Mardi 29 mars 2011 à 15:48

Ecrire sous la pluie...

L'encre s'échappe, l'eau ruisselle sur le papier comme les mots le long de cette ligne. Il est si courant d'écrire pour ne rien dire, il est beaucoup plus rare d'écrire et de regarder partir ses mots, maux délivrés par ces quelques gouttes de pluie. L'image me plaît, elle m'inspire, tout comme l'averse qui tombe sur mon âme et sur mon stylo, remède à ma nostalgie. Latente, sourde et méfiante, elle me hante depuis des années sans que je sache pourquoi. Que fait-elle dans mon esprit ?

Ecrire sous la pluie...

Je crois en la valeur de l'instinct, je crois en l'absence du destin. Finalement, je ne sais qui croire.

Et si j'arrosais cette prose, pour voir si elle pousse ? La croissance végétale comme référentiel verbal à mon insolence scripturale. Finalement, écrire sous la pluie ne signifie pas seulement contempler l'évasion dans son sens le plus métaphorique. C'est aussi entendre, écouter le rythme lancinant des ogives minérales qui s'écrasent alentours, sur un environnement dont je ne maîtrise même plus les contours.

Je crois en la méfiance.

Ecrire pour la vie...

Echappatoire surfait, remède contrôlé mais jamais administré. L'écriture automatique n'est qu'un artefact inventé par quelques satanés littéraires dont l'égo n'a d'égal que celui de l'arrogante impuissance. On ne va pas se le cacher, merde, tout est calculé. L'auteur invente, crée, écrit, mais jamais n'autorise son esprit à de tels vagabondages, si ce n'est pour baigner dans la médiocrité d'un non-sens permanent. Quelle futilité...

Mais si, pourtant, l'auteur laisse filer sa plume.

Parfois sous la pluie...

Vendredi 2 juillet 2010 à 0:48

A tous mes amis sportifs, comédiens ou simple spectateurs, ou les trois ensemble dans certains cas... Je vous offre le mot que nous a laissé Jacques Weber, rôle principal sur le tournage sur lequel je travaille en ce moment. Cette lettre hautement acide et si vraie, reproduite ici au mot près. A savourer sans modération...

""

Le Monde est Ballonné, la Coupe est Pleine, la France a des bleus partout, des Blacks sans Beur et des blancs de poulet.

Ils ne sont pas onze ni 23, ni chanteur obligé et Maladroit(e), "Mal à gauche" aussi d'ailleurs de la Marseillaise ; sans short et en pantalon, sans crampons aux pieds, mais tous des têtes à tacles, sans maillot mais staff cravateux et costardisé, stade de France à l'Elysée.

Ils sont cinquante sur les lignes avant mais, à coup de réformette, d'avocasserie, d'opinionade ; ils ne jouent qu'en défense. A part le nain qui les dirige, ils sont tous autour de la cage. Il n'y a ni but ni mouvement. Des cartons rouges et jaunes s'amoncellent dans le Quart Monde et "les restos du coeur" et, dans la cage, un chapon fait cocorico.

Cette équipe de France, oui il faut la réformer, celle qui ne marque aucun but, les ballons perdus ont l'air de zéro pointé à l'infini...

"Tais toi pauv' con" devrait titrer l'Equipe. Dans les chiens écrasés, c'est comme ça qu'on appelle les faits divers, on saurait que le gars qui n'a pas voulu serrer la main du mari de la chanteuse dont "pourtant quelqu'un m'a dit..." qu'il était LE représentant de la France, s'est vu mettre en taule.

Le monde joue au football et la France n'est pas qualifiée.

Pourtant ce n'est qu'une histoire de mômes qu'ont pas un rond au début. Elle est là l'affaire d'état ; dans la poussière de la misère et pas après dans celle de l'or ; il s'agissait de sable, de zone tracée à pied nu, de but délimité par des cartables entassés. Il y a les Maquignons qui débarquent et Matignon qui suit.

Il est obligatoire de siffler la Marseillaise.

La France a une équipe prétentieuse, humiliante, sale comme les crèmes pour bronzer plus vite.

Merd'in France, caca boom chantait Dutronc. C'est l'hymne qu'il faut, celui que je propose pour et contre l'entraîneur national de l'Elysée. C'est lui qui devrait se confesser à Roselyne Bachelot qui a de plus en plus d'onctuosité et le tailleur sacerdotal.

Oui, la France est éliminée, c'est dans la cour de récré, sur les plages des Calanques, à la lumière triste des nocturnes des stades de banlieues qu'il faudra tout repenser. Penser ! Enfin et surtout.

Soyons vigoureux, bandus et clairvoyants et les nains de jardin seront la risée des petits oiseaux et les copains des escargots.

Enfin mes amis, je n'ai pas l'impression vaniteuse d'avoir marqué un but, mais simplement, d'avoir, avec vous tous et grâce à vous, reconquis une part de dignité. Ici, oui, je crois que je pourrai m'en aller en chantonnant la Marseillaise.


Jacques Weber

""


Merci à Jacques pour ce morceau de littérature improvisée, je le cite avec le plus profond respect.

Samedi 31 octobre 2009 à 4:11

Écris, écris, car telle est ta survie. L'angoisse de la page blanche, comme l'acteur sur ses planches qui de loin est le plus mal loti. Engouffre toi dans le tourbillon de tes pensées, crache les mots comme un exutoire insensé, une douce folie.

Écris, écris, là où somnole l'oubli. La vérité d'un poète malhabile, déversant sa haine volubile sans tenir compte de tous ces avis. N'hésite plus à décrocher la lune, ne te penche plus au delà de l'infortune, ton aurore luit.

Écris, écris, sans penser aux soucis.

Car telle est ta survie.

Jeudi 23 juillet 2009 à 0:23

"A new dream brought to you by PHARMADEUS"

L'immense affiche a envahi les rues des grandes villes du monde entier. En dessous du slogan, une photo du Pape qui tient dans la main droite un crucifix, et dans la gauche une boîte contenant le fameux miracle : le "Fill Engine", que l'on peut traduire en "Machine qui remplit". Selon le laboratoire, le paquetage comprendra l'objet en lui-même, une notice explicative aussi longue que techniquement difficile à comprendre pour un profane, et un livret vantant les mérites du catholicisme. Le prix a également été fixé : 23 990$, ce qui équivaut à peu près à 15 000€ en cette année 2013 où l'économie mondiale s'est indexée depuis peu sur la monnaie commune européenne. La sortie de crise des années 2009 à 2010 a au moins eu le mérite de centrer les échanges commerciaux et les grands sièges de multinationales en Europe, ce qui fait du Vieux Continent la nouvelle place forte mondiale. Les Etats-Unis ont bien sûr tenté de reprendre le contrôle de l'économie, mais leur système archaïque a eu raison d'eux : les voici désormais dépassés. Les grandes nations asiatiques, quant à elles, ont poursuivi leur expansion fulgurante et la Chine pointe désormais dans les toutes premières puissances planétaires. Cette même Chine a d'ailleurs refusé en bloc l'apparition du Fill Engine sur son territoire, provoquant une immense vague de protestation populaire, à laquelle le gouvernement a répliqué par des arrestations arbitraires et des tirs sur civils. Personne ne sait quelle issue ce conflit interne peut prendre, mais certains analystes évoquent déjà l'implosion de la République Populaire de Chine, minée par la corruption et les passerelles douteuses vers le pouvoir politique.

Tom n'était pas dupe, il était persuadé que ces événements ne changeraient pas la donne dans un pays où le contrôle de la population était devenu le sport national préféré des hommes de pouvoir. Cet ingénieur français expatrié à Pékin depuis plus d'un an n'avait désormais plus qu'une idée en tête : quitter le pays et revenir à Lyon avant que les forces armées ne déboulent dans les rues pour remettre de l'ordre.

Amoureux des cultures asiatiques depuis son adolescence, Tom avait réalisé son rêve en décrochant son premier job d'ingénieur en Malaisie, puis il avait eu l'opportunité de partir en Chine et n'avait pas hésité une seule seconde. Climat, langue, rapports humains, histoire et croyances, tout l'attirait dans ce pays. Il ne prêtait pas vraiment attention aux torts politiques qui secouaient la nation depuis des décennies, il n'était pas né là-bas, de toute façon. Mais ça ne l'empêchait pas de garder un oeil sur les débordements éventuels, après tout il valait mieux ne pas se retrouver au beau milieu d'une guerre civile.

Et ce qu'il voyait là ne l'enchantait pas vraiment. Quitter la Chine n'était pas dans ses projets originels, ou en tout cas pas aussi tôt. Il se retrouvait dans une situation délicate : prendre le risque d'être pris dans une tourmente dont il savait qu'aucun résident ne pourrait y échapper, ou laisser ce pays qu'il aimait tant et retourner en France. La deuxième solution lui paraissait plus raisonnable, et il préférait se mettre à l'abri. C'est ainsi qu'au matin du 3 février 2013, il prit son billet pour Paris, avec toutefois la ferme intention de revenir une fois que tout ça se serait calmé.

***

Un peu partout dans le monde, des voix commençaient à s'élever pour réclamer des preuves de l'efficacité de la découverte de Pharmadeus. Le Fill Engine avait beau être médiatisé à outrance, personne n'en avait encore vraiment vu la couleur, et même les plus enthousiastes se mettaient à en douter. Au milieu de cette tempête, Aurélien devait faire le tri entre les vraies et les fausses informations. C'était doublement difficile, d'une part parce que la seule source d'information était le Vatican et qu'on pouvait toujours penser qu'il s'agissait d'une erreur ou d'une supercherie, et d'autre part parce que ses connaissances en médecine et en biologie moléculaire étaient limitées, comme tout quidam dont ce n'était pas le métier. Il avait alors décidé de se plonger dans des encyclopédies, des articles et des traités de médecine afin d'essayer de se faire sa propre idée des faits. Il mettait ainsi en jeu des milliers d'euros, sous la forme d'actions volatiles et dont la valeur sans cesse en hausse était accrochée à des espoirs plutôt qu'à des certitudes. Mais ça ne l'effrayait pas, il aimait ce risque permanent, cette façon de jouer avec un argent qu'il ne possédait même pas réellement.

***

C'est dans ce climat général de suspicion que Pharmadeus a décidé, le 1er février 2012, de publier un communiqué afin d'apporter des précisions à sa découverte.

"A tous les peuples de notre Terre,

Vous le savez, nous sommes à l'orée d'un changement extraordinaire, d'une avancée plus importante encore que la découverte du feu par nos ancêtres. Nous allons entrer dans une nouvelle ère, un monde où l'homme repoussera les limites de son propre corps. Le miracle est proche, le Fill Engine est en phase expérimentale mais ses effets ont d'ores et déjà été prouvés par nos laboratoires et nos équipes de tests.

Imaginez un instant qu'une simple blessure, une fracture, une brûlure ou un accident corporel n'aient plus aucun sens. Imaginez que votre corps comprenne qu'il a été agressé, et qu'il soit capable de se réparer tout seul et à une vitesse incroyable, sans laisser aucune séquelle. Imaginez qu'il puisse se régénérer.

N'imaginez plus, le Fill Engine sera très bientôt disponible. Nos chercheurs ont créé cet implant capable de diffuser un matériel à la fois génétique et robotique qui aide le corps à se régénérer. Notre foi nous a mis sur la voie, et cet implant est un miracle de Dieu.

Soyez prêts pour la plus grande avancée de tous les temps. PHARMADEUS détient désormais la solution.
"

Ce communiqué a au moins eu pour effet de faire hurler la planète entière. Trop vague, trop ambitieux, mêlant prosélytisme et prétentions scientifiques, les réactions ne se firent pas attendre. Tous les laboratoires pharmaceutiques qui voulaient participer aux tests redoublèrent de zèle pour attirer l'attention de Pharmadeus. Une bonne partie des hésitants se rallièrent à la réalité prônée par le Vatican. Ceux qui n'avaient pas changé d'avis et restaient plus que jamais sceptiques essayaient de se faire entendre en étalant des faits scientifiques plus ou moins fondés. Une chose était sûre : quoi qu'il se passe, jusqu'au fin fond des contrées les plus reculées, on ne parlait plus que de ça...

Mercredi 1er juillet 2009 à 15:44

Et voici le début d'une nouvelle fiction, avec en toile de fond tous les ingrédients que j'ai l'habitude d'utiliser... C'est parti pour un projet qui pourrait m'occuper pendant un bon moment.


Les Observateurs


Paris, le 12 janvier 2013

"La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Des milliers de gens sont sortis spontanément dans les rues, certains pour manifester leur joie, d'autres pour crier au scandale. On apprend qu'une cinquantaine d'interpellations ont eu lieu entre 14h et 20h rien que dans la capitale, et plusieurs incidents ont opposé les manifestants à des forces de l'Ordre visiblement étonnées de l'ampleur qu'ont pris les événements. Désormais, une question capitale se pose : sommes-nous à l'orée d'une incroyable découverte qui pourrait révolutionner le destin de l'humanité ?"

Londres, le 14 janvier 2013

"De plus en plus d'interrogations sont soulevées par des scientifiques de tous les pays du monde. La plupart restent en effet sceptiques face à l'annonce de la découverte faite par le laboratoire Pharmadeus, qui comme chacun le sait est détenu à 94% par le Vatican. L'Eglise Catholique prétend avoir dépensé des sommes astronomiques d'argent afin d'arriver au résultat que Pharmadeus nous présente aujourd'hui. La grande majorité des laboratoires pharmaceutiques leaders du maché mondial appellent à la vérification des résultats et à des expertises indépendantes. Tous se proposent pour réaliser ces tests, et tous espèrent en secret confirmer les résultats et s'attribuer une part du gâteau qui, si l'incroyable nouvelle est confirmée, promet d'être colossal."

Bordeaux, le 18 janvier 2013

"Le calme est revenu sur le site de l'Université des Sciences Humaines, où les étudiants avaient barricadé les amphithéâtres afin d'affirmer leur mécontentement. La thèse du complot religieux a rapidement été retenue par la quasi totalité des futurs médecins et pharmaciens, qui se sont dès aujourd'hui décidés à entamer des recherches afin de prouvé l'infondé des allégations de Pharmadeus, qu'ils jugent scandaleuses."

***

Difficile de se faire sa propre idée, au milieu de cette cacophonie médiatico-scientifique. Alexis, du haut de ses 28 ans, avait du mal à garder la tête froide, son occupation principale n'étant pas pour arranger les choses. Il était ce qu'on appelle un boursicoteur, un trader indépendant, l'un de ces gens qui passaient le plus clair de leur temps à suivre les valeurs boursières, à investir et à revendre, à surveiller les cours du marché. Les actions qu'il possédait dans la plupart des grands groupes pharmaceutiques mondiaux avaient explosé, et il se retrouvait virtuellement détenteur d'une jolie petite fortune. Maintenant, il fallait réagir très rapidement, et choisir l'une des deux voies qui s'offraient à lui : continuer de spéculer sur ces titres en prenant le risque de perdre gros dans le cas d'un effondrement brutal, ou tout revendre et toucher un beau pactole, mais peut-être inférieur à ce qu'il aurait pu toucher quelques jours voire quelques semaines plus tard.

Il se retrouvait donc à suivre les actualités scientifiques, son choix boursier étant désormais lié aux expertises menées sur la fantastique découverte. Si elle s'avérait réelle, c'était le jackpot. Bingo ! Suffisamment d'argent pour voir loin et sans trop se poser de questions. Mais si l'annonce était en fait une vaste supercherie, ou simplement une erreur expérimentale, il faudrait être extrêmement lucide et espérer ne pas avoir trop d'actions à revendre. Alexis épluchait donc les rumeurs, les communiqués plus ou moins officiels, il écumait le Net à la recherche d'une information plus fiable que les autres. Son intérêt premier était purement financier, et il était tellement pris dans cet engrenage qu'il avait à peine accordé de l'intérêt à la formidable avancée que pourrait représenter la découverte pour l'humanité...

[A suivre...]

Mardi 23 juin 2009 à 11:06

Je contemple ce vide autour de moi... Ils m'ont tous abandonné, ils ont sans doute eu peur. Oui, ils ont eu peur, je crois que c'est la solution qui me rassure. L'autre éventualité me glace le peu de sang qu'il me reste, l'idée qu'ils auraient pu me laisser là par intérêt me trotte dans la tête mais je la chasse à chaque fois qu'elle fait irruption dans mon esprit.

Comme deux balles dans mon dos.

Je ne sais plus très bien ce qui s'est passé. Un trou noir, un coup puis deux, une chute, le goût du bitume froid qui se mélange à ce sang, le mien peut-être, comme du métal dans ma bouche. Et je suis allongé sur le dos, quelqu'un passe, me voit. Je veux l'appeler, je veux lui signifier que j'ai besoin d'aide. Comme s'il avait besoin de ça... Mais je ne peux pas, je n'arrive même plus à bouger. Et tout à coup j'entends parler d'arme, de balles, de mort.

Personne ne m'en veut sur cette putain de planète, personne pour me tirer dessus, et pourtant je suis là. Incompréhension, frustration, tout se mêle, danse et s'entrecroise dans mon corps, un peu comme une flamme irrégulière mais pourtant si translucide. Voilà, c'est cette lucidité dont je parle, je commence à comprendre mais je ne veux pas connaître la fin de l'histoire.

Rester ici devient pénible. Je ne sens plus rien, je ne peux toujours pas bouger, comme si je contemplais mon propre corps déposé sur un sol souillé. J'ai peur, à présent. Que vont-ils devenir ? Je pense à ses yeux glacier et à nous deux, intensité rare et pourtant paradoxale. Je pense à ce passé si riche et cette fin qui n'a toujours pas été écrite. Je pense à ces paroles en l'air, ces mots lancés comme deux balles dans mon dos.

Deux balles. Deux coups. Je crois que j'ai enfin la solution. Tout ça, toutes ces paroles, toutes ces rumeurs et ces coups en douce, comme deux balles dans mon dos. Mais pourtant, la blessure est bien réelle, et le sang coule. Pourquoi ?

Abattu par toutes ces conneries. La vie est injuste, parfois.

J'entends au loin une mélodie rassurante. Je sais maintenant qu'une sirène si agressive peut devenir douce et apaisante. On vient me chercher.

Je serai encore là demain. Peu importe le nombre de cicatrices.

Comme deux balles dans mon dos.

Lundi 8 juin 2009 à 16:45

Le vent s'est levé, la pluie a cessé. Depuis six jours, le soleil se cache et la nuit a pris ses quartiers d'hivers.

C'est absurde... Je ne pensais pas vivre une fin du monde. J'ai déjà vécu une fin de millénaire, rendez-vous compte. Mais aujourd'hui, les coqs ne chantent plus la lumière, et les oiseaux volent à l'envers.

Le diable aurait pu descendre en personne sur Terre, cela ne m'aurait pas surpris. Les démons des premiers jours auraient pu enlever l'humanité sans que cela me surprenne outre mesure. Un fait divers.

Mais aujourd'hui, les coqs ne chantent plus la lumière.

La rue n'est plus qu'un étalage d'artifices, un hypermarché du rachat, ou comment chercher un moyen de se rassurer au crépuscule de la vie. Les Eglises vendent leurs services et leurs paradis, subitement grand ouverts.

J'ai déjà vécu une fin de millénaire.

La fin. Elle s'approche, nous la sentons tous. La colère a laissé place à la résignation. Je sens jusqu'au plus profond de mon âme la signification d'une extinction, d'une mort, d'une prison de bois et de verre.

Le diable aurait pu descendre en personne sur Terre.

Terrible sentiment que celui du dernier instant. A peine le temps d'écrire ces lignes. Un froid glacé me saisit le coeur, le froid de l'horreur, de la Peur sombre, celle qui hante l'humanité depuis l'aube de la vie. Je veux me battre, résister, c'est peine perdue je le sais, mais tant qu'il me restera un souffle je ne me laisserais pas faire.

Je veux crier, je veux appeler de l'aide, mais je ne peux pas.

Un fait divers.

Mardi 13 janvier 2009 à 0:30

Je suis retombé par chance sur quelque chose que je croyais avoir perdu : l'intégrale de c0wvivor en un seul volume. C'est donc un joli PDF de 73 pages, illustré par les soins de talentueux dessinateurs, et relatant l'incroyable aventure de c0wvivor. Bon, si vous avez moins de deux ans d'ancienneté sur la plateforme Cowblog (qui s'appelait d'ailleurs encore à l'époque c0wb0ys), vous ne pouvez pas avoir connu en direct cette saga, que j'avais écrit en 14 épisodes au cours du printemps 2006, en postant un épisode à peu près toutes les semaines. Plusieurs habitués du crayon avaient également décidé d'illustrer certaines scènes, ce qui a donné au final ce beau PDF qui rassemble tous les épisodes en une seule et même histoire.

La particularité de l'histoire est qu'elle met en scène uniquement des auteurs de blog, dont un bon nombre ont désormais quitté la plateforme. Mais les plus emblématiques sont toujours là, et je suis sûr que ça leur fera plaisir de replonger dans ce souvenir. Pour tout vous dire, nous en étions même arrivés à organiser une petite rencontre réelle à 5 (Atom, Margritis, Samantha, Morgoth et moi), afin de réunir "pour de vrai" les protagonistes de l'histoire. Comme quoi, parfois l'écriture rassemble... D'ailleurs mon petit Atom, je te signale que j'ai l'intention (et ENFIN les moyens) de venir passer quelques jours chez toi sous peu, disons quelques semaines, un ou deux mois tout au plus.

Enfin... Quoi qu'il en soit vous pouvez toujours vous lancer dans la lecture du gros pavé, il vous manquera peut-être certaines informations, il vous manquera sûrement l'ambiance qui régnait à l'époque, mais vous pourrez comprendre sans problème.

Petit rappel des personnages... Ceux qui sont toujours là ont droit à leur lien.

Le noyau dur des mercenaires : Atom, Margritis, Samantha, Morgoth, Demon, Ankou, Count et moi-même.
Les principaux second rôles : Goldice,
DarkmoOn, Bastnic, Aveuh, Nelizpuce
Les autres second rôles :
Lalie, Splatch, Toine, Balltongue, Maud, Bubus, Pure, Granny, LateLament

Et le fichier PDF maintenant...

Mercredi 7 janvier 2009 à 1:18

Un extrait MSN perdu dans la nuit...



joKeR

pour moi ça se résume à "elle est partie"
avec quelques détails comme "elle n'arrivait plus à gérer la distance"
ou encore "et pourtant elle m'aime encore"
et "je ne peux rien y faire de toute façon"
ça complique la remise en forme

Bat

oui
et puis tu ressasses tout

joKeR

et puis tu compares à ce que t'as déjà vécu dans le même genre
et quand tu te rends compte que t'arrives même pas à intégrer l'idée qu'elle soit partie
tu te dis que t'es grave dans la merde

Bat

et il ne doit pas y avoir de solution, sinon tu serais pas là
enfin je suppose

joKeR

pas de solution non
n'existe pas la solution
juste des litres de larmes depuis 4 jours
pas de sommeil
pas d'appétit
et là tu te dis que t'es grave
que faut que tu te calmes
mais t'y arrives pas
c'est paradoxal d'ailleurs, parce que tu sais mettre une étiquette sur ce qui t'arrive
c'est le même comportement négationniste de quelqu'un qui a perdu un proche
la négation de la réalité, et par intermittences la vérité qui te prend en pleine gueule

Bat

mais c'est dans les tripes

joKeR

et qui t'écrase

Bat

jpense que le pire dont je me souviens c'est d'avoir rêvé/oublié que tout s'était passé
et de me réveiller

joKeR

oui, sans doute horrible, je l'ai pas vécu mais j'imagine un peu

Bat

ça me fait chier de parler de tout ça
je suis pas d'un grand réconfort
mais bon

joKeR

t'es toujours plus proche de ma réalité que la plupart des crétins qui te disent "si tu veux parler je suis là"

Bat

tant mieux j'ai envie de dire
j'ai sans doute pas vécu ta situation, mais une qui s'en approche je pense
c'est toujours unique
peut-etre que reprendre ton blog
je sais pas
mais moi, je serais content de te lire



Peut-être que reprendre mon blog...

Mardi 24 juin 2008 à 13:23

1h05.

La vie semble s'être arrêtée. Le silence est le seul bruit qui parvient à mes oreilles, les autres ayant décidé de dormir. La nuit noire éclaire mon insomnie, je réfléchis et pense à tout à fait autre chose. Plus que quelques heures avant le lever du soleil, qui comme moi se lève à l'Est, et déjà la pluie tombe doucement, tout comme je pourrais tomber du lit.

1h06.

Pourvu que le jour ne pointe pas le bout de son réveil. Chaque minute qui passe me rapproche de la minute qui suit, et celle d'après suit également. Où se trouve la fin du cycle ? Je rêve d'un sens caché, du sixième qui change tout, qui connaît, lui. Il connaît la faim, la fin du cycle.

1h07.

J'entends encore ces mots. Les gens qui ne m'aiment pas n'ont pas le courage de me le dire en face. J'entends encore ces paroles rapportées, lui qui a dit ça et l'autre qui ne l'a pas dit. Mais il n'en pense pas moins. Tout le monde le sait, sauf lui peut-être. Et lui. Et lui et eux tous, ils ne sont pas capables d'être francs, et par devant ils sont hypocrites. Je préfère l'inverse.

1h09.

Deux minutes, une éternité ! Ce fut dur.

1h10.

Il faut fuir l'envie, fuir le réel, fuir le quotidien. Rien de plus simple que de beurrer une tartine, encore faut-il posséder un couteau à bout rond. Cela s'applique également à cette considération macroéconomique qu'est le prix de l'essence. Rien de plus simple que de beurrer un moteur, encore faut-il posséder un portefeuille à bout rond. Souvenez-vous, le moteur et la tartine sont frères.

1h11.

Est-ce que le moteur tombe toujours du côté beurré, lui aussi ?

1h15.

On n'arrête plus le progrès.

1h16.

Pouf, une minute de trop. Non, c'est vrai quoi, impossible de chroniquer correctement si le temps joue sa propre partition solo. Je suis un compositeur, un amoureux de l'emphase lexicale. Et rien ne sert d'écrire, il faut tailler sa plume à point. Mince, c'est vrai, c'est un clavier...

1h20.

Elle me manque.

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