Mercredi 18 février 2009 à 19:09

Dans le cinéma...

Dans le cinéma tout le monde se tutoie, parce que toute façon les réas et autres régisseurs sont aussi mal lotis que les acteurs. Alors à quoi bon se vouvoyer...

Dans le cinéma, on ne compte pas ses heures. Et si on voulait les compter, on ne dormirait même plus.

Dans le cinéma, quand on n'est pas en tournage, on compte les heures. Et c'est long.

Dans le cinéma, tu peux dire à un acteur qu'il est mauvais, parce que de toute façon t'en as toujours 5 autres de prévus sur le casting.

Dans le cinéma, on n'aime pas les gens du théâtre, parce qu'ils surjouent. Et quand quelqu'un surjoue, c'est pas du cinéma.

Dans le cinéma, on achète beaucoup de cafetières, et on fait du café imbuvable. Parce que plus il est fort, moins on compte les heures.

Dans le cinéma, on achète les clopes en Espagne. Si on devait les acheter en France, les prods ne voudraient pas nous financer, ça leur coûterait trop cher.

Dans le cinéma, l'assistant réa fait la merde que le réa ne veut pas faire. Le second assistant réa fait la merde que l'assistant ne veut pas faire. Et le régisseur fait la merde qui reste.

Dans le cinéma, y'a pas de passants, de foules, de vrais gens. Y'a que des figurants et des silhouettes.

Dans le cinéma, tout le monde se met à gueuler dès qu'on coupe la caméra. On relâche la tension, on s'exprime.

Dans le cinéma, on aime ce qu'on fait, parce que si on n'aimait pas, on ne serait que des gros connards insomniaques.

Dans le cinéma, on méprise la télévision, à part les réas qui font des docu-fictions pour les chaînes câblées. Parce que dans la télévision, on méprise le cinéma.

Dans le cinéma, on vient tous d'univers différents. De la pub, des clips, du théâtre, de la télé. Du coup le problème c'est qu'on est méprisé, et qu'il faut faire ses preuves.

Dans le cinéma, on ne parle jamais à l'ingé son, parce qu'il n'entend rien. Il entend juste le claquement d'une portière à 500m du plateau.

Dans le cinéma, on mange des pâtes sous des chapiteaux, et on n'a même pas le temps de bouffer le dessert parce que le tournage doit reprendre.

Dans le cinéma, on a toujours du retard. Si un tournage est dans les temps, c'est que les acteurs sont mauvais. Si un tournage est en avance, c'est que tout le monde est mauvais.

Dans le cinéma...

J'adore mon boulot. Finir à des heures pas possibles, préparer les plans de tournage et les feuilles de service du lendemain parce que personne n'y a pensé, aller chercher les acteurs parce qu'il ne savent pas où on caste, boire du café et fumer des clopes, dire "moteur... ça tourne... action !" à peu près 75 fois par jour, coller un figurant dans un coin et l'oublier là, tourner, tout simplement.



Mardi 17 février 2009 à 13:00

"Tiens donc, et si je cherchais la recette de cette bonne vieille mayonnaise sur Internet ?"

Tout est parti de cette phrase entendue (et réécrite pour les besoins de la science) au hasard d'une conversation. Je vais élaguer un peu le sujet de cet article : avant et après Internet, les idiots et les cons.

Petit constat : avant l'avènement généralisé d'Internet dans nos foyers et la disponibilité quasi totale de l'information de quelque nature qu'elle soit, un idiot était un idiot. S'il n'avait pas de connaissances dans un sujet, il ne pouvait que constater l'étendue de son ignorance, et éventuellement trouver un bon samaritain qui aurait accepté de lui fournir quelques informations. Ainsi, on savait que Robert était un idiot, mais que Jean-Eudes avait une grande connaissance des coléoptères d'Amérique du Sud, tandis que Sylvie et Chantal savaient réciter l'alphabet Russe à l'envers sur le bout des doigts. Chacun possédait son domaine, et c'était tant mieux : un électricien ne faisait que des travaux sur les installations électriques, et pas de la plomberie/chauffagerie/toiture/mécanique/dentiste/neurochirurgien/psychiatre/éboueur. On pouvait appeler un chat un chat...

Aujourd'hui, la donne a changé. Le grand, le beau, l'omniscient Internet est apparu dans nos vies quotidiennes, et le consulter  lorsque l'on veut apprendre quelque chose est devenu un réflexe. Google, Wikipédia, dictionnaires et traducteurs en ligne, voilà autant d'outils désormais passés dans les usages courants, bien que - mais ceci est une autre histoire - souvent affreusement mal utilisés.

Et avec cette nouvelle distribution des cartes, l'on pourrait croire que tout le monde a accès au savoir universel, et que par conséquent les idiots sont en voie de disparition. C'est là que je veux intervenir. D'abord, et c'est évident pour à peu près tout mes lecteurs (enfin je l'espère), beaucoup d'informations ou de professions ne seront jamais explicitées sur Internet. On ne s'improvise pas médecin ou cinéaste, rien ne remplace les études ou les années de pratique. Et je n'ai pris que deux exemples, mais la liste est longue.

Non, mettons de côté tous ces cas professionnels et concentront nous sur des données beaucoup plus légères, beaucoup plus accessibles. Le commun du prurit anal de l'académicien improvisé rassemble toutes ces idées autour d'un seul et même concept : la culture générale, terme qui - vous l'aurez compris - n'a aucune signification pour moi. Quoi, la culture générale, c'est un peu comme une dégustation : on essaie de tout goûter, mais de toute façon on n'y arrive jamais faute de temps, on ne peut pas juger ce que l'on goûte faute de mélanges, et on finit toujours par se taper une chiasse monstrueuse.

Bref, je vous épargne ces détails. En gros, l'idée maîtresse que je veux développer ici, c'est que n'importe qui peut prétendre s'improviser une culture générale assez vaste. Et c'est là que l'on tombe dans le piège. Pour commencer, partons du principe que les gens qui ont écrit ce que vous voyez sur Internet sont comme vous, ils ont appris leur savoir quelque part. Par conséquent, sur 500 sites qui proposent une recette de mayonnaise ou qui vous expliquent l'acoustique du piano à queue, vous allez sans doute trouver au moins 250 versions différentes. Et d'ailleurs, il n'y en a pas tant que ça qui soient bonnes ou mauvaises, certaines divergences ne sont pas incompatibles avec la qualité du traitement du sujet.

Nous voici au coeur du problème. Ces divergences sont lues et enregistrées - à peu près - par des milliers d'idiots. Il se trouve que X a lu la version 1, et que Y a lu la version 2. Dans cet exemple, considérons comme explicité juste au dessus que les versions 1 et 2 sont correctes, et que les différences qui existent ne nuisent pas à la compréhension. Maintenant, X et Y discutent de ce même sujet, et chacun est persuadé que SA version est la bonne. Oui parce que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais une fois lue, la version devient celle du lecteur, la sienne à lui. "Et MOI je te dis que..." oui bah t'aurais mieux fait de te taire.

Bref, un dialogue de sourds. Sur ce, arrive Z qui connait les deux versions, et même une variante, que l'on appellera 2' (oui bon, c'est juste pour le kiff de mettre un 2', parce qu'au final on s'en fout complètement). Il assiste attentif au débat enfiévré qui anime la conversation entre X et Y. Et lorsqu'il va vouloir intervenir pour dire aux deux protagonistes qu'aucun des deux n'a raison ni tort, on lui dira d'aller se faire mettre.

En fait, qu'est-ce qui se passe vraiment ? On assiste à une appropriation des savoirs par des idiots finis, qui se transforment du coup en cons. Et le con est nettement plus emmerdeur que l'idiot. L'idiot, au moins, il savait ce qu'il savait et il restait dans ses clous. Le con, lui, pense savoir beaucoup plus de choses que ce qu'on lui a filé dans son package de base, et se la joue science infuse. Le problème c'est qu'au delà de la véracité ou des divergences de l'information en ligne, rien ne remplace le savoir transmis en tête à tête. Et non, je ne parle pas ENCORE de cul...

Finalement, le con est en passe de remplacer l'idiot, et ce n'est pas prêt de s'arranger. Alors je m'adresse à vous, jeunes parents, et à vous, grands frères et grandes soeurs de ma génération et plus âgés : supprimez l'accès Internet à vos enfants et à vos frères et soeurs cadets. Il y va du salut de l'humanité.

Sur ce, je file en cours faire du tête à tête.

Vendredi 13 février 2009 à 14:19

Petit bilan de ces trois jours sur Paris, qui se sont soldés par trois soirées avec des Cowbloggeurs :

- Lundi 9 février : soirée avec Sam et INC, rien que du beau monde. Si vos oreilles ont sifflé ce soir là, vous savez désormais pourquoi.
- Mardi 10 février : soirée avec Jehial, Anadyomene, Yavana, Enj0y, Exupery, Serviteur et Sam. De la bouffe chinoise, de la bière parisienne, des exploits divers et variés. On retiendra d'ailleurs les petits cubes de gélatine qui rebondissent dans l'assiette.
- Mercredi 11 février : soirée avec Jehial, Anadyomene, Yavana, Enj0y, Mattk, Akio et Marc. Cocktails, pizzas et re-bières. Ah oui, et seins aussi. Décidément...

Quelques instantanés...

http://joker.cowblog.fr/images/montage.jpg
De gauche à droite et de haut en bas :

...

Et non, pas de noms. Mais bon c'est facile, hein.


Au final, je remercie tous ceux que j'ai pu voir d'être venus. J'ai passé de très bon moments, et... vous allez me manquer bande de nordistes !

Mercredi 4 février 2009 à 18:53

Bon, j'ai trouvé mon hébergement sur Paris pour la semaine prochaine (voir article précédent). Je serais donc dans la capitale du 9 au 12, ce qui laisse quelques opportunités de voir des gens. Après discussion avec Jehial, nous avons prévu d'aller boire un coup (ou deux) soit le mardi soir (le 10) soit le mercredi soir (le 11).

Ma question est donc la suivante... Sachant que finalement je ne pense pas être à la rencontre du 21, y a-t-il des gens intéressés pour se joindre à nous ? Et du même coup, j'invite tout particulièrement ceux qui ont eu l'amabilité de me répondre par la positive pour l'hébergement... Bref, plus on est de fous, plus on rit, et ça fera une mini-rencontre. Au fait, vous pouvez proposer le jour que vous préférez entre le mardi et le mercredi, histoire qu'on fixe une date.

Mardi 3 février 2009 à 19:45

Je recherche un(e) parisien(ne) qui puisse m'héberger la semaine prochaine, pour trois nuits : du lundi 9 au mardi 10, du mardi 10 au mercredi 11, et du mercredi 11 au jeudi 12... Je serais à priori en reportage au palais des congrès pendant ces quelques jours, donc j'en appelle à mon "réseau parisien" pour un coup de main en ce qui concerne l'hébergement...

Merci de vous manifester au plus vite si vous êtes dans la possibilité de m'aider !

Dimanche 1er février 2009 à 16:20

Ha ! Je viens de lire quelque chose qui me fait bien sourire, et pleurer à la fois. Vous savez, à propos des groupes Cowblog, ce concept qui déchire les passions et les opinions... J'ai créé un groupe quasiment dès la sortie de la v3, intitulé Bastards, et dont le but se résume aux quelques mots d'introductions que vous pouvez voir sur la page du groupe. Pour les mous du clic, voici la retranscription : "A l'opposé des groupes Facebook, à l'opposé des groupes tout court, ici nous sommes des vieux cons, et nous le revendiquons. Articles venimeux, commentaires acides, tags corrosifs, etc. Nous connaissons notre valeur, et (l'absence de) celle des autres. We are Bastards."

Et aujourd'hui, je tombe par hasard sur un groupe voisin, très voisin du mien dans son contenu. Ce vilain plagieur s'intitule Mysanthropia (tout le travail sur le nom a déjà été fait par Lost sur cet article) et tente de revendiquer la même attitude glaciale. Bon, avouons-le, c'est nettement moins bien réussi, mais ça il fallait s'en douter, on ne peut pas se la jouer élitiste quand on dessine des petits chaperons rouges sur son blog (je parle ici bien sûr du créateur du groupe, que je ne nommerais pas pour des raisons purement administratives).

Plusieurs conclusions sont à tirer de cette curieuse similitude. Premièrement, l'élitisme et l'égoïsme font désormais recette auprès des jeunes un tant soit peu paumés. Quoi, c'est tendance, c'est classe, c'est beau gosse tu vois. Ca le fait d'être différent, surtout quand on pense que sa différence vient de son cerveau - qui ne dépasse pas le poids d'un bon poulet fermier, n'oublions pas de le resituer. Deuxièmement, il ne suffit pas de prêcher la bonne parole pour être le seul en son église, comprenez par là que j'ai beau être le premier sur Cowblog à avoir joué de cet esprit revêche, il y aura toujours des gens pour penser qu'ils sont les seuls à être si originaux. Troisièmement, je vois dans ce groupe certains membres que j'avais refusé dans le mien (hé oui, ça se mérite d'être méchant), ce qui m'amène à penser que d'aucuns ne rêvent que d'une chose, c'est d'être catalogués. Finalement, ça revient au premier point : être catalogué, c'est hype, c'est cool, c'est fun, c'est différent donc c'est Bien. Je pourrais me lancer dans un grand couplet sociologique sur le culte de la différence et son interprétation - souvent biaisée ou mal exprimée - à travers les générations, mais je l'ai déjà fait et ce n'est pas le but ici.

Non, plus sérieusement, la mode ça craint. Si maintenant même les philosophies de vie se voient copiées et truquées pour ne devenir que de pâles ersatzs, où va le monde, je vous l'demande ma pov' Simone !

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