai préparé quelques petites épreuves. Il n'est maintenant plus temps de s'amuser, l'heure est venue pour vous de souffrir, et je vous garantis que ce ne sera pas de tout repos..."

Il fait une courte pause, nous observe puis reprend :

"Vous allez être lâchés dans une partie du bâtiment spécialement aménagée pour vous, et nous l'avons appelé la Volière.. Vous êtes six, vous aurez trente minutes pour tous sortir vivants de la Volière. Les règles du jeu sont simples : dès que vous aurez dépassé la demi heure que je vous offre, le temps prendra une toute autre valeur..."

Il se retourne, appuie sur le petit bouton d'un boîtier qu'il tient dans la main, et un rideau opaque se lève, pour laisser apparaître... quatre personnes, enfermées dans une petite pièce aux murs transparents. J'observe les quatre prisonniers de plus près, et je m'aperçois qu'ils sont tous attachés à un poteau fixé dans le sol, et qu'ils ont l'air assez mal en point... Aveuh reprend :

"Voici quatre innocents, que vous ne connaissez pas. D'ailleurs, peu importe que vous les connaissiez ou non, car si comme je le pense vous ne remplissez pas le contrat que je vous impose, ils mourront. En effet, dès que les trente minutes que je vous ai offert seront écoulées, l'un d'entre eux mourra. Puis, dix minutes plus tard, un deuxième, et ainsi de suite toutes les dix minutes... Au bout d'une heure, si vous n'êtes toujours pas sortis, et si vous avez fait le bon calcul, le dernier innoncent mourra également, et il sera alors temps pour vous de faire de même. La Volière est équipée de diffuseurs de gaz paralysant, qui vous tueront en quelques minutes..."

Cette dernière révélation fait l'effet d'une bombe dans notre groupe. Je vois Samantha qui pâlit, Atom qui serre les dents, Demon et Count qui semblent totalement perdus, et Ankou qui baisse la tête, sans rien révéler de ce qu'elle pense.

"Inutile de dire que je réquisitionne vos armes. Vous avez donc trente minutes pour sortir et sauver des innocents, ou encore une heure pour sortir en tuant quatre innocents..."

Je sais bien à quoi il joue. Le fait de nous affirmer que ce sera notre faute si les prisonniers meurent est un coup psychologique, faire culpabiliser pour faire peur. Cruellement efficace... Il se rapproche de nous et nous prend les sabres et les flingues. Nous ne pouvons toujours pas bouger, c'est terriblement frustrant.

"Ah, une dernière chose. Je vais vous donner à chacun un petit boîtier contenant une micro charge explosive de très forte puissance. Libre à vous de vous faire sauter la tête si vous vous rendez compte que votre situation est désespérée, mais n'oubliez pas une chose : vous avez le pouvoir de tuer tous vos amis avec votre seule charge... Mourir, faire mourir ou tuer... Vous allez pouvoir apprécier les subtiles nuances qui existent entre ces trois notions..."

Cette fois-ci, même les plus solides d'entre nous ne peuvent réprouver un mouvement de peur. Mourir, faire mourir ou tuer... Ces mots résonnent dans ma tête comme le glas de notre disparition prochaine. Il ne nous reste qu'une demi heure afin de sauver ce qu'il reste d'humanité en nous.

"Je ne peux que vous souhaiter bon courage... La porte qui mène à la Volière se trouve à votre droite. Vous pourrez suivre l'exécution de nos prisonniers sur des écrans disposés un peu partout dans la Volière. Sur chaque écran, en bas à droite, se trouvera également une petite horloge vous indiquant le temps qu'il vous reste. Bon voyage en enfer..."

Et sur ces mots, il tourne les talons et sort par une porte blindée. L'action du champ de force cesse d'un coup, et nous libère. Nous sommes tous assomés, incapables d'esquisser le moindre geste. Demon prend soudain la parole :

"Bah heureusement que j'avais pris des chaussures à coque en ferraille..."

Nous le regardons sans comprendre, jusqu'à ce que Samantha s'écrie : "La balle de Morgoth !!", ce qui a pour effet de nous rappeler à nous tous que Demon avait reçu une balle dans le pied quelques minutes plus tôt. La scène me revient en mémoire en un éclair : entre le moment où la balle avait touché son pied et le moment où Demon s'était écroulé, le temps avait paru bien long. Il avait simulé sa blessure...

"Le compte à rebours vient de commencer. Vous devriez vous dépêcher..."

La voix qui sort des hauts parleurs de la salle nous rappelle à notre triste sort. Et soudain, tous semblent prendre conscience de se qui se passe, et nous nous dirigeons en courant vers la porte qui mène à la Volière...

***

Elle a froid, elle a peur, elle ne sait pas où elle est. Quatre murs en métal autour d'elle. Un mince filet de lumière sous l'un d'entre eux fait penser à une porte. Elle se souvient que lorsqu'elle a voulu les suivre et pénétrer dans le bâtiment, un filet lui est tombé dessus, et elle a été transportée ici les yeux bandés. Comment faire pour sortir ?...

***

Aveuh est décidément très inventif : la Volière est bourrée de pièges. Il semble que c'est une sorte de labyrinthe, froid et sombre, parcouru par quelques uns de ses miliciens. Le premier que nous avons rencontré a été massacré, nous ne lui avons laissé aucune chance. L'effet de surprise a eu raison de lui, il a pris un crochet du droit en pleine mâchoire et s'est affaissé contre un mur. Quelques secondes après, sa tête avait pris la forme d'un babybel, martyrisée par les pieds d'Atom, les poings de Demon et le postérieur de Count. Ce premier cadavre a pour effet de nous soulager, non pas parce qu'il nous rassure quant à la solidité des mercenaires, mais surtout parce que l'homme avait un fusil, et que c'est maintenant nous qui l'avons...

Nous marchons le long d'une fosse visiblement remplie de quelque chose d'assez peu agréable. L'odeur qui nous en parvient suffirait à nous tuer si nous n'étions pas entraînés à supporter Count et Demon. Tout à coup, quelques coups de feu résonnent à nos oreilles, et un soldat apparaît à quelques dizaines de mètres de nous. Je lève instinctivement le fusil en direction du candidat à l'exécution, et tire plusieurs coups. Il s'effondre, le crâne ouvert. Demon me demande :

"Comment se fait-il qu'il ne nous ait pas touchés ?? Il a tiré plusieurs rafales à très courte distance, et nous sommes tous sains et saufs...
- Je ne sais pas plus que toi... Mais il y a quelque chose qui m'étonne, tout de même... J'ai senti le recul de l'arme sur le premier coup, mais il m'a semblé que tous les autres coups étaient à vide..."

Cette réflexion m'arrache une exclamation :

"Des balles à blanc !!"

Atom me regarde, choqué. On ignore souvent que les balles à blancs ne sont qu'une charge de poudre très explosive, mais ne projetant strictement rien. De ce fait, le bruit et le flash du canon sont simulés, mais rien ne part. Atom s'interroge :

"Mais pourtant, il est mort...
- Oui, mais je suppose que la première balle n'était pas à blanc... J'ai eu de la chance, je l'ai touché avec celle là..."

Une courte vérification sur le fusil du soldat confirme mes suppositions : Aveuh a envoyé des hommes à la boucherie... Leurs armes sont chargées à blanc, sauf la première balle. C'est pire que la roulette russe... Samantha murmure :

"Mourir, faire mourir ou tuer... Il les a fait mourir, en les envoyant se faire tuer..."

Nous reprenons notre route, croisant sans cesse des écrans montrant ce qui se passe dans la chambre des prisonniers. L'horloge affiche "12:40", il nous reste un peu plus de 17 minutes pour sortir de là avant la première exécution... Count commence à être très nerveux, alors que Samantha sombre dans une apathie très inquiétante : les derniers mots qu'elle a prononcé nous ont fortement secoués, et elle ne dit plus rien maintenant. Ankou semble avoir repris des couleurs, et elle paraît très déterminée à sauver sa peau. Atom, lui, est tout à fait naturel, et fait comme si de rien n'était.

Nous marchons, marchons, marchons encore... Il me semble que nous tournons en rond, impossible de savoir si nous progressons. Le temps, quant à lui, décroît très rapidement, il ne nous reste que 8 minutes. Nous avons tué deux autres soldats, l'un en lui enfonçant son fusil dans l'anus, et le deuxième en lui faisant avaler les balles à blanc. Demon a d'ailleurs pris un malin plaisir à lui signaler qu'il pouvait toujours essayer de nous tirer dessus, et dans les yeux du pauvre homme, une haine sans nom envers son supérieur s'est mêlée à la couleur de la mort qui l'attendait à bras ouverts...

Plus que 3 minutes. La remarque d'Atom sur le fait qu'il nous reste juste assez de temps pour un brossage de dents efficace ne fait rire personne, bien au contraire : elle arrache un "Assez !!" à Samantha, ce qui nous rassure à moitié : elle n'a pas perdu sa langue.

Plus qu'une minute. Nous avons perdu tout espoir, et nous nous sommes assis, en bons téléspectateurs asservis à l'objet de culte débile qu'est l'écran de télévision, face à cette fenêtre vers les quatre innocents. Une pensée me traverse doucement l'esprit : lequel va y passer ? Comment va-t-il mourir ? Le décompte arrive à son terme, et lorsque l'horloge affiche "30:00", je vois Samantha qui se cache les yeux et éclate en lourds sanglots de désespoir. Demon lève doucement la tête vers l'écran, en compagnie de Count, Atom et Ankou. Et nous voyons tous un homme entrer dans la chambre de tortures... Il tient à la main un sabre, nous le reconnaissons tous : c'est le sabre d'Ankou. La psychologie de la terreur inspirée par la culpabilité est poussée à son comble... Il lève lentement l'arme, et l'abat d'un coup sec sur le premier prisonnier. Nous n'avons pas le son, nous ne pouvons pas entendre les cris du supplicié, et c'est tant mieux. Atom, insctinctivement, demande faiblement : "Où est la télécommande ? On entend rien..." mais nous sommes tous trop abattus pour répondre quoi que ce soit.

Un mort. Il en reste trois. Nous avons encore une demi-heure pour sortir de là...

Mercredi 31 mai 2006 à 17:15

Faire les groupes a été extrêmement délicat. En fait, je crois que la seule suggestion qui a mis tout le monde d'accord a été de séparer les deux couples. En mettant Atom et Margritis à l'écart de Morgoth et Samantha, tout le monde a supposé qu'il y aurait beaucoup moins de sexe et de violence. Evidemment, personne ne pouvait savoir que cela ne changerait rien.

Oui parce que, je ne vous ai pas dit, mais nous avons finalement volé deux pick-ups. Les groupes sont enfin formés : Atom, Margritis, Demon et moi iront dans le pick-up noir ; Morgoth, Samantha, Count et Ankou dans le pick-up blanc. Nous sommes tous armés d'un flingue chacun, Ankou a toujours son sabre, et Atom ses godes en plastique rose. Nous avons quitté DarkmoOn avec la promesse de découvrir la vérité sur l'immense complot qui nous entoure. Le sang coulera dans les prochains jours...

***

"Regarde, y'a un mec qui fait du stop !"

Atom est sorti de sa torpeur et a remarqué un homme sur le bord de la route, pouce levé. Demon file un grand coup de frein, comme à son habitude, mais nous sommes maintenant prévenus et attachés. Margritis, assise du côté de la vitre passager, interpelle l'inconnu :

"Vous allez où ?
- Oh, je descend vers La Rochelle, mais si vous pouviez simplement me rapprocher, ce serait déjà bien..."

Un autre homme sort de nulle part et se place à côté du premier.

"Ah oui... On est deux, au fait.
- Ca, on avait remarqué..." gromelle Atom, qui voit d'un mauvais oeil ces deux gêneurs. En effet, il pouvait jusque là s'occuper de la poitrine de sa douce, mais avec deux personnes de plus, il sait bien que ce ne sera pas très discret. Demon coupe court à tout conflit naissant et invite les deux hommes à monter. Nous nous tassons un peu à l'arrière, et nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, l'atmosphère s'est considérablement alourdie. En effet, les deux inconnus semblent être des grands adeptes des blagues Carambar, ce qui n'est pas de notre goût. J'observe Atom, qui prend progressivement une teinte blanc cassé tirant sur le jaune, et j'attends son explosion avec prudence. L'évènement ne se fait d'ailleurs pas attendre, et d'un coup Atom se retourne et hurle "Assez !!" juste après la blague du fou qui repeint son plafond. Demon, surpris, freine - une fois de plus - d'un coup sec, ce qui a pour effet de solidement secouer nos deux endives, qui regardent Atom d'un air hébété.

J'ai un mauvais pressentiment.

Le plus grand des deux plonge la main dans son imper et en ressort un vieux Colt, flingue rouillé mais flingue quand même. L'autre dégaine un S&W 4505, nettement moins encrassé et nettement plus dangereux, et pointe son arme vers le crâne de Margritis, en disant "Filez nous tout ce que vous avez". C'en est trop pour Atom, qui en un éclair attrape un de ses godes et tape sur la main de l'agresseur, ce qui a pour effet de lui faire lâcher tout net son engin. Au même moment, Demon, qui n'a pas oublié que le deuxième possédait également une arme, lui attrape le poignet, lui arrache le Colt des mains et lui pointe entre les deux yeux. La situation s'est retournée en moins de deux secondes. Je sors mon propre flingue et le place doucement au dessus des organes génitaux de celui qui a pu constater qu'un gode, c'est sacrément solide.

"Vous disiez ?" demande Margritis, l'air étonnée. Nos deux yaourts aux fraises sont pétrifiés, et le deuxième peine à répondre en bégayant :

"V... Vous n'allez t... tout de m... même pas nous t... tuer ?
- Non, répond Demon, pas dans la voiture, ça va sentir le porc grillé après."

Atom ouvre la portière, fait descendre les deux inconscients, et leur ordonne de s'allonger sur le sol, ce qu'ils font, morts de peur. Demon descend à son tour du pick-up, attrape le premier par les cheveux et lui fait tourner la tête vers son collègue.

"Regarde le, tu vas le voir crever en direct..."

Et il tire dans l'oeil de sa victime. L'autre, voyant les dégâts que peut provoquer une balle dans un globe oculaire, s'évanouit sur le champ. Margritis s'attendrit et nous demande de ne pas achever le deuxième. Je lui réponds :

"Oui, mais alors on trouve quelque chose de marrant à faire...
- De... Marrant ?
- Ouais, on va trouver."

Et après trente secondes de réflexion, nous décidons de l'allonger en travers de la route, puis nous remontons dans le pick-up et nous repartons. Quelques dizaines de mètres plus loin, Demon jette un coup d'oeil dans le rétro et nous annonce que notre ami devrait avoir du mal à survivre au choc du poids lourd qui est derrière nous. Atom se retourne et constate comme moi qu'un gros camion vient de rouler sur le corps de l'homme, dos d'âne imprévu qui a pour effet de repeindre la calandre du véhicule en rouge, de le faire sortir de route, exploser, puis prendre feu. Nous distinguons à peine dans le rétroviseur la tête de l'auto stoppeur qui va s'écraser un peu plus loin, sur une éolienne. "C'est ce qui s'appelle avoir les cheveux dans le vent" lance Atom, visiblement fier de sa vanne, mais un coup d'oeil de Margritis lui fait comprendre que nous sommes sur un axe très fréquenté par les poids lourds, et que le prochain ne doit pas être bien loin. Atom se tait, et Demon accélère. Plus que 250 kilomètres...

***

Nous avons terminé le trajet d'une seule traite, et nous nous sommes rendus au point de ralliement défini au préalable : devant chez Bastnic. Cinq petites minutes après notre arrivée, un pick-up blanc pointe le bout de son nez, mais nous remarquons qu'il a pris des coups de soleil sur le capot.

"Vous avez roulé sur quelque chose ? demande Demon
- Non, mais y'a une moitié de crâne qui nous est tombée dessus" lui répond Morgoth, à qui cela a l'air de beaucoup plaire. Samantha ne semble pas être de cet avis : elle est toute blanche, et doit avoir vomi une bonne dizaine de fois sur le trajet. Je lui demande :

"C'est le demi crâne qui t'a filé ces nausées ?
- Non, c'est l'odeur...
- L'odeur ?..."

Effectivement, j'avais oublié que lorsque nous avions quitté le frigo de DarkmoOn, nous avions terminé les quelques boîtes de cassoulet qui restaient, ce qui n'a pas réussi à Count. Quant à Ankou, comme toujours, elle semble insensible à tout cela. Bastnic nous accueille à bras ouvert, mais se ravise vite lorsqu'il voit que nous ne voulons qu'une seule chose : manger. De plus, comme tout bon geek qui se respecte, il n'a que des pâtes et des chips à nous offrir. Ah, si, et des cookies.

"Vous avez fait bonne route ? me demande-t-il pendant que les autres s'attèlent à répéter le travail de ravage systématique de frigo
- Assez oui, à part quelques détails...
- Bon, j'ai préparé quelques commandes, on devrait recevoir ça demain.
- Je vois que t'as bien fait ton boulot...
- Non mais qu'est ce que tu crois ? Depuis que j'ai un Macbook, je fais tout bien...
- Je te fais confiance."

J'avais chargé Bastnic de s'occuper de nous récupérer des fringues de l'armée, ainsi que des chaussures solides, et des armes. Nous aurons donc de quoi nous préparer à notre rencontre avec l'ennemi, demain soir...

***

"Ils vont avoir un sacré choc...
- Oui... Ils devront réfléchir avant d'agir, cette fois-ci...
- De toute manière, ils ne pourront pas agir. Lorsqu'ils verront les otages, ils se rendront..."

Une plainte s'échappe doucement d'une bouche baillonnée, au fond de la pièce. Un coup de fouet la fait taire immédiatement, et le silence reprend ses droits...

***

"Non mais ça me va pas du tout !!"

Samantha est assez mécontente de la situation. Bastnic a beau lui expliquer que c'était les derniers vêtements disponibles, et que le caporal qui les portait devait peser au bas mot 120 kilos, elle a du mal à accepter de porter un pantalon où elle rentrerait deux fois. Morgoth a d'ailleurs tenu à vérifier l'espace disponible, et s'est glissé avec elle dans le pantalon. Je le soupçonne également d'avoir glissé autre chose ailleurs, mais ceci n'est pas de mon fait. Heureusement, Bastnic a trouvé une ceinture, et Samantha se retrouve à peu près correctement habillée. Tout le monde est prêt à partir, lorsque nous nous apercevons qu'il manque une personne.

"Ankou ?!" s'exclame Margritis, étonnée de voir que notre samouraï n'est pas avec nous. Samantha, toujours passablement énervée, décide de partir à sa recherche, et dès qu'elle a quitté la pièce Bastnic me signale tout a fait justement que sa maison n'étant pas immense, elle n'avait qu'à crier plus fort pour la faire venir. Au bout de cinq minutes, ce sont justement des cris qui proviennent de l'autre bout de la maison qui nous interpellent.

"On dirait... On dirait qu'elle jouit..." murmure Morgoth, déboussolé. Il se précipite vers l'origine des cris, aussitôt suivi par toute la troupe, Bastnic en tête, et découvre en même temps que nous un spectacle plutôt étonnant : Samantha s'applique à utiliser un gode en plastique rose sur la personne plutôt déshabillée d'Ankou. Les réactions sont assez disparates :

"Oh merde !"
"Samantha ?..."
"Ankou, t'aurais pu choisir quelqu'un d'autre..."
"Hé, mais il est à moi ce gode !"

La remarque d'Atom soulève quelques ricanements, et les filles s'aperçoivent tout à coup de notre présence. En quelques secondes à peine elles se sont rhabillées, marmonnant des vagues "Hem hem...", mais lorsque Samantha veut rendre son objet à Atom, il lui fait remarquer qu'à l'instar des capotes, il a l'habitude de jeter les godes usagés, ce qui semble faire chanceler Samantha.

"Et dire que le mien je l'ai depuis deux ans..." murmure-t-elle, le regard rêveur...

Quand à moi, une question me trotte dans la tête : quelle utilisation Atom a-t-il de ses godes ?...

***

Nous sommes au rendez vous, il est l'heure, et toujours personne. Nous commençons à nous demander si nous ne sommes pas tombés dans un piège, lorsque Ankou s'exclame "Regardez là bas, y'a quelqu'un !"... Nous avons à peine le temps de distinguer un jupon qu'il a déjà disparu. Count murmure :

"Je l'avais déjà remarquée... Elle nous suit depuis notre départ de chez Bastnic..."

Un grand frisson parcourt tout le monde. Nous sommes suivis... Tout à coup, Morgoth et Margritis s'écartent du groupe, dégainent leurs flingues et les pointent dans notre direction. Morgoth s'écrie :

"Il y a une porte derrière vous ! Entrez !!"

Silence. Nous nous regardons, effarés. "C'est une blague ?" demande Ankou, assez nerveuse. Margritis ne répond rien, et Morgoth se contente de nous montrer la porte. Demon, plus par stupeur que par colère, s'avance vers Morgoth et lui dit :

"Mais... Je ne comprends pas... Qu'est ce que vous..."

Blam. Une balle dans le pied. Après une ou deux secondes qui semblent durer une éternité, Demon tombe en se tenant le pied. "Enfoiré..." hurle-t-il, la voix chargée de douleur. Nous comprenons alors que nos deux amis ne plaisantent pas, et qu'ils n'hésiteront pas à nous tuer si nous ne leur obéissons pas. Pourtant, nous sommes trois fois plus qu'eux, nous pourrions les désarmer sur le champ, mais nous avons peur de les blesser, car il serait trop dur de tirer sur des amis... Atom est effondré d'être ainsi tenue en joue par sa douce, et est le premier à obéir. Il se tourne vers la porte, pousse la poignée et entre, imité par nous tous. C'est alors que je me souviens d'une chose : ni Morgoth ni Margritis ne se souvenait comment ils avaient fait pour sortir du souterrain, sous le mémorial. Il m'apparaît maintenant clair qu'ils ont du être manipulés, mais comment ?...

Ils nous ont lié les mains dans le dos. Count est vert de rage, mais essaie tant bien que mal de se contenir. En effet, la colère lui donne des gaz. Demon traîne laborieusement son pied blessé, en maugréant "Et évidemment, il a fallut qu'il me tire sur mon pied intact", étant toujours légèrement indisposé du pied qu'il s'était cassé en tentant d'ouvrir une porte. Samantha et Atom sont pareils à des zombies : leurs amants respectifs sont des traîtres, il faut se rendre à l'évidence. Ankou est froide comme la glace, visage fermé, regard fixe, ce qui lui vaut de rater une marche, je le conçois assez mal éclairée. Quant à moi, je tente désespérément de comprendre ce qui a bien pu déclencher le changement d'attitude de nos camarades, et je ne vois pas venir le mur devant moi.

Nous entrons dans une immense pièce, plafond très haut et curieuses machines tout autour de nous. Au centre se tient un homme, de dos, qui me rappelle quelqu'un... Lorsqu'il se retourne, je le reconnais immédiatement : c'est Aveuh. Il ne semble pas surpris de voir que nous sommes tenus en joue par deux des nôtres, bien au contraire :

"Beau travail mes enfants... Vous serez récompensés... Vous pouvez maintenant nous laisser..."

Morgoth et Margritis baissent leurs armes, et se dirigent vers une porte, au fond de la pièce. Au moment où Margritis referme la porte, je la vois qui nous regarde, l'air triste... Et elle m'adresse un clin d'oeil.

La porte se referme. Nous sommes prisonniers.

Lundi 29 mai 2006 à 16:35

Samantha est retombée dans une profonde dépression, entrecoupée de courtes crises d'hystérie durant lesquelles elle s'écrie "Phalluuuuus !"... Elle devient difficilement gérable, mais malheureusement nous n'avons pas vraiment le choix : il nous faut continuer notre route. Nous avons remarqué un changement de décor : à présent, les couloirs sont plus longs, plus larges et plus humides. Atom a été le premier à nous le signaler, après avoir comparé ces allées à sa matraque personnelle.

Il est de plus en plus difficile de traîner Samantha. C'est Demon qui s'y colle : il la porte sur son épaule. De temps en temps, elle sort de sa torpeur, et peste contre son moyen de transport :

"Tu me fais mal au ventre !!
- Tant que tu me gerbes pas dessus...
- Aïïïe !
- ... tu restes là."

Les négociations s'avérant assez délicates au premier abord, Samantha tente une autre approche : les coups de poings dans le dos. De toute évidence, cela ne dérange pas vraiment Demon, qui continue sa route sans faire attention à elle. Pendant ce temps, l'ambiance se charge en électricité autour de nous. Goldice marche sur la pointe des pieds, comme si cela pouvait lui éviter une quelconque pêche. Atom et Margritis avancent main dans la main, le regard fixe, muets comme des écrans plasma, comme en transe. Ankou est de nouveau au milieu du groupe, silencieuse elle aussi, mais menaçante avec son immense sabre dans le dos. Count marche à mes côtés, et nous nous remémorons quelques instants marquants de notre épopée jusqu'ici...

"Tu te souviens quand Atom a lancé son premier gode ?
- Et quand Samantha avait son talkie-walkie dans sa culotte !
- Et Morgoth qui prenait les ours pour des trolls...
- En même temps, pour lui, y'a des trolls partout.
- Oui, c'est vrai...
- Et aussi quand Demon a éclaté le premier garde !
- Et quand t'as enfumé la caisse avec ton odeur..."

Ma dernière remarque ne semble pas faire sourire Count. Je profite de son mutisme pour étudier notre groupe. Nous formons véritablement une bande totalement déjantée. Atom ressemble à un guerrier anarchiste, Margritis et Samantha rivalisent de noirceur - moi même étant en compétition, Count ferait fuir un yéti, Demon porte bien son pseudo, Ankou cultive l'ambiguité dans tous les traits de son comportement, et les chaussettes de Goldice rappellent furtivement Maya l'abeille. Quant à Morgoth, je me rappelle tout à coup qu'il n'est plus avec nous, et que nous ne savons pas dans quel état nous allons le revoir, ou plus simplement si nous le reverrons tout court...

Ma réflexion est stoppée net par une énième volée de marches, la troisième depuis l'apparition de Jiria. Nous devrions donc bientôt trouver une sortie. J'ai l'impression que le sol remonte, après avoir plongé dans des profondeurs certaines. Tout à coup, Margritis s'écrie "Là bas ! Une lumière ! C'est la sortie !" et se met à courir vers la lueur que nous voyons maintenant tous. Et brusquement, elle disparait... Atom se lance sur ses traces en courant, et nous le suivons immédiatement. Nous nous arrêtons tous au bord d'un grand trou, qui paraît sans fond. Atom se penche au dessus de la fosse, et d'une voix mal assurée lance :

"Y'a quelqu'un ?"

Un vague écho lui remonte, en même temps qu'un bruit de machinerie, comme un vérin qui fonctionne. Petit à petit nous distinguons quelque chose qui monte vers nous, et je constate avec horreur que ce sont d'immenses pointes d'acier. Celles du centre de la plaque qui monte vers nous semblent tachées de rouge... J'ai un terrible pressentiment...

"Nooooooooon ! Pas elle !!!"

Le corps de Margritis apparaît lui aussi, empalé au beau milieu de la forêt de pieux métalliques. Elle est tombée à plat ventre sur le piège, ne se laissant aucune chance. Atom s'évanouit et manque de rejoindre sa douce, mais Demon le rattrape au dernier moment. Alors qu'il entreprend de le réveiller, Goldice s'écrie "Attendez !" et se penche vers le corps.

"Il y a un problème... Sa robe était complètement déchirée il n'y a pas deux minutes, et là elle est intacte..."

Elle tend prudemment la main vers le tissu, en essayant de ne pas tomber à son tour, et tire un grand coup sec.

Un mannequin.

Ils ont voulu nous faire croire à la mort de Margritis. Nous ne savons pas où elle a pu disparaître, mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas elle qui est empalée sur le piège. Nous contournons l'obstacle et nous nous dirigeons vers la sortie, laissant deux camarades dans le bâtiment, sans savoir s'ils sont vivants... En tout cas, Margritis avait vu juste : il s'agit bien de la sortie. Count pousse une lourde porte verte, et dévoile l'extérieur. Nous sortons et nous constatons qu'il pleut légèment, ce qui a pour effet de nous rafraîchir instantanément, et de réveiller Atom. Demon pose Samantha aux côtés de l'autre neurasthénique, et nous les laissons ruminer leurs idées noires ensemble. Goldice se risque à une hypothèse sur notre localisation géographique :

"On doit être en Normandie...
- Ah, tu dis ça parce qu'il pleut et qu'il fait froid, lui rétorque Count
- Mais non... Retourne toi !"

Nous nous retournons tous ensembles et constatons que nous sommes au pied d'un grand bâtiment. Il est écrit : "Mémorial de Caen"... Effectivement, Caen étant la préfecture de la Basse-Normandie, la réflexion de Goldice tient la route... Le seul point qui me chiffonne est surtout qu'elle est la seule à avoir eu la présence d'esprit de regarder tout autour d'elle. Nous ne sommes pas si débiles, quand même ?...

***

Il ne m'a pas fallu longtemps pour réactiver mes relations dans la région. Une heure après notre sortie du tunnel, nous sommes maintenant tous au sec chez DarkmoOn. Une chance : il est tout seul chez lui, et peut donc accueillir sept épaves sans problème. La douche tourne à plein régime depuis que nous sommes arrivés, et tout le monde passe maintenant à la cuisine. En quelques minutes, le réfrigérateur s'est fait piller, et DarkmoOn m'entraîne à l'écart, pendant que les autres se gavent de tout ce qu'ils trouvent. Nous nous installons confortablement dans une pièce tranquille, et j'engage la conversation :

"Tu as suivi toute notre histoire ?
- Oui, mais il me manque quelques éléments...
- Je peux te résumer l'essentiel : une organisation terroriste cherche à faire disparaître tout service de blogs qui deviendrait trop puissant, et il semble que ce soit notre tour.
- Ah... Cela expliquerait la disparition de quelques plates-formes régionales, qui devenaient connues...
- Oui, j'ai entendu parler de la fermeture de plusieurs petits sites de blogs, mais avant toute cette aventure, je n'avais pas fait le rapprochement... Enfin, toujours est-il que quelque chose nous dépasse dans cette affaire : il y a un détail récurrent qui me gêne énormément.
- Quoi donc ?
- La soucoupe volante.
- La... Quoi ??
- Bubus et Pure ont rêvé la même nuit d'une soucoupe volante. Lalie et Splatch m'ont raconté quelque chose à propos d'une soucoupe volante. Et juste avant de réussir à sortir du bâtiment dans lequel nous étions enfermés, nous avons vu une soucoupe volante gravée sur un mur. A chaque fois, il y a avait la même inscription sur le dessus : "c0wb0ys c'est de la merde"...
- Hum... Tu crois qu'on peut se baser sur quelque chose d'aussi volatile ?
- Non, pas volatile, volant.
- Très drôle.
- Désolé.
- Moi aussi il y a un détail qui me choque. Comment se fait-il que vous soyez sortis du souterrain juste devant le Mémorial ?
- Je n'en ai aucune idée, mais il doit y avoir un lien entre..."

Nous sommes brusquement interrompus par des coups à la porte d'entrée. DarkmoOn me regarde, étonné, comme s'il me demandait si j'avais invité d'autres personnes. Je lui réponds machinalement "Je sais pas ce que c'est moi !", comme s'il m'avait effectivement posé la question. Nous nous levons d'un bond à la seconde série de coups, et DarkmoOn se dirige vers la porte, puis l'ouvre lentement...

Le spectacle qu'il nous est donné de contempler est impressionnant. Sous une pluie torrentielle, Morgoth se tient là, debout, soutenant Margritis qui semble à bout de forces. Leurs cheveux dégoulinent sur leurs épaules, et le regard de Morgoth est complètement vide, épuisé. Morgoth tient un grand bâton dans la main, qui semble lui servir de canne. Nous nous écartons pour les laisser entrer, ce qu'ils font. Margritis s'entrave dans ses propres pieds et s'étale de tout son long dans l'entrée. Le vacarme a réveillé les six autres, qui avaient entrepris de dormir pour mieux digérer le pâté, les spaghettis, la pastèque, l'emmental, les olives et le tabasco. Atom ouvre un oeil, aperçoit Margritis et se lève en hurlant "Je le savais !!" puis se précipite sur sa douce, qu'il manque d'étouffer. Quant à Samantha, elle est pétrifiée de voir que son amant est devant elle, regard vitreux et morceau de bois à la main. D'ailleurs, la vie semble revenir à vue d'oeil dans son corps, et il se jette sur Samantha en hurlant "Coïïïïïït !!", entreprenant de l'honorer sur place. Samantha ne semble même pas gênée par l'humidité de Morgoth, et l'entraîne vers une chambre vide. Quelques instants plus tard, des coups sourds et réguliers nous parviennent de la chambre, et quelques cris ponctuent le phénomène.

Margritis se relève doucement. Le premier à parler est Demon :

"Qu'est ce qui s'est passé ?
- Je ne sais plus trop... Je sais que je suis tombée dans un grand trou, et que j'ai atterri sur un sol plutôt mou, mais quelques secondes après, je respirais un drôle de gaz qui, je crois, m'a endormie.
- Mais comment t'as fait pour sortir de là ?
- Je sais pas non plus... En fait, je me suis réveillée dans les bras de Morgoth, qui me portait dans la rue. Il semblait savoir où aller, mais moi je ne savais même pas où j'étais..."

Atom s'est dressé d'un bond lorsqu'il a entendu "dans les bras de Morgoth", et tout le monde s'est glacé en le voyant se diriger d'un pas furieux vers la chambre d'où montent toujours des coups violents. Nous entendons une porte s'ouvrir, et Atom hurler :

"Alors comme ça tu la prends dans tes bras ??"

La série de coups qui suit semble sonner un peu moins sourd, et un peu plus sec, comme ceux d'un poing contre un corps humain. Cela ne dure pas très longtemps, et Atom revient vers nous, le regard noir, puis prend Margritis dans ses bras. Elle lui demande :

"T'as quand même attendu qu'il se retire de Samantha, non ?
- Bien sûr que non.
- Mais tu sais, c'était juste pour me porter qu'il avait...
- M'en fous."

Personne ne semble être en position de discuter avec Atom. Demon me regarde, hausse les épaules et retourne visiter le frigo, malheureusement vide. Il se rabat sur le congélateur, l'ouvre, et se fige.

"Y'a un truc bizarre..."

Tous les regards convergent vers lui.

"Y'a une lettre dans le congélo..."

Il sort une enveloppe passablement gelée, mais curieusement le morceau de papier qui est à l'intérieur semble intact, comme si l'enveloppe était isotherme... La lettre contient des instructions, et est signée "Bylgosk". Il nous est demandé de nous rendre à Bordeaux sous cinq jours, afin de rencontrer "certaines personnes", comme dit dans le texte, faute de quoi c0wb0ys serait détruit. "Des Anglais..." murmure DarkmoOn, ce qui ne semble pas être l'avis de tout le monde. Sa déduction ne fait pas l'unanimité, je penche pour ma part pour un pays du Nord, type Norvège. Nous prenons chacun une chaise, nous nous installons autour de la table et nous lançons le débat sur l'origine et la nature de la lettre et de nos agresseurs.

Les théories fusent... Bâtiment sous le mémorial, soucoupes volantes, milice armée, sonorité nordique, méthodes d'intimidation... Atom se risque à déduire que nos agresseurs sont des nazis Norvégiens, amateurs de Black Metal - pour la sonorité de "Bylgosk" - et amis d'extraterrestes, mais il ne parvient pas à convaincre tout le monde. Pourtant, l'idée d'une congrégation de fanatiques de Black Metal telle que l'ancien Inner Black Circle est séduisante, et concorde avec les faits, mis à part le détail de la soucoupe volante.

"Tu parles d'un détail, lâche Goldice, désabusée
- Ouais, ça fait un bon gros détail ça...
- Comme ma queue."

La remarque de Count tombe dans le silence, et tout le monde se met d'accord sur la stratégie à adopter : il faut aller à Bordeaux. Nous allons nous équiper en armes, voler un véhicule - tout le monde semble s'être fait au pick-up, et partir en expédition. Avec DarkmoOn, nous décidons de former le Concile Rouge, qui rassemble les huit guerriers des semaines passées : Ankou, Atom, Count, Demon, Margritis, Morgoth, Samantha et moi même. Goldice a décidé de rentrer, et nous la comprenons parfaitement. Atom lance quand même un "L'abeille rentre à la ruche", remarque qui lui vaut une belle baffe, mais globalement nous acceptons sa décision.

La route est tracée. Bordeaux, nous voilà... Il reste cependant un détail qui me gêne. Morgoth et Margritis nous sont revenus, mais l'un comme l'autre disent n'avoir aucun souvenir de ce qui leur est arrivé entre leur capture et leur évasion...


A SUIVRE

Dimanche 28 mai 2006 à 23:54

"Y'a marqué 'Sortie de secours' là !"

La réflexion de Samantha frappe tout le monde par sa limpidité. Après une brève concertation, il nous apparaît intéressant d'essayer de filer par la sortie de secours, sachant qu'elle doit être un peu moins surveillée que le reste de l'immeuble. Ah, oui, nous avons déduit que nous étions dans un immeuble étant donné le fait qu'il y a manifestement des étages, à en juger par les escaliers. Goldice ouvre la porte verte en ferraille placée sous l'écriteau, fait un pas vers l'ouverture et disparaît aussi sec. Margritis se jette à son secours, suivie de près par moi. Nous passons la tête par la porte et nous aperçevons qu'elle donne sur l'extérieur, dans le vide. Goldice est un mètre plus bas, accrochée à une gouttière par sa jupe, qui commence à craquer dangereusement, laissant apparaître un éclatant boxer noir à bordures blanches. Morgoth, entendant un bruit de déchirure, nous rejoint au pas de course, observe la scène une demi seconde, et lance à Goldice :

"Jette moi ton appareil photo, ce sera au moins ça de sauvé !"

Goldice s'exécute, mais à peine Morgoth a-t-il attrapé l'objet qu'il commence à mitrailler les fesses de la demoiselle, chose que Samantha prend très mal. Elle manque de m'arracher la tête en attrapant Morgoth par les cheveux pour le traîner loin de la porte ouverte. Je tourne la tête pour ne pas voir le carnage, et je tends ma main vers Goldice, qui n'est plus très sereine, accrochée à sa gouttière, puis je la remonte, aidé de Margritis. A peine est-elle sur pieds qu'elle se tourne vers le centre de la pièce, où l'on distingue Morgoth allongé et Samantha assise sur son thorax, et s'écrie "Mon appareil !!"

Silence dans la salle. Margritis referme doucement la porte. Ankou, Atom, Count et Demon baissent la tête. Samantha se relève doucement. Morgoth reste à terre, et il semble manquer d'air. Après quelques secondes de flottement durant lesquelles tout semble figé, même l'air qui nous entoure, Atom se précipite vers Morgoth, le redresse et lui donne un grand coup dans le dos. Le bruit sec de sa main sur la colonne vertébrale de l'individu susnommé est immédiatement suivi d'un bruit métallique, le bruit d'un objet qui tombe sur un sol en acier. Goldice est sidérée :

"Que...
- Bah ouais, je voulais lui faire avaler, lui répond Samantha
- Lui faire avaler un appareil ?...
- On sait jamais, il a le gosier extensible..."

Nous nous regardons, mi-amusés, mi-inquiets. Atom risque une remarque sur la possible origine phallique de la déformation de la gorge de Morgoth, mais mis à part les protestations vigoureuses de Samantha, personne ne semble relever la plaisanterie. Goldice est trop occupée à nettoyer son joujou, tandis que Demon est littéralement mort de rire. Après quelques minutes passées à nous remettre de nos émotions, nous reprenons la direction que nous pensons être celle de la sortie. De toute façon, comme l'a fait remarquer Ankou, c'est pas compliqué, y'a qu'un seul chemin possible. Count s'attendait à de multiples salles bourrées de scientifiques fous et d'ordinateurs surpuissants, mais en fait il n'en est rien. Tout au plus y a-t-il quelques machines étranges, mais nous n'y prêtons pas grande attention. La seule chose qui fixe nos idées est la question : qu'allons nous encore trouver sur notre route ?...

***

"Ils ont tué les trois mercenaires envoyés par Aveuh...
- Bon dieu mais c'est pas possible, neuf gamins lâchés dans une base secrète bourrée d'hommes surentraînés, ils peuvent pas survivre aussi longtemps normalement !
- Oui chef, sauf que notre base secrète n'est qu'un petit immeuble, et que nous ne disposons que de quelques hommes entraînés, et encore.
- Quoi, il n'y a plus de soldats ?
- Si, mais je voulais dire que leur entraînement se limite à l'absorption d'alcool...
- ...
- Ah oui, ils font beaucoup l'amour aussi.
- Depuis quand y'a des femmes ici ??
- Heu... J'ai pas dit avec qui... Ils se débrouillent bien entre eux...
- Non mais je rêve... Et ces..."

L'homme est interrompu par l'arrivée d'un troisième larron. Il s'agit tout simplement de Aveuh, le responsable des militaires en poste dans l'immeuble. Il prend immédiatement la parole :

"Mon cher maître, nous avons un problème.
- Quoi encore ? En plus d'apprendre que mes soldats sont pédés, je vais apprendre que vous couchez avec ma femme ?
- Euh... Non, en fait ça n'a rien à voir. Mais si vous voulez tout savoir, je couche effectivement avec elle. Elle dit vouloir combler un manque aff...
- FERMEZ LA !! Et dites moi ce qui ne va pas !
- Bon bon... Mais ne traitez plus mes hommes de pédés, l'homophobie et la gestion du personnel ne font pas bon ménage...
- Oui, bon, abrégez j'ai dit !
- Pardon. Nous avons effectivement un petit problème d'armement. Nos derniers M16 sont rouillés, et le seul Sig 552 qui reste vient de rendre l'âme. Nous avons récupéré des AK47 et des armes de poings, notamment des M92-FS ainsi que des M93-R, mais nous en avons trop peu.
- Excusez-moi, mais je n'ai rien saisi à votre jargon.
- Retenez que nous n'avons quasiment plus d'armes en état de marche.
- Nous avons beaucoup d'hommes sans armes ?
- Nous avons quelques hommes sans armes.
- Combien ??
- Deux...
- Ah... Tout n'est pas si désespéré alors !
- ... sur quatre."

***

Un autre problème vient de se dresser devant nous. Il mesure environ deux mètres, il est armé d'un gros fusil mitrailleur, et il pue l'alcool. Avant même qu'il ait pu tenter quelque chose d'hostile envers nous, Atom, Demon et Count se sont jetés sur lui et l'ont mis à terre. Demon lève le poing pour réitérer sa performance sanglante du premier garde, mais il arrête son geste en plein vol et se retourne vers Margritis :

"Tu veux l'interroger celui-là ?
- Oui, pourquoi pas !
- Alors dépèche toi !"

Margritis se rapproche du géant et lui annonce que s'il ne nous explique pas comment sortir, ses amis le tabasseront jusqu'à ce qu'il en crève. Après s'être fait répéter la question, l'homme semble définitivement trop imbibé pour nous donner une réponse intelligible. Demon redémarre au quart de tour :

"Il est bourré, il ne nous sert à rien."

Puis il reprend son processus de destruction systématique là où il l'avait arrêté, et au bout de quelques minutes, avec l'aide de Morgoth, Atom, Count et moi, le corps a pris une forme de meuble Ikea encore à l'état de carton. J'avoue que ma seule raison de participer au massacre a été la découverte d'une carte animée Bob l'Eponge dans sa poche de veste. Je hais la violence gratuite, sauf lorsqu'il s'agit de pulvériser un fanatique de Bob l'Eponge de deux mètres de haut, mal rasé, et doté d'un gros calibre. Apparemment, les filles nous font la gueule : elles le trouvaient plutôt charmant. Seule Ankou reste neutre et ne participe pas à ce déballage de mièvreries. De toute façon, tout le monde est maintenant d'accord pour dire que la gelée de groseilles, c'est mieux avec des vraies groseilles et dans un pot dans sa cuisine qu'avec du sang et des tripes étalées sur un sol métallique. Margritis nous secoue un peu, et nous reprenons la marche.

Décidément, nous n'en finissons plus de descendre. Nous venons de parcourir quatre escaliers sans pitié pour nos jambes, et en voici déjà un cinquième qui se profile à l'horizon, lorsque tout à coup Atom s'arrête et s'écrie : "Là !!"... Tout le monde l'imite, et regarde dans sa direction, puis dans la direction pointée par son doigt. Une forme est gravée dans un mur, mais impossible de voir ce que c'est. Nous nous approchons et constatons qu'il s'agit d'un semblant de soucoupe volante, avec écrit sur le dessus "c0wb0ys c'est de la merde".

"Merde alors, ils seraient d'origine extraterrestre ?"
"Un complot intergalactique !"
"Notre planète est en danger..."
"Albator, sauve nous !"

L'auteur de cette dernière remarque n'est autre que l'auteur de la découverte du dessin sur le mur, j'ai nommé Atom. Morgoth se retourne vers lui et déclare :

"T'es con, c'est Cap'tain Planet qui va nous sauver..."

Je m'arrache et je reprends la direction des escaliers, vite suivi par les autres. Atom et Morgoth nous emboîtent le pas, et nous continuons à descendre, lorsqu'un nouvel évènement étrange nous arrête une fois de plus. Une brume blanche nous barre la route, et elle a vaguement la forme d'un corps. Goldice ne peut s'empêcher de signaler à Atom que son cher Albator a une drôle de mine, mais devant la réceptivité négative de ce dernier, elle se tait et se tourne vers la boule blanche, qui a pris la forme d'un visage. Et certains connaissent ce visage...

"Jiria !!"

En effet, c'est Jiria qui vient de nous apparaître, ou plutôt sa représentation. Elle tend ce qui semble être un morceau de papier à Margritis, puis s'estompe aussi vite qu'elle s'est formée.

Nous sommes tous choqués par ce phénomène, et nous nous lançons dans un débat dans lequel personne ne parvient à l'expliquer lorsque Margritis a la présence d'esprit de vérifier si quelque chose est inscrit sur le morceau de papier. Elle nous lit à voix haute les quelques lignes :

"Grand parmi les transcendants, on l'appelle le nombre de Champernowne. La suite des nombres entiers en base dix est sa valeur. La dix-septième décimale de ce monument des mathématiques est le nombre d'étages qu'ils vous reste à descendre avant d'arriver à la sortie. A vous de jouer..."

Silence. Atom lâche un "On s'en fout du nombre d'étages", ce qui a pour effet de rallier à sa cause plusieurs voix, dont la mienne. Après une courte réflexion, il nous apparaît tous évident qu'il nous est inutile de connaître le nombre d'étages restants, et nous repartons... pour quelques mètres. Morgoth a en effet à peine posé le pied sur la première marche de l'escalier devant nous qu'un filet tombe d'une ouverture dans le plafond, et le pêche comme un vulgaire poisson. La trappe se referme. Nous ne sommes plus que huit.


A SUIVRE...


PS : pour information, la constante de Champernowne existe bel et bien, et l'énigme est parfaitement valable d'un point de vue formel. Si vous voulez vous amuser à la résoudre...

Mercredi 24 mai 2006 à 16:11

La première porte vole en éclats. La violence du choc a arraché les gonds, et pourtant dieu sait qu'ils avaient l'air solide. Mais lancez un Count et un Demon à pleine vitesse sur n'importe quelle porte, et vous pouvez être sûr qu'elle explosera. Le couloir qui se présente devant nous n'est pas très rassurant : nous sommes 11, le couloir est très étroit, et nous avons 6 filles et un spooky parmi nous. Pour couronner le tout, nous ne sommes que deux à posséder une arme à feu : Demon et moi. Demon ouvre la marche, suivi dudit Count, puis de Margritis, Samantha et Lalie. Ankou s'est placée en électron libre au milieu, et je dois dire qu'elle nous effraie tous un peu, maintenant qu'on l'a vu découper quatre tueurs en moins de 5 secondes. Ensuite, on retrouve Goldice, Splatch, moi, Morgoth et Atom, qui ferme la marche, les poches pleines de godes en plastique rose, le regard vicieux et l'air menaçant.

L'ennui, c'est que nous n'avons absolument aucune idée de la direction à prendre. Tous ces couloirs se ressemblent, on se croirait dans une mauvaise adaptation d'Alien. Morgoth s'attend à voir surgir un troll à chaque croisement, et l'idée qu'il pourrait enfin assouvir son fantasme de relation sexuelle non consentie avec une pareille bête le rend absolument incontrôlable. Count, son bandeau autour du front, arbore un visage glacial, fermé, à la limite du psychotique. Samantha et Margritis ne sont pas en reste, et l'on a rarement vu les deux demoiselles aussi menaçantes. Lalie, Splatch et Goldice, qui vont de Charybde en Scylla, sont au contraire tétanisées, et ne nous seront d'aucun secours en cas de bataille rangée, d'autant plus qu'elles n'ont pas d'autre arme qu'un gode chacun, généreusement fourni par Atom. Il faut d'ailleurs s'arrêter de marcher pour empêcher Lalie de l'essayer sur elle, ce qui selon elle l'aurait détendue, mais selon nous aurait sérieusement ralenti la progression du groupe, surtout avec un excité comme Morgoth non loin de là. En plus, elle a ses règles, nous a-t-elle dit.

Nous arrivons à une seconde porte. Demon ne se pose pas de question, donne un grand coup de pied dedans, et se casse un orteil. La porte n'a pas bougé. Furieux, il dégaine son arme et tire deux balles dans la serrure, qui s'ouvre instantanément. Enfin, j'admets qu'il est difficile de parler d'une serrure lorsqu'il n'en reste plus que des copeaux de métal. Nous voici maintenant avec 6 filles, un spooky et un éclopé, ce que ne peut s'empêcher de relever Atom : "T'as peut être une bite en granit mais t'as un pied en sucre...", remarque qu'il regrette immédiatement au vu du regard que lui lance Demon. "Allez, on avance les mecs" lance Margritis, visiblement pressée de tuer dans l'oeuf tout conflit naissant. Je lui en suis d'ailleurs reconnaissant, étant donné que je suis entre les deux.

Les premiers ennuis commencent lorsque nous arrivons dans une salle assez vaste, et très mal éclairée. A peine Demon a-t-il posé un pied dans la salle qu'une balle ricoche tout près de son pied, manquant de lui achever les extrémités. Fou de rage, il recule, m'appelle en renfort et se poste tout près de l'ouverture qui donne sur la pièce. Je le rejoins, constatant que les autres membres de l'équipée ne sont pas tous très rassurés. Samantha confirme mes dires : "J'espère que tu tires mieux que tu ne conduis" dit-elle à Demon, qui ne bronche pas. Je m'accroupis à côté de lui, et nous faisons le bilan de la situation. Il commence :

"Il y a un mec là bas, derrière la grande caisse. C'est lui qui m'a tiré dessus.
- Ok, alors tu t'en occupes et je te couvre.
- Ca me va."

Atom a à peine le temps de lâcher un "Putain c'est comme dans Half Life" que Demon se précipite dans la salle sans m'attendre, se dirige droit vers la caisse, donne un grand coup de son pied valide dans le flingue du vilain méchant tireur, le prend par les cheveux et le jette au milieu de la pièce. Le type a visiblement l'air surpris d'un tel accueil, et cherche à se relever : je m'empresse de lui ôter cette possibilité en lui tirant une balle dans la jambe droite. L'effet est immédiat, il s'écroule et reprend sa position initiale, avec quelques gémissents en plus. Demon ne tarde pas à le rejoindre, s'agenouille au dessus de lui, et entreprend de lui labourer le visage à coups de poings. C'est lorsque la flaque de sang atteint le mètre de diamètre que Margritis s'écrie :

"Arrête !! On aura peut être besoin de l'interroger si on veut sortir !
- Je m'en fous, on interrogera le prochain.
- Euh..."

Sa réponse est claire, et il se remet au travail. Tout à coup, deux voix horribles hurlent "A mooooooort" et Morgoth et Atom jaillissent du couloir et se jettent sur l'homme pour apporter leur modeste contribution au travail de destruction systématique entamé par Demon. Atom lui plante plusieurs godes dans le ventre, et Morgoth lui plante le sien dans le derrière, ce que Samantha n'a absolument pas l'air d'apprécier :

"Putain mais t'es dingue ou quoi ?? Tu prends les mecs maintenant ?
- C'est pas un mec, c'est un mort !!" hurle Morgoth, pris d'une frénésie incontrôlable. En effet, l'homme ne bouge plus beaucoup, et il commence à ressembler à un mini troll, ce qui expliquerait l'accès de violence sexuelle de Morgoth. Les trois tortionnaires se relèvent, couverts de sang, et Demon soupire :

"Ah la vache... Ca fait du bien !"

***

Pendant ce temps là, Bubus venait de faire une découverte capitale. Le rêve qu'il avait partagé avec Pure n'était peut-être pas un véritable rêve, mais une hallucination transportée dans son esprit par un spectre. En l'occurence, le spectre de Granny, tué lors des premières heures de l'excursion initiale. Le seul problème demeurait maintenant dans le modus operandi du fantôme : il avait dit vouloir jouer au petit poucet, et il avait semé des pommes blanches un peu partout dans les rêves des deux jeunes, sensés les mener à une explication durant leur sommeil. Pas facile de trouver une soucoupe volante en suivant des pommes.

***

"On nous tire encore dessus ! Atten..."

Splatch ! La cervelle de la pauvre Splatch vient de voler en purée contre le mur blindé derrière nous. Elle aura au moins eu le mérite de pouvoir nous prévenir avant de finir décalquée sur un support en acier. Atom, spécialiste du mauvais goût, nous fait remarquer :

"C'est marrant quand même, son pseudo était prémonitoire...
- T'es con Atom, lui répond, outrée, Goldice.
- Oh, ça va, on peut rigoler un peu, de toute façon elle est morte elle s'en fout..."

Nous avons juste eu le temps de nous planquer derrière un gros truc bizarre avec plein de lumières. Count dit que c'est un super serveur avec quadri Xeon multithreading, ce que Lalie ne comprend pas bien, et qu'il abrège en "gros ordinateur qui clignote". Peu m'importe de savoir ce qu'il y a dans cette armoire métallique, tout ce que je sais c'est qu'elle nous protège des balles. Il me reste seulement trois chargeurs de 15 balles chacun, soit 45 balles pour sortir d'ici : j'ai peur d'en manquer. Atom se glisse vers moi et me dit :

"Attends, je vais en planter un..."

Je n'ai même pas le temps de lui demander comment il compte faire qu'il se redresse et lance un gode en plastique rose vers l'un des tireurs. L'arme se plante juste sous le menton de l'homme, qui s'écroule, raide mort. "C'est ce qu'on appelle une gorge profonde", ricane Atom. "D'ailleurs, tu veux pas, euh... tu vois ce que je veux dire ?" demande-t-il à Margritis en se tournant vers elle. La réponse de sa douce est sans équivoque : "Va mourir".

Pendant que les deux se chamaillent, je rejoins Demon, planqué de l'autre côté. Je lui demandes :

"A combien tu estimes le nombre de tireurs ?
- Aucune idée. Il faudrait envoyer un éclaireur...
- Hum... Je vois."

Je me tourne vers Samantha et la pousse au milieu de la pièce en lui criant "Dis moi combien ils sont !!", et elle ne tarde pas à replonger derrière notre protection en hurlant, elle aussi.

"Hé j'ai pas de flingue moi ! T'es fou !
- Ouais mais t'as pu les compter ?
- Ils sont trois...
- Merci.
- Non mais j'aurais pu me faire tuer !! Tu t'en fous ou quoi ?
- Non."

La conversation s'arrête là, j'ai pas envie de batailler. La tension monte d'un cran lorsque Goldice émet l'hypothèse qu'une armoire métallique contenant des éléments électroniques pouvait exploser sous l'impact de balles. Nous commençons à être vraiment nerveux, lorsque tout d'un coup les tirs cessent. Nous nous regardons, surpris et inquiets à la fois, quand une voix s'élève et dit :

"Vous n'avez aucune chance ! Je suis Aveuh, responsable de l'entraînement de ces hommes, et ils vous tueront tous jusqu'au dernier. J'ai été formé par l'armée communiste, et j'ai inculqué mes préceptes à mes soldats, il ne reculeront devant rien !
- Ouais mais ils sont que trois ! balance Count
- C'est bien assez pour vous exterminer... De plus, sachez que je retiens votre webmaster, DarkmoOn, en otage ! Et si par malheur vous parveniez à vous échapper d'ici sans avoir été conditionné, sachez que mon maître le fera tuer...
- (murmure) Ca, c'est du bluff, dis-je
- ...et votre communauté disparaîtra sans plus attendre. Maintenant, je vous laisse avec mes mercenaires... Et je vous souhaite une mort lente et violente !"

Des bruits de pas qui s'éloignent témoignent du départ de l'individu susnommé "Aveuh". Certains d'entre nous le connaissent, car il passait souvent sur le tchat du site en tant que visiteur étranger à c0wb0ys. Il s'était fait de nombreux amis, mais en réalité je réalisais maintenant qu'il ne cherchait qu'à glaner le plus d'informations possibles sur nous...

Alors que les tirs reprennent, Lalie commence à sombrer dans la folie et se tourne vers nous, les yeux exorbités, et nous dit :

"Je veux mourir nue"

Et elle commence alors à arracher ses vêtements. Nous sommes tous stupéfaits par son attitude, et pétrifiés devant tant de folie. Morgoth murmure "Pas de problème", mais par malchance il se fait entendre de Samantha, qui lui décroche une baffe bien sentie. Samantha se jette alors sur Lalie pour l'empêcher de s'offrir en pâture aux tireurs, mais on dit souvent que la folie décuple les forces, et Lalie s'extirpe de son étreinte salvatrice, complètement nue, et se jette dans le champ de tir.

Silence complet.

Deux sifflements d'admiration sexuelle nous parviennent des mercenaires. Atom penche la tête pour voir ce qui se passe, et nous annonce que les soldats sont sortis de leur cachette et se dirigent, le fusil à la main et leur lance roquettes personnel dans l'autre, vers la pauvre demoiselle. Le premier soldat arrivé cherche où est le piège, et ne voyant pas d'embûche plaque Lalie au sol et la viole sauvagement. Elle est toujours prise dans une transe hystérique et ne semble pas sentir grand chose. Demon comprend qu'il faut tirer profit de la situation, et attend patiemment que le deuxième soldat s'avance pour prendre son ticket. La présence d'un distributeur de tickets dans cet endroit nous étonne d'ailleurs grandement, mais après tout elle permet une régulation des rapports, ce qui n'est pas plus mal. Tout d'un coup, Demon se redresse et crie "Go, go, go !", bientôt imité par tout le monde. Il vide son chargeur dans le premier homme, lui même étant dans Lalie, et je descends le deuxième. Nous constatons alors que Morgoth a mal interprété le "Go go go !" et qu'il a pris la place du violeur, ce qui lui vaut un grand coup de poing de Samantha dans les côtes, l'effet étant immédiat : il se retire sur le champ. Nous nous apercevons également que le soldat pervers, avant de mourir, a eu le temps de placer une micro charge explosive dans la bouche de Lalie, ce qui nous fait beaucoup moins rire que Morgoth plié en deux. Cette fois-ci c'est Margritis qui hurle "Tous à couvert !!!" et nous replongeons derrière notre abri de fortune quelques secondes avant l'explosion. Morgoth semble avoir légèrement perdu l'esprit depuis cette histoire de troll, ce que Samantha dément en affirmant qu'il n'a jamais été sain d'esprit. Toujours est-il que Morgoth confond décidément tout en s'adressant à Margritis:

"C'est bien 'sortez couverts' que t'as dit hein ? Je savais que j'avais une puissance sexuelle phénoménale, mais de là à la faire exploser...
- Non, c'est 'tous à couvert' que j'ai dit, et t'as un morceau de doigt de Lalie collé à ton T-Shirt.
- Ah ouais, c'est v... Hé putain, mon T-Shirt Behemoth, l'enfluuuuure !"

Atom lève les yeux au ciel.

"Ouais, il est pas récupérable, soupire Demon
- Mais non, c'est pas ça, c'est que Behemoth c'est de la merde" lui répond Atom. Je regarde Goldice, qui a l'air tout aussi effarée que moi devant tout ça, et je constate tout à coup que l'on a oublié le troisième tireur. Et quand on parle du loup... Le voici qui apparaît devant nous, son fusil balayant le groupe.

"Ah, vous pensiez vous échapper aussi facilement hein ?..."

Demon me fait signe. Il y a quelqu'un derrière lui. Ca va, je commence à être habitué au scénario. Tout le monde a remarqué ce que Demon voulait dire, et par conséquent tout le monde prend une pose tout à fait désinvolte, en se foutant de la gueule du soldat. Nous attendons juste que Ankou transperce le crâne de l'homme.

"Bouh, t'es moche !"
"Lâche nous avec ton joujou en plastique..."
"T'es bonne."
"Ouuuh qu'il est vilain le méchant monsieur !"

Bon, il faudrait peut-être qu'elle se dépèche là, le mec commence à péter un plomb et menace de nous faire sauter un par un. C'est le moment que choisit l'ombre pour s'avancer... et se poster à côté du soldat. C'était pas Ankou, c'était un autre mercenaire. Et merde... Les deux gros tas commencent à ricaner en voyant notre expression passer du petit comique au grand anxieux, quand...

"Kiaïïïï !!"

Pouic, pouic, les deux têtes tombent d'un seul coup et roulent jusqu'aux pieds de Goldice, à qui il n'en faut pas plus pour tomber dans les pommes - enfin, dans les têtes. Ankou est arrivée au bon moment. Elle se tient devant nous, froide comme sa lame, le regard meutrier.

"On dirait que j'ai bien fait de venir finalement..."

Atom est décidément sidéré des performances guerrières de la demoiselle. "Putain, en rentrant chez moi je me fais un perso mi-femme mi-troll à ton effigie sur World of Warcraft !..." s'exclame-t-il, l'air admiratif. "Troooooooll" dit une voix : c'est Morgoth qui, entendant son mot préféré, a oublié qu'il en avait mal aux côtes. Elles le lui rappellent d'ailleurs immédiatement, lui arrachant un cri de douleur.

"Je crois que tu m'as pété une ou deux côtes, ma petite pustule plaquée or..."

Margritis se relève, s'essuie les vêtements comme si de rien n'était, et nous aide tous à nous remettre debout. Count refuse son aide, prétextant ne pas avoir besoin d'un coup de main féminin. Goldice est choquée d'être la seule rescapée de ses six compagnons d'enlèvement, et nous signale que notre opération commando a pour l'instant permis de voir disparaître cinq des six personnes à sauver, ce qui est un score très respectable d'après Atom, si l'on tient compte des similitudes avec les otages dans Counter Strike. Demon et moi sommes prêts à tirer de nouveau, bien que son orteil le tiraille. Samantha passe désormais autant de temps à protéger sa propre vie qu'à surveiller Morgoth, et Atom caresse affectueusement ses godes en plastique rose qui, je l'avoue, nous ont été très utiles jusqu'à présent. Quant à Ankou, plus le temps avance et plus elle se métamorphose en guerrière ultime, ce qui nous rassure mais nous inquiète également un peu. D'ailleurs, Atom n'ose plus faire de blagues pourries sur elle, de peur de prendre un coup de sabre.

Margritis se retourne vers nous et nous dit :

"Bon... On y va ?..."


A SUIVRE

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