Bien vu, ça faisait très longtemps que je n'avais pas posé les doigts sur mon clavier dans le but de laisser une trace ici. Mais bon, puisqu'on est un 29 février, que ça n'arrive qu'une fois tous les quatre ans et que j'ai un peu de temps devant moi, toutes les conditions se voient réunies pour un petit article qui, probablement, ne va servir à rien mis à part à te faire croire que ce blog n'est pas encore tout à fait mort. Si tant est que quelqu'un tombe dessus.

Ceci dit, l'excuse du 29 février m'en procure une autre : ce serait alors la remise en question quadriennale. Tu sais, ce truc qui pourrait ressembler à de l'introspection si c'était raconté à un psy à 200 boules la séance, mais qui finalement ne ressemble qu'à une longue plainte déchirante sur un blog (un blog ?) perdu quelque part sur le net. Mais je ne parle pas de moi, en fait. Je parle des autres, oui parce que Sartre n'avait pas tout à fait tort, finalement.

En fait, autant s'adresser à un moi imaginaire, cela n'en sera que plus smooth. ARRÊTE AVEC TES ANGLICISMES À LA CON.


Combien de personnes ont disparu de ton champ de vision aujourd'hui ? Combien avaient l'habitude de te sourire, et maintenant t'ont tourné le dos sans aucun remord ? Combien ont même oublié jusqu'à ton existence, et ont brutalement refait leur vie loin de ceux que tu pensais être leur ami, toi y compris ? Tu pourrais en citer un, deux, dix. Plus encore peut-être. Et maintenant, avec le recul, tu sens, tu sais, tu vois que d'autres prennent également ce chemin et qu'ils ne vont pas tarder à te montrer leur cul et partir au loin, sans même se retourner.

Comment, tu pensais que l'amitié, que les liens qui unissent les gens, aussi simples soient-ils (les liens, pas les gens... enfin...), représentaient un peu plus que deux verres qui s'entrechoquent en soirée ou qu'un souvenir à raconter ? Tu pensais que lorsque l'on donne de sa personne, on pouvait décemment penser recevoir par la suite ? Quel naïf tu fais. Bien qu'en fait, ton erreur ne sois que partielle. Ainsi, tu reconnais les gens que tu pourras appeler dans vingt ans pour leur raconter que tu t'es cogné ce matin dans une vitrine chez Carrefour et que ça a fait marrer ton fils - ou plus simplement parce que tu auras leur numéro, ce qui est déjà pas mal. Ceux-là, je dis pas. Tu as également fini par comprendre que la majeure partie des gens qui t'entourent sont des connaissances de passage, et que tu n'attendras jamais rien de plus de leur part. Mais ce sont ceux qui sont entre les deux qui t'interrogent.

Ceux qui pourraient être de la première catégorie, ceux qui l'étaient d'ailleurs. Ou en tout cas qui te semblaient l'être. Des gars, des nanas, des plus jeunes, des plus vieux, il y en a pour tous les goûts, y'a pas d'règle ma bonne dame. Comme quoi ce n'est pas lié à une époque ou à un phénotype (wikipédia est ton ami, petit branleur). Ils sont partis, ils sont restés, dans les deux cas ils n'existent plus. Enfin non, TU n'existes plus. Fin. Ton espoir est non recevable.

Bon. Alors tu as essayé plusieurs choses, notamment le je-me-rappelle-à-ton-bon-souvenir, mais si souviens toi on a pêché des lieus jaunes ensemble ou on a pleuré l'un dans les bras de l'autre, ou inversement. Après tu as essayé l'indignation, mais tu ne pouvais pas t'indigner trop longtemps ni trop fort envers des gens qui ont RÉELLEMENT compté, eux. Puis tu t'en renfermé, et tu t'es dit que le temps arrangerait peut-être les choses, que ces personnes ne pouvaient pas indéfiniment refaire leur vie, quel culot.

La vérité, c'est que tu as tout faux. La vérité, c'est qu'ils t'ont pris pour un poireau, sans rien de péjoratif pour un poireau bien sûr. Et maintenant, maintenant... Tu sais, pour une bonne moitié ils sont conscients de leur éloignement, ou tout du moins ils l'ont été. Bon, les autres ne sont que des bons connards et des bonnes pétasses, mais ça tu le savais déjà. Et de fait, cette distinction ne devrait pas exister. Tu perds du temps à faire du cas par cas, tu ne vas pas y passer ta vie, d'autres choses t'attendent, et si on t'a tourné le dos sans même un regard, c'est qu'on n'était pas en phase avec ce que tu pensais. Tu croyais que c'était un échange, c'est vrai pour toi mais pas pour tout le monde. Et ceux qui fonctionnent de manière unidirectionnelle ne sont pas tes proches, point. En fait ils devraient te faire penser à des supporters de football, aussi cons et aussi hypocrites. Tant que l'équipe gagne, on l'aime. Dès qu'elle perd...

Alors stop. Si tu passes autant de temps à te demander ce que pensent ces gens ou comment ils peuvent ne pas voir qu'un effort offert (mo-mo-motus) est un cadeau précieux, c'est que tu n'as pas le même caractère qu'eux, et que tu dois maintenant réagir de manière plus simple : fais la route avec les tiens.

Et les autres, tu peux leur chier dessus.