Qu’entends-je ? Que lis-je ? Le propriétaire des lieux, le sémillant, le pétillant, le poutrant et ineffable joKeR (La pommade, c’est fait) ouvre son blog pour fêter dignement ses six ans, et que lui offre-t-on en échange ? Nada, peau de zob et cul d’chouette ? Décidément, il faut tout faire soi même sur cette plateforme peuplée d’ingrats et de boutonneux intellectuellement sous développés (Induire subtilement que les autres sont des cons, c’est fait).
Remarquez, je n’en attendais pas moins. Le monde du blog est impitoyable pour ses dinosaures, et il vient un temps où les anciens doivent se serrer les parties génitales afin de lutter efficacement contre l’apparente froideur qui dégouline incidemment dans l’ombre de l’image surfaite de la bienveillance d’une communauté devenue artificielle (Les envolées scripturales et la nostalgie, c’est fait). C’est dommage, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant. Enfin plaisir, c’est vite dit, parce que mine de rien, je vous comprends. La pression est d’ampleur viagresque lorsqu’on se risque à poster ici, et c’est là, la marque des grands du blog. Parce que derrière, c’est quand même quelques milliers d’excellents articles qui poussent au cul, et rien que ça, amis lecteurs, c’est pas rien. Non parce que foncièrement, faut la tenir la cadence, même si elle tend au relâchement au point que dans un moment de faiblesse, notre super-Admin en soit réduit à demander à des gens comme vous de faire le boulot à sa place. D’un côté, le mythe tombe: joKeR est un vieux briscard fatigué, un homme avec ses limites, ses faiblesses, un vieux chwal qui continue sa course en dépit de tout alors qu’il pourrait s’installer dans un élevage et passer le reste de sa vie de blogueur à saillir les juments. (Rappeler le Chwal au bon souvenir du lectorat, c’est fait). Mais ce serait mal connaître le lascar, qui, j’en suis certain, fourmille d’idée et manque simplement de temps pour nous en faire profiter.

Moi je m’en fais pas tellement, car voyez vous, il y’a bien longtemps, alors que j’avais décidé l’arrêt total du blogging, il reste quelque mot gravé dans ma mémoire, où ce cher joKeR avançait l’hypothèse que des gens comme nous ne peuvent se passer de la création et du vecteur particulier que représente le blog. Voyez vous, larves adipeuses et guntéïformes, il existe deux sortes de blogueur : Il y’a les gens comme vous, des vaches laitières de l’internet à la production abondante et sans saveur qui disparaîtront aussi vite qu‘elles sont apparues, et puis il y’a les autres. Les rares. Les précieux. Les amateurs de bons mots qui tendent vers la perfection qe devrait atteindre le blog. Ces gens sont des conteurs, des artistes aux claviers aiguisés qui peuvent s’essayer à n’importe quel genre d’écrits sans tomber dans le ridicule ou le surfait. JoKeR est un de ceux là. Bien qu’il aurait été amusant de l’imaginer avec des tâches noires et des pis, je vous le concède, mais non, car sa production inspirée et d’ampleur homérique, qui poutre bien comme il faut, n’est pas qu’un simple amoncellement d’idées préconçues et grossièrement menées. JoKeR est, à sa façon toute particulière, un conteur, un chroniqueur à l’humour décalé et aux goûts surs, un poète parfois. Un être rare dont les mots, couchés à trois heures du matin vous plongeront, vous, lecteur solitaire abandonné à la solitude nocturne, dans la nostalgie de votre propre instant de grâce, et rares sont ceux qui réussissent une telle prouesse. C’est ça, la véritable perfection vers laquelle tend un blogueur confirmé. La sincérité et la justesse de son propos.

Ce qui est intéressant, mais j’évoque ici un sentiment très personnel, c’est de voir que le blog d’une tierce personne puisse, au fil de nos lectures, devenir un part de notre propre existence. Je devais avoir à peine une petite année de blogging derrière moi lorsque j’ai débarqué sur c0wb0ys (Si tu sais pas ce que c’est, va te pendre, sous merde) et sa page d’accueil au charme désuet, et je suis tombé sur quelques blogs aujourd’hui pour la plupart disparus, et fatalement, sur ce blog, incontournable d’une époque plus simple. J’irais pas jusqu’à dire qu’il fut une source d’inspiration (Sinon je sens qu’il ne pourra plus entrer dans des godasses demain celui-ci), mais il faut avouer que ce ne serait pas totalement faux. Je ne pense pas, si je m’étais arrêté à bloguer comme tout le monde, que je serais devenu le blogueur que je suis. D’une certaine façon, en tant qu’objet de lecture quotidienne, ce blog qui n’est pas le mien est une petite parcelle de ma vie. D’une certaine façon, nous apportons notre pierre à l’édifice. J’ai commenté sur ce blog, j’ai dessiné pour quelques articles de ce blog, j’ai posté à quelques trop rares reprises sur ce blog, j’ai rencontré son propriétaire, et cette rencontre est gravé ici, sur ces pages, et bien que le temps ne permet malheureusement pas de mettre en œuvre quelque envie de nous revoir évoquée jadis, je sais que de toute façon, un beau jour, ça se fera, et nous inscrirons ces instants uniques ici et là.
Le véritable prestige du blogueur, c’est de faire de son espace virtuel un endroit ou vous retrouvez quelque chose qui vous appartient.

Histoire de ne pas passer pour un sentimentaliste et ne pas ruiner une poutrante (Inclure trois fois le mot « poutre » et ses dérivés, c’est fait) réputation justement mérité, je vais conclure en précisant que mine de rien, je n’ai pas respecté certaines consignes du proprio des lieux dans le sens je suis à la bourre puisque la date limite, c’était le 16 décembre, mais remarquez, mon manque total de ponctualité, ça lui rappellera de bons souvenirs du temps de c0wvivor. (Evoquer avec nostalgie c0wvivor, c’est fait).


Atom

(Je profite de mon passage pour faire savoir au propriétaire des lieux que je réclame une catégorie rien qu'a moi, car je refuse de me mêler aux autres. J'veux bien être sympa, mais faut pas pousser quand même)