Mercredi 17 juin 2009 à 12:21

Cet article est un petit recueil de plusieurs textes courts écrits ces derniers mois, voire même ces dernières années. Hé oui, c'est du recyclage, mais peu importe.

Conte d’un dimanche

 

Les rues sont froides, les murs gris. Le vent glacé balaie négligemment les quelques feuilles mortes qui traînent encore leurs nervures gelées sur le bitume. Je marche lentement, le nez coincé sous une longue écharpe grise, faisant face aux éléments. Toutes les vitrines sont closes par de grands rideaux de fer, qui se fondent si bien dans le décor qu’on pourrait les imaginer les yeux fermés. Non loin de là, le fleuve coule tranquillement, ses eaux sales semblant charrier toute la tristesse qui émane de ce paysage impersonnel. L’ambiance en serait presque malsaine, solitude étouffante aux relents d’une civilisation écrasante même lorsqu’elle est endormie.

La ville est calme, en ce dimanche matin d’hiver. Si calme que je ne croise personne, à part cet enfant, là bas, probablement aussi frigorifié que moi, et vraisemblablement encore plus emmitouflé. Je me surprends à étayer thèses et conjectures quant à sa présence dans cet univers kafkaïen, suppositions qui s’avèrent toutes plus improbables les unes que les autres.

“Sauve moi de moi…”

L’enfant m’a parlé en passant près de moi, j’en suis certain. J’ai peur de ne pas avoir bien saisi le sens de ses mots, alors je me retourne et lui demande ce qu’il en est. Il lève alors la tête vers moi, et je ne distingue que ses yeux éclatants, gris acier, à l’instar de ces murs qui nous entourent.

“Sauve moi de moi… Et de ma solitude…”

Puis il repart, sans un bruit, flottant sur l’asphalte comme un être spectral, finalement si bien accordé avec l’environnement.

Parfois, on se demande si Dame Nature n’a pas fait une mauvaise blague à certains d’entre nous. On se demande si notre existence n’est pas vouée à rencontrer un grand nombre d’échecs et de déceptions, de larmes et d’angoisses, de peurs et de doutes. La fatalité semble tout droit sortie du néant, happant notre âme sans aucune forme de procès. Je me demande si cet enfant n’est pas de ceux-là, de ceux qui semblent vivre en transparence, perdus au beau milieu d’une humanité immensément égoïste qui ne leur accorde aucun crédit. Pour lui, se battre n’a peut-être plus aucune signification, résister n’est sans doute plus un mot plein d’espoir.

Le ciel s’assombrit, le temps se couvre. Et cet enfant marche seul, comme déraciné de son contexte. Je suis arrivé à deux pas de chez moi, et je le vois s’éloigner vers la vieille ville, sans savoir qui il est, où il va. Je pourrais courir pour le rattraper afin de lui demander s’il a besoin d’aide. Je pourrais aussi pousser ma lourde porte en bois massif, et oublier ses yeux une fois celle-ci fermée…

Je suis rentré.

Dans le salon crépite un feu orangé, répandant sa chaleur et sa douce lumière jusqu’au plafond. Ma douce s’est endormie dans le fauteuil devant la cheminée, un magazine posé sur ses genoux. Je dépose un baiser sur ses cheveux, et je remarque alors que la page à laquelle est ouvert le magazine est occupée en partie par une photographie. Des yeux… Simplement des yeux. Ses yeux… Ce gris acier qui vous perce à vif, qui vous donne tout à coup l’impression de ne plus rien maîtriser et de devenir comme un livre ouvert à la face du monde. Intrigué, je prends délicatement le magazine afin d’en savoir un peu plus. Quelques mots agrémentent la photo :

“Dernier regard d’un enfant”

En lisant l’article, j’apprends que l’histoire s’est déroulée il y a quelques mois, et que l’enfant photographié est décédé depuis, atteint d’une malformation des poumons. Pourtant, les yeux que j’ai croisé quelques minutes plus tôt sont bien les mêmes, j’en mettrais ma main à couper…

Je pense que notre univers nous joue des tours, parfois. Ce petit être a beau avoir disparu de notre monde, il n’en reste pas moins présent pour tous ceux qui prennent encore le temps de s’attarder sur les détails qui les entourent. Il voulait que je le sauve de son errance, il voulait que je le délivre de son calvaire, mais je n’ai pourtant perçu aucune souffrance dans ses paroles. Peut-être est-il tout simplement heureux, là où il est. Peut-être que cette vision était plus qu’un simple écho du passé…

Et dans cette grisaille du dimanche, une chaleur vient tout à coup me réchauffer. Une chaleur qui, je le sais, m’est envoyée par l’enfant, que j’ai été le seul à bien vouloir voir…

Stressed Star

I wish I had a star.

Une lumière dans la nuit, qui éclaire ces sombres méandres, insondables tant par la pensée que par le coeur. On a tous un jour rêvé de cette lumière, de cette clarté qui nous ferait tant de bien lorsque l’enveloppe brumeuse qui nous suit à longueur de journée ne semble plus vouloir repartir dans l’ombre.

I wish I had a star. I do wish.

Et malgré cela, tant de questions restent sans réponses. On cherche en vain la solution, elle nous fuit et court, court au delà des limites de notre avenir. Un choix, deux choix, et tout bascule, alors que ne pas prendre ces décisions nous entraîne également dans l’horreur de l’imprévisible, de l’impossible.

I wish I had your star. Not mine.

Lorsque l’on jalouse la réussite des autres, l’engrenage devient infini. Autant se concentrer sur sa propre existence plutôt que de perdre son temps en conjectures et en comparaisons. Finalement, c’est peut-être ce qu’il nous reste de mieux à faire. Quitte à plonger, pourquoi ne pas plonger seul ?

Ain’t no light without my star.

Chronique et ‘Pataphysique

1h05.

La vie semble s’être arrêtée. Le silence est le seul bruit qui parvient à mes oreilles, les autres ayant décidé de dormir. La nuit noire éclaire mon insomnie, je réfléchis et pense à tout à fait autre chose. Plus que quelques heures avant le lever du soleil, qui comme moi se lève à l’Est, et déjà la pluie tombe doucement, tout comme je pourrais tomber du lit.

1h06.

Pourvu que le jour ne pointe pas le bout de son réveil. Chaque minute qui passe me rapproche de la minute qui suit, et celle d’après suit également. Où se trouve la fin du cycle ? Je rêve d’un sens caché, du sixième qui change tout, qui connaît, lui. Il connaît la faim, la fin du cycle.

1h07.

J’entends encore ces mots. Les gens qui ne m’aiment pas n’ont pas le courage de me le dire en face. J’entends encore ces paroles rapportées, lui qui a dit ça et l’autre qui ne l’a pas dit. Mais il n’en pense pas moins. Tout le monde le sait, sauf lui peut-être. Et lui. Et lui et eux tous, ils ne sont pas capables d’être francs, et par devant ils sont hypocrites. Je préfère l’inverse.

1h09.

Deux minutes, une éternité ! Ce fut dur.

1h10.

Il faut fuir l’envie, fuir le réel, fuir le quotidien. Rien de plus simple que de beurrer une tartine, encore faut-il posséder un couteau à bout rond. Cela s’applique également à cette considération macroéconomique qu’est le prix de l’essence. Rien de plus simple que de beurrer un moteur, encore faut-il posséder un portefeuille à bout rond. Souvenez-vous, le moteur et la tartine sont frères.

1h11.

Est-ce que le moteur tombe toujours du côté beurré, lui aussi ?

1h15.

On n’arrête plus le progrès.

1h16.

Pouf, une minute de trop. Non, c’est vrai quoi, impossible de chroniquer correctement si le temps joue sa propre partition solo. Je suis un compositeur, un amoureux de l’emphase lexicale. Et rien ne sert d’écrire, il faut tailler sa plume à point. Mince, c’est vrai, c’est un clavier…

1h20.

Elle me manque.

Contemplations

Je contemple ce mur blanc. Deux posters y sont accrochés depuis des années, et j’en ai même oublié leur présence. L’odeur du rhum me secoue le cerveau, et pourtant il n’y a pas d’alcool à proximité. Des hallucinations… Comment mon esprit peut-il déjouer mes sens ? La nuit est tombée depuis quelques heures déjà, le sommeil ne semble pas près de me rencontrer cette nuit.

Le bruit du moteur du frigo qui redémarre me fait sursauter. Le silence ambiant, soudain rompu par cette grosse boîte blanche certainement aussi vieille que moi, m’a rendu attentif au moindre mouvement, au moindre son, au moindre courant d’air. Un léger sifflement me fait tendre l’oreille, mais il m’est impossible de localiser sa provenance. Qu’importe… Je suis devant mon clavier, et j’appuie sur ces foutues touches sans même savoir où je veux en venir.

Je m’allume une clope. Le bruit de l’allumette qui craque est amplifié par l’épais silence qui est retombé dans la pièce. J’inhale lentement la première bouffée de fumée. Saloperie… Une cigarette, dix minutes de vie en moins, qu’ils disent. Comment peut-on perdre un temps qu’on est incapable d’évaluer ? Si je perds dix minutes de vie sur trente années d’existence, l’impact sera différent que si je les perdais sur le double. Une belle arnaque que cet allongement de l’espérance de vie…

La télé est éteinte depuis près d’une vingtaine de minutes. J’aime ces chiffres, j’adore les statistiques, dès que je peux quantifier quelque chose et le comparer à n’importe quoi de similaire, je le fais. En attendant, je vais finir par crever de froid, enroulé dans cette seule couverture. Dix minutes de vie… Si je meurs d’hypothermie cette nuit, j’aurais bien baisé ces foutues statistiques, et toutes ces minutes de perdues seront offertes à un autre fumeur.

Je repense à ce film, American History X. Je revois Daniel Vinyard qui tape mécaniquement sur son clavier, efface et recommence, tout comme moi à l’heure qu’il est. Sauf que je n’ai ni le crâne rasé, ni les murs recouverts de croix gammées. La haine… Elle est partout, elle nous entoure à chaque seconde. Nous haïssons toujours quelque chose, quelqu’un, quelque part, comme je hais le bruit que fait mon frigo. Et lorsque cette haine se transforme en prétexte à la violence, les bas instincts de l’humanité ressortent comme un morceau de charbon sur une plaine enneigée : crus, aveuglants, mais presque honteux d’être là, salissant un capital qui disparaît petit à petit.

J’ai plongé la pièce dans le noir. Il ne reste plus que mon écran qui brille, comme un pied de nez à l’obscurité. Un flocon de neige sur une plaine de charbon… L’heure n’est plus à faire de l’esprit, mais à dormir. Je n’en ai pas la force, c’est le paradoxe de la fatigue mentale. La fatigue physique est une fatigue saine, qui amène le sommeil naturellement, par opposition à sa sœur née sous X, jamais vraiment présente, mais suffisamment sous-jacente pour soulever une question cruciale à ces heures tardives : comment faire pour s’endormir ? La réponse viendra d’elle-même, je suppose. Lorsque je m’endormirais sur mon clavier, il ne sera plus question d’y réfléchir.

Je vous laisse, je préfère tenter l’approche frontale. Il suffit d’éteindre son ordinateur, de mettre l’oreiller sous sa tête, et d’essayer de se laisser aller. Parfois, donner un coup de pouce aux rêves à venir durant la nuit est une bonne méthode. Enfant, j’essayais de m’imaginer doté d’un pouvoir illimité, me permettant de faire absolument tout ce que je voulais, sans exception aucune. Et je m’endormais en volant, en devenant invisible, en figeant le temps et l’espace ou en contrôlant la pensée de mes semblables. Comment voulez-vous que je sois sain d’esprit, avec une enfance pareille…

Après la pluie vient la pluie

L’arrêté vient de tomber : la circulation des véhicules à moteur devient limitée, ou plutôt leur vitesse. 50km/h, pas plus, et ce sur tout type de route suceptible d’être empruntée par des voitures, des motos, des tondeuses, etc. Cette mesure a été accueillie assez froidement. Bien que tout le monde ait conscience que la situation pluviométrique implique des restrictions drastiques indispensables, personne ne pense se mettre en danger en roulant à plus de 50km/h sur l’autoroute…

Je marche dans une rue qui n’est pas encore totalement inondée. Mes bottes me remontent jusqu’au genou, me permettant ainsi de rester sec. Les voitures passent tous feux allumés, essuie-glaces battant la mesure tels des métronomes réglés sur “Prestissimo” (ndr : plus de 200 battements par minute) et conducteurs stressés au possible. Prendre le volant est devenu un véritable challenge, et certains conducteurs ont abandonné l’idée de faire 500 mètres avec leur véhicule pour aller chercher le pain. L’industrie du vêtement imperméable ayant fait de gros efforts pour équiper la population, marcher est devenu le meilleur moyen de se déplacer…

Tout le monde s’est habitué à la pluie. Même les gamins les plus réticents ont désormais compris l’utilité d’une capuche. Mais de toute façon, la vision apocalyptique qu’offre le moindre coup d’oeil à l’extérieur est tellement impressionnante que n’importe quel individu, blanc, noir, vieux, jeune, gros ou maigre se sent totalement dépassé par les évènements…

La pluie a commencé il y a environ deux mois. Et depuis, nous avons pu compter les apparitions du soleil sur les doigts d’une main : zéro. Il s’est arrêté de pleuvoir quelques minutes il y a une semaine, mais les averses continuelles ont bien vite repris. Personne ne sait ce qui se passe vraiment, pourquoi les anticyclones ont disparu. Des dépressions rivalisant de monstruosité couvrent quasiment toute la surface du globe. Des tornades ravagent les côtes américaines, la neige étouffe la moitié de l’Europe du Nord, des énormes cyclones dévastent les pays tropicaux, des raz-de-marée gigantesques rongent les côtes asiatiques. Les prévisions météorologiques ont depuis quelques temps laissé place aux scénarios les plus dramatiques…

La situation s’est aggravée. Les communications sont coupées, les antennes sont tombées, l’électricité commence à flancher. Dans les rues, les cadavres de rats noyés remontent à la surface et jonchent les bords de trottoirs qui ne sont pas encore sous les eaux. Les propriétaires de maisons individuelles redoublent d’ardeur pour protéger leurs habitations des dégâts colossaux que l’eau provoque chaque jour. Des hommes et des femmes disparaissent, et personne ne peut rien faire…

Le pessimisme ambiant s’est transformé en véritable terreur. Les fous de Dieu parlent de vengeance Divine, les autres ne savent pas. La perspective de fin du monde, qui faisait rire sous cape l’humanité un mois auparavant prend désormais un sens, et certains ont déjà commencé à préparer leur “grand départ”. Les viols et les agressions gratuites se multiplient, les criminels étant persuadés que plus rien ne pourrait les juger. La terreur se mue en colère, puis en désastre. Tout part en lambeaux. L’homme se rend compte de sa faiblesse face à son environnement. L’homme n’est rien…

J’écris ces dernières lignes du troisième étage d’un immeuble abandonné. Les deux étages inférieurs sont ravagés, le rez de chaussée est complètement inondé. Le niveau de l’eau est impressionnant, environ deux mètres. Je ne sais pas jusqu’à quand je pourrais tenir ici, ni ce qui m’arrivera lorsque la fin sera devant moi. Je ne sais pas…

[...]

Je me suis réveillé dans une chambre. Plusieurs lits d’un blanc éclatant sont alignés à côté du mien. La lumière entre par la fenêtre, et inonde la pièce, le soleil baignant le visage des personnes qui sont avec moi ici. Je suppose que je suis dans un hôpital… J’essaie de me lever, j’y parviens non sans difficulté, et je me traîne jusqu’à la fenêtre. Au dehors, le ciel azur est marqué par la présence de l’Astre Roi, que nous n’avions plus vu depuis 5 mois. La pluie a cessé. C’est un miracle…

La reconstruction sera longue. Les inondations ont causé des dommages incroyables, et l’eau ne s’est pas encore retiré à certains endroits. Le paysage ressemble à celui d’un lendemain d’orage extrêmement violent. Tout est humide, voire complètement trempé, mais les oiseaux ressortent de leurs nids et les gens ont le sourire. Comme je les comprends… J’ai aussi ce sourire, ce sourire béat au travers duquel transparaît une foule de sentiments qui se bousculent, se mélangent et se tirent dans les pattes. Le miracle… Ce mot revient dans la bouche de tous les passants, le miracle a eu lieu. La pluie a cessé.

Nous sommes libres. Nous ne sommes rien.

Dépressurisation

Rêves…

Lorsque j’étais enfant, je rêvais de devenir astronaute, ou pompier. Les étoiles me fascinaient, à commencer par celles que l’on appelle “géantes bleues”, comme Deneb ou Altaïr… L’encre profonde qui liait ces points d’argent m’envahissait et me procurait une sensation indescriptible d’immensité, d’infini… Je me voyais partir, m’approcher de ces boules immenses, jusqu’à les toucher. J’étais comme aspiré par l’Univers, par cet espace intemporel, et je passais des heures à espérer, à apprendre, à rêver…

Idéaux…

Au fil des ans, j’ai peu à peu compris que la notion de normalité en ce qui concerne la vie telle que l’on est censé la vivre était déjà écrite, et immuable. L’existence était régie par des règles invérifiables mais incontestables. S’échapper de ce quotidien préfabriqué signifiait la mort sociale, si ce n’est plus. Je devins alors persuadé que je pouvais devenir une star de la chanson, ou un acteur. J’intégrais une troupe de théâtre, et je montais sur les planches avec une seule idée en tête : jouer aux côté de Tom Cruise ou Julia Roberts. Mes nuits se muèrent en attentes insoutenables, espérant qu’au petit matin une lettre m’attendrait pour m’annoncer que j’étais invité à participer à la dernière production de Steven Spielberg. Je ne dormais plus, mais je rêvais toujours…

Espoirs…

Le temps fait des ravages dit-on, mais ce qu’on oublie de préciser, c’est qu’il détruit également les espoirs d’enfance. Quelques temps après avoir abandonné mes désirs cinématographiques, je me remis en question et mon idée selon laquelle l’argent dirigeait le monde fut confortée par ma compréhension grandissante de la société. Je décidais alors de devenir banquier, afin d’évoluer dans un milieu basé sur l’argent, pour et avec les Dollars. Mon paradis devint le Luxembourg, pays où les banques côtoient les bars et les grands magasins. Cet eldorado devenait si attractif que j’avais pour projet de fuguer, de prendre le train et de m’y rendre afin de m’imprégner de cet environnement si particulier. Un autre univers… Mais j’avais oublié mon Univers d’antan. Cet Univers rempli de quasars et de trous noirs avait disparu de mes espoirs, je rêvais maintenant d’argent et d’insertion professionnelle réussie…

Dépressurisation…

Je ne crois plus en rien. Les songes d’enfance, emplis de bonne foi et de sincérité, sont l’essence même d’un avenir sain et honnête. Ce que notre vie nous réserve n’a plus qu’un sens pécuniaire, et il nous est impossible de le refuser.

J’ai alors décidé de devenir un personnage de roman. Tous mes rêves deviendraient alors réalité, et je pourrais jouer le rôle d’un banquier dans un film tourné sur Deneb. La plume serait mon exutoire, et la page blanche mon espoir…

Peut-être qu’un jour, un enfant émerveillé par les étoiles décidera de suivre la même voie que moi. Peut-être qu’il tombera sur un livre dans lequel je suis le héros, et qu’il me rejoindra.


Maman, plus tard, je veux être personnage de roman…

Mercredi 20 décembre 2006 à 12:14

Insensé... Crie, supplie, mais ne t'enfuis pas. A genoux. Pauvre fou... Rien ne sert de te relever, il faut s'évader à point. Mais avec les deux genoux brisés, comment vas-tu faire ?...

Insensé... Silence. Méfiance. Souffrance. Sensation de solitude
sussurée sans états d'âme... Les "s" sifflent à tes oreilles, symboles renégats d'une révolte de la douleur...

Insensé... Il n'est plus temps de [Le] perdre, aujourd'hui se lève un
jour nouveau, un jour embrasé, porteur d'une rumeur sourde, annonciateur d'un crépuscule sanglant. Il n'est plus temps, il est encore temps. Rien à perdre, tu as déjà perdu.

Insensé... Tes fenêtres de perception du monde se ferment une par une, après avoir battu la poussière pendant un temps interminable. Juste un mot. Crève.

Existences futiles. Vies inutiles. Dénigrer, facile. L'homme.

Je ne veux pas t'entendre t'étendre sur les cendres ou l'étrange lande de l'humanité décadente. Assonnance en "en", comme pour le dedans, ou l'an 2007, mais pourquoi le souligner ?

Nouvelle année, nouveaux désirs, nouvelles déceptions, tout un programme sans télécommande, rends moi les piles pauvre fou. J'ai perdu le contrôle de ma bio-dépendance à la critique, le rêve n'est plus un échappatoire mais une porte de secours rouillée et verrouillée.

Syndrôme post-pubère. Dégénération. Perte totale de l'apparence contrôlée que ton enveloppe corporelle aurait difficilement pu faire ressortir, dans un éclat de mauvaise foi, une étoile qui brille noir.

Ne mens pas, je le lis dans tes yeux.

Lis, tais toi. Imprègnation. Lis, tais-toi. Dépendance. Lis, tais-toi.

La folie affleure. Lis, ne te tais plus, exprime toi. Ta gueule. Sous contrôle de ces quelques mots, quelle dérision ! Fin de la première partie.

"The pathetic remain of a cannibal right", symbole dévergondé de ce délire organisé.

Pourquoi te poser cette question ? Je ne sais pas de quoi tu parles. Pourquoi ne pas m'en parler ? Mais enfin, te parler de quoi ?

Pourquoi tout me cacher ? Je n'ai rien d'autre de caché que mon coeur.

Pourquoi continues-tu à me mentir ? Je ne t'ai pas caché la vérité. Qui es tu, pauvre con ?

LeCtEuR. HaInE. CoNtInUeR. MaSsaCrE. C'est bien de toi dont je parle.

Soumission. Mais pourquoi subir sans se battre ? Parlons de capacités. Parlons de carences. Parlons de toi. Force de caractère, fermer la fenêtre, ne plus lire ces conneries. Non. Pas la volonté. Curiosité ? Voyeurisme, plutôt.

Peinture abstraite, facile. Musique abstraite, envisageable. Mais littérature abstraite, est-ce concevable ? Ouvre les yeux, et ferme ton esprit. Inutile, déjà corrodé. Qui ? Certainement pas moi.

Mais qu'est ce que tu fous encore là ? T'as pas compris ? Le temps ne joue plus en la faveur de l'humanité, l'espace est passé hors des nuées, des limbes et des limites substantielles de l'Univers, plus rien ne tourne rond. Bientôt, le vent soufflera à l'envers.

SuBiS. SoUmIs. Je me répète. SiLeNcE. MéFiAnCe. C'est nouveau, ça.

Plus de temps à perdre avec Ceci, et Cela n'est plus de mon fait. Bon voyage.

Vendredi 17 novembre 2006 à 10:31

Ce n'est pas la première fois que ce blog tombe un peu à l'abandon, mais cette fois-ci plusieurs facteurs privés jouent de leur petits grains de sable... Fréquentation en chute libre, plus d'inspiration, plus trop envie de trouver le temps de m'en occuper non plus, l'oubli me guette.

Ce blog doit-il continuer à (sur)vivre ? A vous, et surtout à moi de voir...

Dimanche 15 octobre 2006 à 15:11

Pas de doute, l'automne arrive...

De nouveaux changements se profilent à l'horizon, de nouvelles aventures, mais je suis partagé entre l'idée de continuer ainsi et l'envie de tout reprendre à zéro, afin de pouvoir enfin savoir où je mets les pieds...

Mushroomhead, "The Doubt"




Je supporte de moins en moins ces situations de porte-à-faux... Vivement que tout soit clarifié, que je puisse enfin y voir un peu plus clair...

Dimanche 3 septembre 2006 à 15:07

Je n'ai plus de rêves, en ce moment. Ou pas un dont je me souvienne au réveil, en tout cas.
[joKeR]

Moi, je ne me rappelle que trop des miens... Il parait que lorsqu'on oublie un rêve, c'est en réalité, qu'il était tellement violent, atroce, choquant, tout ce que tu veux, que ton inconscient te protège et le supprime, pour ne pas que ta vie réelle, consciente, en soit touchée.

Je n'ai plus de rêves. Que devient un homme sans rêves ? Non, je ne parle pas de rêves d'avenir, de rêves d'un avenir qui ne me dépasse que de trop. Je parle bien de ces rêves, manifestations actives d'un subconscient passif, laxiste même. Le rêve est indispensable. Il est nécessaire à notre survie mentale, bien que de par trop détruite irrémédiablement, proie facile de journées sans nom.

Je n'ai plus de rêves. Je ne sais pas si cela me sera préjudiciable, je ne sais vraiment pas. Pas forcément. Peut-être que cette constatation n'aura aucune incidence sur mon existence.

Ou peut-être que si.


Rêves...

Lorsque j'étais enfant, je rêvais de devenir astronaute, ou pompier. Les étoiles me fascinaient, à commencer par celles que l'on appelle "géantes bleues", comme Deneb ou Altaïr... L'encre profonde qui liait ces points d'argent m'envahissait et me procurait une sensation indescriptible d'immensité, d'infini... Je me voyais partir, m'approcher de ces boules immenses, jusqu'à les toucher. J'étais comme aspiré par l'Univers, par cet espace intemporel, et je passais des heures à espérer, à apprendre, à rêver...

Idéaux...

Au fil des ans, j'ai peu à peu compris que la notion de normalité en ce qui concerne la vie telle que l'on est censé la vivre était déjà écrite, et immuable. L'existence était régie par des règles invérifiables mais incontestables. S'échapper de ce quotidien préfabriqué signifiait la mort sociale, si ce n'est plus. Je devins alors persuadé que je pouvais devenir une star de la chanson, ou un acteur. J'intégrais une troupe de théâtre, et je montais sur les planches avec une seule idée en tête : jouer aux côté de Tom Cruise ou Julia Roberts. Mes nuits se muèrent en attentes insoutenables, espérant qu'au petit matin une lettre m'attendrait pour m'annoncer que j'étais invité à participer à la dernière production de Steven Spielberg. Je ne dormais plus, mais je rêvais toujours...

Espoirs...

Le temps fait des ravages dit-on, mais ce qu'on oublie de préciser, c'est qu'il détruit également les espoirs d'enfance. Quelques temps après avoir abandonné mes désirs cinématographiques, je me remis en question et mon idée selon laquelle l'argent dirigeait le monde fut confortée par ma compréhension grandissante de la société. Je décidais alors de devenir banquier, afin d'évoluer dans un milieu basé sur l'argent, pour et avec les Dollars. Mon paradis devint le Luxembourg, pays où les banques côtoient les bars et les grands magasins. Cet eldorado devenait si attractif que j'avais pour projet de fuguer, de prendre le train et de m'y rendre afin de m'imprégner de cet environnement si particulier. Un autre univers... Mais j'avais oublié mon Univers d'antan. Cet Univers rempli de quasars et de trous noirs avait disparu de mes espoirs, je rêvais maintenant d'argent et d'insertion professionnelle réussie...

Dépressurisation...

Je ne crois plus en rien. Les songes d'enfance, emplis de bonne foi et de sincérité, sont l'essence même d'un avenir sain et honnête. Ce que notre vie nous réserve n'a plus qu'un sens pécuniaire, et il nous est impossible de le refuser.

J'ai alors décidé de devenir un personnage de roman. Tous mes rêves deviendraient alors réalité, et je pourrais jouer le rôle d'un banquier dans un film tourné sur Deneb. La plume serait mon exutoire, et la page blanche mon espoir...

Peut-être qu'un jour, un enfant émerveillé par les étoiles décidera de suivre la même voie que moi. Peut-être qu'il tombera sur un livre dans lequel je suis le héros, et qu'il me rejoindra.

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Maman, plus tard, je veux être personnage de roman...

Mardi 16 mai 2006 à 14:56

La première fois que j'avais posté ce texte, on m'avait demandé si j'avais vécu une telle histoire... Ma réponse est simple : ce n'est que de l'imagination...


Peut être qu'un jour viendra ma délivrance... Je ne sais plus ce que je dois faire... Les jours, les nuits se succèdent sans me laisser le temps de les vivre... Comment en suis-je arrivé là ?... Même aujourd'hui c'est si dur de répondre à cette interrogation qui me taraude depuis quelques semaines maintenant et qui chaque jour me rapproche de ma fin... De la fin... De la disparition, du chaos, du retour au néant... Je ne sais plus très bien pourquoi nous sommes tous destinés à ce calvaire. Pourquoi chaque jour qui passe nous rapproche inéluctablement de la fin, de notre fin, de l'instant où tu n'existeras plus, où tu ne seras plus, où tu n'auras même plus conscience de ton état... Ne plus jamais savoir ce que tu es, pour l'éternité, ne plus jamais pouvoir avoir conscience, n'est-ce pas cela, l'enfer ?...

Ca y'est, je me rappelle. Tout a commencé quand j'ai eu cet accident. Je me souviens juste de quelques flashs, de quelques bribes d'éléments furtifs, de cette sensation de me sentir au dehors de mon corps, de flotter, mais tout en étant conscient de mon environnement proche... Je sais que je suis tombé. Du cinquième étage. Je sais aussi que j'ai eu le temps d'apercevoir le soleil, avant de toucher le sol. Comme si le ciel m'appelait, me suppliait de le rejoindre avant que je ne touche terre. Comme si j'étais l'objet d'une dispute entre les Cieux et la Terre, un pantin dont les deux entités divines se disputeraient la garde. Mais ce jour là, c'est le sol qui l'a emporté, dégainant son arme absolue : la gravité. Je me suis écrasé sur l'asphalte brûlant, en ce jour de juillet écarlate, en ce jour où tout a basculé. Je n'ai pas ressenti le choc, seulement un sentiment extraordinaire, comme l'antichambre d'un paradis que je n'imaginais pas. J'ai toujours été athée, pour moi la religion n'a jamais été qu'un échappatoire pour des gens en manque de repères... Mais je dois avouer que je me suis senti un peu lâche au moment où je me suis surpris à supplier le ciel que le paradis veuille bien m'accueillir. Comment suis-je resté lucide, cela, je n'en ai aucune idée. Je ne préfère pas imaginer ce qui se serait passé si j'avais été inconscient. Le plus extraordinaire est que je me sentais en pleine forme, mis à part que j'étais totalement incapable d'esquisser le moindre mouvement. En fait, mon esprit était intact, mais il ne pouvait plus commander mon corps...

Je ne sais plus très bien ce qui s'est passé, mais je me suis réveillé à l'hôpital. Dans un lit. A côté de moi, une jeune fille pâle aux traits fins dormait profondément. J'ai rapidement inspecté mes alentours : je me suis très vite aperçu que j'étais totalement immobilisé, et que je ne pouvais toujours pas commander à mes membres. En fait, je ne pouvais plus rien commander. La seule partie de mon corps encore valide était mon visage. L'autre choc survint quand je levais les yeux vers l'horloge murale. La date y était affichée. Après un bref calcul, il m'apparut qu'il s'était écoulé pratiquement dix jours entre l'instant où je m'envolais à travers la verrière et mon réveil dans ce lit blanc...

Pendant des jours, des semaines, j'ai vu défiler des infirmières, des médecins, des chirurgiens... J'ai été opéré un nombre incalculable de fois, sans savoir pour quelle raison. Car il fallait me rendre à l'évidence : j'étais aussi devenu sourd. Par quel miracle, je ne sus me l'expliquer, mais il s'avérait que c'était la réalité. Petit à petit, je m'enfermais dans mon monde, incapable de communiquer avec l'extérieur. La souffrance de cette solitude me rongeait, inlassablement, et la peur de me rapprocher de l'isolement total me faisait encore plus haïr ce monde que celle de le quitter...

Des mois et des mois plus tard, je fus renvoyé chez moi. Je parvins à comprendre que plus personne ne pouvait faire quoi que ce soit pour moi, que j'étais paralysé quasiment entièrement, et que j'étais sourd (et muet par la force des choses)... Je pense maintenant que ce fut la pire des choses qui pouvait m'arriver. Me retrouver chez moi, dans des lieux que je connaissais par coeur, entouré de gens que j'aimais, mais sans pouvoir interagir avec ces éléments était la matérialisation de la souffrance absolue. J'étais incapable de faire quoi que ce soit tout seul, je ne pouvais plus RIEN FAIRE, JE N'ETAIS PLUS RIEN... Seulement une chose, dans un endroit pourtant si familier, mais une chose dont on s'éloignait petit à petit, une chose qui n'avait plus grand intérêt, finalement...

Ce que les hommes peuvent être ingrats. Je me retrouve aujourd'hui à l'article de la mort, sans rien ni personne pour me soutenir... J'ai été abandonné... Mais qui voudrait d'un légume...

Est-ce que cette torture va durer encore longtemps ? Je veux m'en aller, quitter ceux que j'ai aimé, mais qui m'ont fait tant de mal... Mais en même temps, j'ai peur de cet instant, du moment ou je ne pourrais plus exister, exister, exister... Que veut dire ce mot, exister ?... Est-ce être soi-même ? Est-ce avoir eu le malheur de naître ici ?...

Je ne sais plus... L'espoir m'a déjà quitté il y a bien longtemps... Je pars, maintenant...

Lundi 1er mai 2006 à 15:04

Je ne descends pas mes poubelles. Forcément, je ne suis pas dans un appart, mais chez mes parents. Je vote à gauche, mais la gauche est périmée. Remarquez, je continue à voter à gauche. J'ai ouvert un blog pour poster des trucs pas drôles et pleins de vrais morceaux de science dedans, mais cela n'a pas duré longtemps. J'ai vite dérivé vers le blog fourre tout, et me voici en train d'écrire sans le moindre but.

De mon temps, les jeunes avaient plus de respect pour les règles. Oui, j'avoue, je ne suis pas si vieux que ça. En fait, je ne suis pas vieux du tout. Mais j'ai été jeune avant les jeunes d'aujourd'hui, bien que je sois encore jeune - mais moins jeune que les jeunes dont je parle. Vous n'avez pas suivi ? Ah, de mon temps, les jeunes suivaient. Toujours est-il qu'ils se couchent à pas d'heure, regardent la télé sans arrêt, répondent aux parents et s'achètent des fringues chez Jennyfer. Je ne sais pas ce qui est le pire, mais je pencherai pour les fringues. Enfin, pour Jennyfer.

Tiens, parlons-en de... non, laissez tomber.

Ce post n'a pas plus d'intérêt que celui de vous laisser lire jusqu'à la fin en vous demandant quelle connerie je vais encore bien pouvoir sortir. J'avoue, ce n'est pas un intérêt très intéressant. Il paraît que certains ogres racontent encore plus de conneries que moi, mais cela reste à vérifier.

Ma tendance à l'auto-dérision tournée en forme d'enchaînements cornéliens scandés par une ponctuation régulière et impitoyable m'amène à oser une pensée plus stupide encore que le tas informe demeurant au dessus de ces quelques lignes, si tant est que l'on puisse encore parler de tas concernant des mots entassés (oui, c'est contradictoire) : vous n'avez rien compris à ces derniers mots. Je vous avouerai que j'ai également du mal à me relire, mais c'était volontaire. Je précise tout de même que cette phrase alambiquée à souhait possède un réel sens.

Oui, c'est déjà fini.

Mardi 4 octobre 2005 à 22:01

Article posté le 23 Janvier 2005, et malheureusement toujours d'actualité...


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L'utilisation d'une œuvre  sans l'autorisation préalable de son auteur constitue un délit civil et pénal.

Contrefaçon
L'article L 335-3 du Code de la propriété intellectuelle dispose que toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, constitue une contrefaçon.

L'auteur a le choix entre exercer des poursuites civiles - pour obtenir des dommages et intérêts en contrepartie de son préjudice moral et patrimonial - ou intenter des poursuites pénales sur le fondement du délit de contrefaçon passible au maximum de deux ans d'emprisonnement et un million de francs d'amende.

Ce délit concerne aussi bien les œuvres de l'esprit protégées par le droit d'auteur que celles qui donnent prise à des droits voisins (droits exclusifs reconnus aux artistes interprètes, aux producteurs de phonogrammes, de vidéogrammes ainsi qu'aux entreprises de communication audiovisuelle).    

<    ATTENTION    >

Plus souvent qu'il ne se l'imagine l'homme de la rue et, à fortiori, celui du "net" se trouve confronté à la présence d'œuvres qui surviennent dans notre quotidien sans formalité, ni dépôt, par une sorte de génération spontanée. -art L 111 -1 al. 1 du CPI-

Qu'est-ce que le droit d'auteur ?

C'est celui qui s'applique à toutes les "oeuvres de l'esprit" quel qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination. (art. L 112-1 du CPI*)

Les droits d'auteur (et droits voisins) s'appliquent aux oeuvres susceptibles d'être utilisées sur un site Web et s'imposent pleinement aux utilisateurs même en cas d'exploitation à des fins pédagogiques.

Pour pouvoir intégrer dans un site Web des œuvres numériques, de quelque nature qu'elles soient (photo, tableau, poème, texte, chanson, etc.), de même que pour pouvoir les reproduire sur le disque dur d'un ordinateur (pour un usage autre que celui strictement privé) ainsi que pour pouvoir les consulter (autrement qu'à titre privé ou dans le cadre d'une représentation dans le cercle "étroit" de la famille), les utilisateurs doivent impérativement obtenir une autorisation écrite des titulaires de droits sur cette œuvre, mentionnant expressément les utilisations autorisées, tant dans leurs étendues, leurs destinations, leurs localisations et leurs durées. - art. L 131 - 3 du CPI
[...]

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** En résumé : pour pouvoir copier des textes sur votre blog, il vous faut citer la source, ou ne pas le faire... **

Lundi 3 octobre 2005 à 12:34

Devant la recrudescence d'intérêt pour ce mouvement, et entre ceux qui le dénigrent, ceux qui en disent n'importe quoi, et ceux qui l'expliquent, je me vois obligé de donner mon avis sur le sujet. Etant plus ou moins proche de ce mouvement, j'estime être assez bien placé pour en parler à peu près correctement. Petite compilation de tout ce que j'ai déjà posté à ce sujet :

Premier post
"Digression gothique"

Le gothisme... Qu'est-ce ? Selon certains, la signification réelle de ce mot serait à jamais perdue... Je vais tenter d'apporter mes connaissances, aussi limitées soient elles, si tant est qu'il existe des lecteurs prêts à découvrir le peu que j'ai à dire...

Le gothisme, de nos jours, est le descendant des courants de pensées post moyen-âgeux, à travers la bourgeoisie de l'époque, la chevalerie, la galanterie, la poésie, l'art, la littérature, la mode androgyne, les vêtements cuir-dentelle serrés ou flottants, la beauté pâle des femmes et de leur teint de peau blanc mis en valeur par la couleur de leurs vêtements, la noblesse des hommes et de leurs valeurs chevaleresques...

Savez vous d'où vient le fameux "teint blanc" des gothiques ? Durant la période post moyen-âge, les femmes se blanchissaient le teint à la chaux et se faisaient un front très haut et sans cheveux grâce à de l'eau de chaux appliquée sur la chevelure au niveau du haut du front. C'était un signe de noblesse, mais c'était surtout une souffrance assez importante pour les femmes. Le fond de teint blanc vient de là, et les maquillages noirs sont apparus après, toujours pour provoquer le contraste avec le teint du visage.

Il y a une chose qu'il faut savoir, entre autres, c'est que la mode vestimentaire n'est pas indispensable au véritable gothique. Il survivra si il se montre hors de chez lui habillé normalement . Mais les pseudo-gothiques que l'on voit fleurir de plus en plus dans nos villes se sentent obligés de se fringuer en noir avec des clous partout. D'une part, le noir n'est pas forcé d'être la couleur dominante chez un gothique, étant donné que le gothisme est fortement associé au romantisme, d'où le noir pour la mort, le rouge pour l'amour, le blanc pour la pureté. Et d'autre part, être gothique ne se limite pas à s'habiller différemment, loin de là. C'est tout d'abord adhérer à un courant de pensée, à un mode de vie, à un mouvement concret, à tout ce que j'ai décrit plus haut. Les gamins dont je parle ont l'impression qu'en ressemblant aux gothiques, il seront considérés comme tels. Mais c'est faux, et non seulement c'est ridicule mais en plus c'est atrocement irrespectueux des vraies valeurs du gothisme.

L'autre point sur lequel on peut discuter est la musique. C'est fortement lié à la culture et à l'identité gothique, et encore une fois la musique a un lien avec les origines du gothisme. De nos jours, avec l'apparition des guitares, des synthés, etc etc, la musique gothique a évolué, mais sans oublier ses véritables racines. Des groupes comme Paradise Lost, Lacuna Coil, Theater of Tragedy, Katatonia, Tristania, et j'en passe, respectent la philosophie de la musique gothique, avec leur rock opéra, leur métal symphonique, et autres classifications modernes de leur musique. Plus tard, le Black Metal a été associé lui aussi au gothisme. Ce n'est qu'en partie vrai, car la violence prônée par ces groupes n'est pas représentative de l'esprit gothique, indépendantiste et décalé. Mais beaucoup de détails rapprochent naturellement le Black Metal du gothisme, tels les façons de voir la vie, les passions, ou même à la rigueur les vêtements, bien que cela ne soit pas une marque réelle de gothisme, comme je l'ai déjà dit.

Le gothisme n'est pas dangereux. Ce n'est pas le "fléau" décrit pas les émissions telles que "Zone Interdite" ou par les médias, désignant Marilyn Manson comme un coupable. Et d'ailleurs Marilyn Manson n'est pas réellement assimilable au mouvement gothique. Plutôt rock glam, il a beaucoup de caractéristiques qui le rapprochent de cela, mais il n'en fait pas vraiment partie, notamment à cause de certaines paroles violentes, ou encore de sa provocation, alors que le gothisme est discret. Tous les médias s'accordent à définir le gothisme comme un mouvement psychologiquement instable, potentiellement dangereux, et source de nombreux drames. Mais c'est faux !! Totalement faux !! Non seulement le gothisme est anti violence, mais de plus ce sont les gamins psychotiques plongés dans le faux gothisme et livrés à eux-mêmes qui crééent cette image ! Je m'explique : comme je l'ai déjà cité, les adolescents qui s'identifient au gothisme croient le faire parce qu'ils sont décalés, mais il ne connaissent absolument RIEN à ce que cela représente, le gothisme. Et ces gamins là agissent de la sorte parce qu'ils sont sans repères, sans vie affective. Ils deviennent dangereux à cause de leur passé, pas à cause de leur look ! Leur choix de se fringuer en noir n'est absolument pas suffisant pour les déclarer gothiques, les assimiler au diable, et cracher sur le gothisme ! L'homme a toujours eu peur de ce qui est différent, et le gothisme en fait partie. C'est dommage...

Je crois que j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur ce sujet, et j'espère que cela aura intéressé quelques lecteurs...

Deuxième article
"Réponse à [Censuré]"

Je préfère me taire quant à ta notion du véritable gothisme, lié à l'esprit chevaleresque post moyen-âge, au romantisme, à l'art en tant que représentation ou encore aux couleurs... Enfin, je me fais mentir, je viens d'en parler... Alors pourquoi ne pas disserter très rapidement ?...
Le gothisme est un dérivé des courants de pensée et philosophie de la fin du moyen age. L'élégance toute androgyne, le teint blanc et le front haut synonymes de pureté intellectuelle notamment...
Hé oui ! Le gothisme, qui d'ailleurs à cette époque n'était pas qualifié de la sorte, est à l'origine réservé à une élite intellectuelle. Il revint en Allemagne au début des années 1900, pour exprimer une révolte envers les codes "modernes". Ainsi naquit la communauté gothique Européenne, et avec elle la renaissance d'un art mis à l'écart, d'un mode de vie tout altruiste, mais d'une conviction de supériorité surnageante.
Le gothisme prône l'art comme l'un des seuls moyens d'expression, les couleurs ne s'arrêtent pas au noir monochrome mais englobent le bleu, le pourpre, le blanc, le rouge, le violet...  Le gothisme rejette toute forme de religion, considérée comme une bassesse d'esprit. Le gothisme par conséquent rejette également toute cérémonie satanique (aucun lien, bien au contraire, entre gothisme et satanisme), tout sacrifice ou tout rite mortuaire ; ainsi que de violence. Ce n'est pas pour cela que l'occulte n'attire pas, mais sans aucun rapport religieux. De plus, l'esprit "morbide" n'est pas plus présent chez les gothiques que chez les autres. Par exemple, un cimetière peut être un lieu de rendez-vous, non pas pour l'aspect morbide, mais pour la puissance émotionnelle et artistique que dégage un lieu chargé de mysticisme comme un cimetière.
Pour terminer, petit point de détail concernant les cibles de ton article : beaucoup de jeunes paumés et sans repères, qui s'enfilent des dépressions fondées ou pas, cherchent une normalité pour ne plus être considérés comme anormaux. Car dans le monde "normal", ils se sentent différents, donc anormaux. Alors, voyant de l'extérieur, et sans connaitre le gothisme, un milieu différent, ils vont y chercher une normalité toute fictive. Mais ils discréditent le gothisme, et donnent une image totalement faussée de cette philosophie de vie. Ceux là sont méprisables, haïssables à souhait. Et ceux là, je prends toujours plaisir à les croiser sur mon chemin pour mieux les détruire, les annihiler...

Troisième article
"Commentaire trop long"

[Censuré] : Ok, tu veux jouer dans la cour des théoriciens, alors je vais m'y mettre.
Désolé de te décevoir, mais il y a bel et bien vrai et faux gothique, comme il y a vrai et faux t-shirt Lacoste. Le véritable mouvement gothique, né au début du siècle en Allemagne, puis repris par les courants Batcaves en Angleterre, est issu des fondements de la vie bourgeoise à la fin du Moyen-Age. Les mots chevalerie, romantisme, androgynie, galanterie te disent quelque chose ? Parfait, car ce sont des parties intégrantes de la philosophie de vie gothique ; et il y en a bien d'autres. Le gothisme est un mouvement culturel, artistique, et une façon de voir la vie qui diffère de celle de la société actuelle. Bien évidemment, il n'est pas viable de vouloir appliquer les codes gothiques à n'importe quel moment de nos jours, à moins d'être marginal, ce qui est le cas des véritables gothiques. Eux sont les "vrais", pour reprendre le mot qui fâche.
Le gothisme s'est divisé, étiolé, plusieurs courants sont apparus comme le Gothic Lolita (influence Japonaise), le Néo Batcave (Anglais), le Goth-Punk, et d'autres encore. Et tout le reste... Par opposition au vrai - attention, voici de la réthorique d'ascenseur - il y a le faux ; et donc par voie de conséquence tout le reste est faux, ou sonne creux si tu préfères.
Mais dans le faux on trouve les cibles de mon article, à savoir des jeunes, principalement ados, qui s'identifient à un mouvement qui les dépasse grandement. Lorsque l'on se sent anormal, chercher une normalité devient une porte de sortie ; et l'on se dit "tiens, ces mecs habillés en noir et tout et tout ils sont pas normaux, mais si je suis comme eux je serais normal pour eux". Thèse de la normalité par l'anormalité, tu voulais des arguments, sers toi. Parfois, la véritable cause de leur mal-être remonte à leur enfance, leurs problèmes familiaux, et bien d'autres drames. Mais de plus en plus, c'est pour faire comme la copine qui s'est acheté un bracelet à clous, et c'est encore pire. A l'arrivée, on obtient des copies conformes des stars un tant soit peu décalée, mais clonées seulement au niveau du look, carnage culturel et cibles d'articles tels que le mien.


Comme vous l'aurez remarqué si vous avez TOUT lu, je me répète, mais c'est logique... Trois articles différents pour dire trois fois la même chose ; toujours est-il que vous avez ainsi l'occasion de lire une vision à peu près complète du gothisme. Du "vrai".



Dimanche 26 juin 2005 à 18:37

Posté le 14 Janvier 2005

Parlons de neutralité... Parlons de cet état qui peut aussi bien qualifier un corps qu'un raisonnement, dans la langue courante...
Définition française : état médian entre deux ou plusieurs choix, qualifié de "neutre", c'est à dire qui ne prend pas position.
Et pourtant... Bien des choses ont pu être déclamées sur la neutralité, notamment sur le plan de la neutralité militaire... Bref, j'en arrive à mon point crucial : il ne faut pas oublier une chose, la plus importante :

La neutralité n'existe pas...


Fait surprenant s'il en est, mais pas tout à fait exact. Pour être rigoureux, elle existe en mathématiques. Mais c'est bien le seul domaine où la neutralité a un sens, et surtout où elle existe. Dans le sens le plus littéraire de la chose, il nous est possible de le démontrer par un raisonnement qui implique la remise en cause de certains principes. Au travail !

1. Neutralité dans le débat

Je cherche donc à montrer que lors d'un débat, d'une discussion ou tout simplement d'un échange verbal, la prise de position est inévitable. Supposons donc le contraire : partons du principe que la prise de position est facultative, en d'autres termes que la neutralité existe bel et bien. Oublions l'affirmation ci-dessus, pour le temps de ma démonstration, j'affirme : la neutralité existe. Ainsi, prenons un exemple.
Si j'affirme que la neutralité existe, certains diront "oui", d'autres "non". Ces deux catégories de personnes contredisent d'emblée cette existence, puisqu'elle prennent position. Explications :
> Si je discute de la non-existence de la neutralité et que vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous prenez position, donc que vous me permettez d'affirmer que j'avais raison.
> Si vous êtes d'accord, cela revient au même, mis à part le fait que vous ne vous contredirez pas.
> Reste le cas inévitable de celui ou celle qui finira par comprendre que la réponse qui pose problème est : je n'ai aucune opinion là-dessus. Ce qui revient à dire "je suis neutre" quant à cette discussion.
En d'autres termes, vous n'avez pas d'opinion lorsque j'affirme que la neutralité existe. Vous êtes donc la preuve vivante de ce que j'avance. Mais cela voudrait signifier que pour que ma théorie soit vraie, il n'y ait pas de contre-exemple. Extrapolons doucement.
Pour qu'il n'y ai aucun contre-exemple, il faudrait donc que tout le monde soit neutre sur cette question. Et c'est là que la clé réside : à moins d'un excès de mauvaise foi absolument gigantesque, personne ne pourra me dire que moi-même, je suis neutre sur la question, puisque c'est faux, étant donné que je cherche à démontrer... le contraire, donc à prendre position !
Un contre-exemple suffit, par suite mon affirmation "la neutralité existe" est fausse. Résultat... Elle n'existe pas !

2. Neutralité dans la vie

Essayons de généraliser. Je prouve ci-dessus que la neutralité n'a pas sa place dans une discussion. Généralisons sans trop se mouiller : lors d'un débat qui appelle une quelconque prise de position, personne n'est neutre. Ce point sera développé un peu plus bas. Mais lorsque je veux globaliser cette théorie à "la vie" dans son intégrité, je me heurte à quelques difficultés. En effet, la notion de neutralité est présente sur bien des points.
Prenons un exemple assez simple : les Verts jouent contre les Rouges en finale de la Coupe de l'Univers. Vous même ne suivez absolument pas la compétition, et en réalité vous vous en foutez. Dans ce cas précis, on peut considérer que vous êtes neutre, mais en réalité vous ne l'êtes pas vraiment puisque vous ne connaissez rien à cette Coupe, donc vous ne pouvez pas avoir d'opinion. Nous parlons donc de capacité, et non pas... de neutralité !
Deuxième cas : vous êtes un fan des Bleus, éliminés par les Jaunes en quart de finale. Par conséquent, le résultat n'a aucune forme d'importance pour vous. Vous vous proclamez donc "neutre". En fait, vous ne serez neutre que si vous ne vous intéressez pas non plus au résultat. Car si ce résultat vous intéresse, autrement dit si le score vous intéresse (même si vous affirmez vous foutre éperdument de savoir qui des Verts ou des Rouges va gagner), alors vous rentrez dans le débat concernant le score. Résultat... vous n'êtes plus neutre, situation de discussion.
Troisième cas, assez symptomatique de ce genre de situation : je ne vous l'ai pas dit, mais les Bleus ont en fait été éliminés en demi-finale par... les Rouges ! Vous aurez donc beau affirmer que le résultat vous importe peu puisque les Bleus ne sont plus là, cela vous ferait énormément plaisir que les Verts écrasent ces sales Rouges... Prise de position !
Pour conclure je reviens sur le second cas : ma théorie globale n'est en fait pas exacte, puisqu'il existe un cas où vous serez "neutre" dans un certain sens : celui où vous ne prêtez pas attention à ce qui est en cause, que cela soit par ignorance ou par manque d'intérêt. Mais ce n'est pas réellement de la neutralité, puisque pour pouvoir prendre position (ou ne pas prendre position) sur un sujet, il faut s'y intéresser. Ce qui signifie que cette neutralité n'en est pas exactement une.

3. Mais pourquoi se dit-il neutre ?

Vous êtes en train de lire tout cela, et vous vous dites peut-être "C'est faux ce qu'il dit ; l'autre jour, quand j'ai demandé son avis à Jojo, il n'en avait pas... Donc il était neutre !"... Je précise que cette opinion contre mon développement nous amène à l'argumentation en partie I... ;)
Mais passons. Jojo a effectivement déclaré ne pas avoir d'avis lorsque Michou lui a demandé si il pensait que Caro était jolie. Et plus généralement, les "je m'en fous", "je n'ai pas d'avis" et autres sont monnaie courante dans la vie réelle. Mais réfléchissez bien à la dernière fois que vous avez dit "je m'en fiche". Etais-ce vraiment le cas ? J'oserais affirmer que non. Je m'explique : lorsque Jojo a entendu la question de Michou, il a sourit intérieurement. "Elle est affreuse" a-t-il pensé (ce n'est qu'un exemple ; je précise que toute ressemblance avec des personnages réels serait absolument fortuite et totalement involontaire !)... Mais ce bon vieux Jojo n'a pas voulu dire à Michou la vérité, pris d'affection pour son vieil ami un peu candide.
Et ce n'est qu'un exemple. Ici, c'est la gentillesse qui a joué sur la pseudo-neutralité. Parfois, cela sera la jalousie. De temps en temps, la naïveté. Et tant d'autres sentiments.
En résumé, j'avancerais une théorie un peu plus hardie : si la non-existence de la neutralité ne transparait pas dans ce genre de cas, c'est parce que les sentiments prennent le dessus. Théorie autant hardie qu'hasardeuse en vérité, mais qui me parait assez proche de la réalité. A méditer...

En conclusion, je reprends mon affirmation de départ, maintenant étayée :

La neutralité n'existe pas...

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