Lundi 30 avril 2007 à 19:51

Je veux bien être conciliant avec mon ami Nicolas Sarkozy, mais là tout de même, y'a des limites... Quand je lis que ce cher candidat à la présidentielle s'est fendu d'une "larme à l'oeil" lorsqu'il a raconté une anecdote certes touchante, mais n'ayant aucunement sa place dans un meeting de campagne, ça me met hors de moi.

C'est le même Sarkozy qui, il y a 20 ans, initiait l'un des plus grands mensonges d'Etat en affirmant aux Français que le nuage radioactif provoqué par l'explosion de la centrale nucléaire Ukrainienne, à Tchernobyl, s'était arrêté avant nos frontières...
Lorsque l'on sait que c'est complètement faux, et qu'il a dont délibérément lancé un énorme mensonge organisé, couvrant ainsi des centaines de pathologies apparues dix ans plus tard, on a de quoi se poser des questions. M. Sarkozy était alors chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au ministère de l'Intérieur.

Enfin, le type il va faire son humanitaire en parlant de la mort du père d'une fillette, mais il a quand même cautionné l'irradiation de milliers de citoyens. Quel beau connard quand même.

Vendredi 27 avril 2007 à 14:29

Pas trop le temps de poster en ce moment, pas trop le temps de faire grand chose tout court. Je n'aurais à priori pas de temps libre avant mardi, fête du travail.

Prévisions à court terme : un peu de c0wvivor sur la moitié sud, tandis qu'au nord tout est calme.

Allez, aux rames galérien, la route est longue mais la pente est forte. Ah, non, elle est pas de moi celle là.

Lundi 23 avril 2007 à 16:51

Le "grand sud ouest" a massivement voté à gauche, c'est un fait. Peut-être est-ce la raison pour laquelle notre opinion du candidat UMP Nicolas Sarkozy est mauvaise, voire franchement déplorable. Mais en dehors de cette couleur politique locale, il y a certains points qui devraient choquer l'ensemble de la population, fanatiques mis à part.

Parmi ces points, l'un des plus récents reste les déclarations de M. Sarkozy sur l'existence de gènes favorisant la caractérisation de tel ou tel comportement. Par exemple, comme il l'a affirmé, il existerait un gène de la pédophilie, conditionnant notre avenir dès la naissance. De même, et c'est plus grave encore, sa déclaration sur le "gène du jeune suicidaire" a de quoi enflammer les esprits. Jugez plutôt, je cite : "
Ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupé ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité."

Cette déclaration est gravissime de la part d'un candidat à la présidence de la République Française. Non seulement elle déresponsabilise les parents en jugeant les enfants comme indépendants de l'éducation parentale, mais en plus elle réveille de vieux démons. Rappelons que le régime totalitaire de l'Allemagne durant les années 30 parlait de "tares génétiques", ce qui se rapproche dangereusement des déclarations de Nicolas Sarkozy.

D'un point de vue strictement scientifique, il a été plusieurs fois prouvé que la détermination génétique était un sujet extrêmement complexe, et qu'en aucun cas on ne pouvait affirmer que nos comportements soient influencés par notre ADN. Si on y réfléchit bien, il n'est donc pas interdit de penser que notre vie soit conditionnée par nos gènes, mais ce comportement se rapproche dangereusement de l'eugénisme, philosophie visant à améliorer l'espèce humaine par les gènes.

Ne soyons pas alarmistes : il ne s'agit pas ici d'eugénisme. En revanche, la porte est ouverte à tous les raccourcis... Imaginez qu'un membre de votre famille soit condamné pour pédophilie : par extension, le matériel génétique se transmettant de génération en génération, vous pourriez être surveillé de près dans chaque situation vous mettant en contact avec des enfants ! Et ce n'est qu'un exemple.

Le fait que ces déclarations existent n'est pas le plus grave, finalement. Ce qui est dramatique, c'est qu'elles aient été prononcées par un homme qui brigue la direction d'un pays. Là, cela devient vraiment dangereux...

Lundi 23 avril 2007 à 1:15

Bon... Vous l'avez peut-être tous déjà vu, les résultats du premier tour des élections présidentielles sont assez éloquents. Un peu plus de 30% des voix pour Nicolas Sarkozy, qui réalise ainsi un des plus gros scores jamais enregistrés sous la cinquième république, et quasiment 26% pour Ségolène Royal, qui lave ainsi l'affront du 22 Avril 2002. Retour donc au clivage traditionnel gauche/droite, mais avec cette fois-ci des candidats jeunes (à peine plus de 50 ans) qui veulent tous deux incarner un profond changement.

François Bayrou, candidat de l'UDF, réalise quant à lui un très bon 18,5%, le triple de son score en 2002. Il apparaît plus que jamais comme le troisième homme, celui dont les reports de voix vont peser très lourd dans la balance. Car avec plus de 6 millions de votants en sa faveur, il va être le personnage politique le plus courtisé de ces deux prochaines semaines. Il faut s'attendre à une lutte sans merci entre le léchage de bottes de la droite envers l'UDF - qui a d'ailleurs déjà commencé - et le faux désintéressement de la gauche, clairement orienté cependant.

Les "petits candidats" sont plus que jamais petits, avec 8 des 12 présidentiables en dessous des 5%, Olivier Besancenot arrivant en tête de ceux là, autour des 4,3%. Important également, l'effondrement du FN n'en est que plus rassurant : les électeurs ont compris la leçon. Le fameux vote utile a ainsi coulé tous les prétendants à une solution alternative, et a nettement dégagé trois tendances, celle du FN ayant été largement écornée.

Alors... Que faut-il retenir de ces résultats ?

1. Un taux de participation dantesque

Avec près de 85% des inscrits ayant voté, le taux de participation est mémorable, et même historique. Pourquoi cette mobilisation sans précédent ? Plusieurs explications sont possibles. La première est évidente : la campagne a été longue, voire très longue, et assez animée. Par conséquent, tout le monde en a forcément entendu parler, et a pu s'y intéresser assez facilement. La deuxième est liée à la première : l'émergence de la puissance d'Internet en tant que média secondaire a fortement contribué à la longueur et à la densité de cette campagne, grâce aux blogs, forums, sites communautaires, etc. La troisième est plus subtile, mais elle est liée à la campagne de Nicolas Sarkozy : il a été très direct dans ses mots lors des deux derniers mois, ce qui a provoqué un double effet amenant les gens à se mobiliser. Premier effet : l'adhésion immédiate à son discours agressif, donc un intérêt renforcé par cette spontanéité. Deuxième effet : le rejet total de cette agressivité, voire la crainte. Donc l'intérêt pour les autres candidats...

2. Un clivage jusque dans les attitudes

Il s'agit maintenant pour les Français de choisir non seulement entre deux personnalités et leurs partis respectifs, mais aussi entre deux conceptions de la société très différentes. On va donc parler ces prochains jours de gauche contre droite, dans le sens "couleur politique". Voyons maintenant les deux arguments principaux de ces tendances, tous partis confondus : à gauche, on appelle à un "Tout sauf Sarkozy" assez radical. A droite, c'est le thème du rassemblement qui est très largement évoqué. Cette différence fondamentale dans les attitudes amène à un constat sans équivoque : la gauche, quelques heures à peine après les résultats, s'est déjà rassemblée. Pour preuve cet appel historique de la candidate FO, Arlette Laguillier, qui a appelé à voter Royal, non pas par pure conviction mais pour faire bloc face à Sarkozy. Tous les candidats de gauche ont appelé au vote Royal : Buffet et Voynet (c'était assez prévisible), mais aussi Besancenot, Laguillier et même Bové. Et à droite ? Hé bien... C'est un peu plus chaotique. Philippe De Villiers a clairement annoncé qu'il ne donnerait aucune consigne de vote, et Marine Le Pen a signifié qu'elle ne soutiendrait pas Nicolas Sarkozy. Jean-Marie Le Pen, lui, a annoncé qu'il donnerait son avis sur la question le 1er Mai. En conséquence, on ne sait pas vraiment ce qui peut se passer à ce sujet...

3. L'énigme du report des voix

Le second tour s'annonce comme des plus indécis, et plusieurs observations sont à soulever. La première, c'est que comme dit plus haut, toute la gauche est déjà rassemblée en bloc, ce qui apporte environ 8 à 10% de voix supplémentaires pour la candidate du PS. La deuxième, c'est l'attitude probable des 11% de votants en faveur du FN : Nicolas Sarkozy ayant largement ratissé sur les terres de Le Pen (et ayant parfaitement réussi son coup...), ceux qui restent sont assez certainement les plus radicaux, les plus "durs", ceux qui voient en Sarkozy un voleur de voix et de programme. Ceux-là ne voteront pas pour lui, et préféreront s'abstenir ou voter blanc, puisqu'il apparaît comme encore plus évident qu'ils ne taperont pas à gauche. La troisième, c'est la grande inconnue du centre. Plus de 18% des Français ont voté Bayrou, on l'a dit, mais ce candidat se voulant au centre, les voix peuvent en théorie se reporter à gauche comme à droite. Il convient d'analyser rapidement l'attitude de l'UDF ces dernières années : après avoir été légèrement à droite, le parti a opéré un revirement radical vers la gauche. Par conséquent, d'un côté comme de l'autre on pourra se prévaloir de l'éventualité d'un appui du candidat béarnais. Cependant, il apparaît que l'électorat de François Bayrou est assez proche de celui de Ségolène Royal : jeune, de classe moyenne. Celui de l'UMP est plus âgé, plus aisé aussi. C'est d'ailleurs un retour aux logiques classiques d'un schéma gauche/droite...

Vous l'aurez compris, tout paraît clair mais en fait rien n'est simple. En tout cas, la bonne nouvelle est le retour de la participation des citoyens, c'est indéniable.

4. Et pour moi...


En ce qui concerne mon avis personnel, j'estime qu'un candidat qui chasse sur les terres frontistes n'a même pas à entrer en ligne de compte dans mon choix. Et d'ailleurs, même la droite ne nie pas cette rafle. Maintenant, le loup va se muer en agneau pour rappeler à l'UDF quels bons amis ils étaient du temps des réformes désastreuses, qu'ils ont signé main dans la main. Effectivement, c'est un rassemblement. Mais un rassemblement d'extrémistes et d'incapables autour d'un candidat certes brillant et fédérateur d'un nouveau souffle pour sa couleur politique mais dangereux de par ses déclarations (eugénisme, "karchérisation des esprits", volonté de créer un ministère de l'immigration, etc) c'est beaucoup trop instable.

Je ne sais pas si Ségolène Royal arrivera à incarner ce changement qu'elle prône, elle aussi. Je ne sais pas si elle sera à la hauteur de son Pacte Présidentiel, qui n'est d'ailleurs pas très étoffé à l'heure actuelle. Mais je sais en tout cas que la droite actuelle est trop dangereuse pour moi, et le pire reste qu'aucun des dirigeants et/ou ministres potentiels de cette droite ultra-libérale n'a jamais répondu aux questions un peu agressives à propos des prises de positions radicales de Sarkozy. Seule Simone Veil a osé dire qu'elle n'était pas d'accord. Le rassemblement, pourquoi pas, mais si il est orchestré en passant sous silence tout le reste et toutes les autres voix...

Dimanche 22 avril 2007 à 15:35

Le titre se passe de commentaires, en toute logique.

Soit dit en passant, je vous rappelle qu'il est interdit de mettre à disposition d'un public quelconque des opinions, critiques ou louanges à l'égard d'un candidat à la présidentielle durant les 24 dernières heures de la campagne...

Par conséquent, je n'émettrai aucune opinion qui puisse (vive la gauche) me mettre hors la loi.




Mouais, a voté quoi. On verra bien ce soir.

Jeudi 19 avril 2007 à 13:16

Deux détonations. Deux balles. Deux projectiles sans grand espoir, face à un camion de ce tonnage et roulant à cette vitesse. J'ai fermé les yeux, je tiens le cap. A l'arrière, ils se sont réveillés, et ne comprennent pas encore vraiment bien ce qui se passe. Tant mieux, ils ne verront pas leur mort en face. Campo est pétrifié, il n'arrive plus à bouger.

Quelques mètres. Le choc est proche. J'ai beau freiner, lui accélère toujours.

Nous y sommes.

* * *

"Aïe !
- Allez bouge toi, face de troll !
- Troooooooll !
- Oh ta gueule..."

J'ouvre les yeux et je vois Atom qui tape sur la tête à Morgoth avec un gros gode en plastique rose, son préféré... Tous les autres donnent l'impression de sortir d'un terrible cauchemar, mi réveillés, mi horrifiés. J'interpelle Atom :

"Mais arrête de lui taper dessus, il ne t'a rien fait !
- Bah je le réveille, il était dans les pommes...
- Ouais mais là il est plus dans les pommes !
- Ah ? Tiens oui c'est vrai..."

Décidément, d'aucuns perdent connaissance rapidement ici...

Le camion ! Merde, mais qu'est ce qu'il s'est passé ? Je viens à peine de réaliser que nous aurions du mourir, broyés par cet énorme poids lourd, mais visiblement nous sommes toujours là. Je me tourne vers Campo, qui récite une litanie du genre "mon cul mon cul mon cul" en silence, hébété.

"Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est le camion ?
- Un hologramme... Mon cul mon cul mon c..."

Paf. "Aaaaaïe !!"

Atom est décidément spécialiste pour sortir les gens de leur torpeur. Cette fois-ci, c'est une double bite en caoutchouc noir qui a frappé l'épaule gauche de Campo, précisément celle qui porte les stigmates d'une fracture. Le pauvre... Une chose m'intrigue quand même :

"Pourquoi tu répétais 'mon cul' comme ça ?
- Bin... Au départ je disais 'j'ai sauvé mon cul' mais ça s'est vite raccourci en 'mon cul'... J'sais pas, j'ai pas réfléchi."

Admettons. En attendant, le poids lourd aurait donc été un hologramme, une projection holographique plus vraie que nature qui avançait vers nous. Nous descendons de la voiture avec Campo, pendant que les autres se remettent de leurs émotions à l'arrière. D'ailleurs, du côté gauche, ça tangue un peu, du genre kangourou dans un seau de mayonnaise. Je soupçonne fortement le couple Atom/Margritis ou le coupe Morgoth/Samantha d'être à l'origine de cette cuisine.

"Regarde, un projecteur !"

Campo me montre une boîte noire avec ce qui ressemble à une lentille, fixée sur la glissière de sécurité. En effet, un hologramme est une image photographique en trois dimensions, construite par autant de projecteurs laser. Nous en avons trouvé un, il doit y avoir deux autres. Enfin... Après tout, peu importe : l'essentiel est que nous soyons tous vivants. Ceci dit, le problème reste que maintenant, nous ne savons pas trop vers où nous allons étant donné la dévia...

La déviation !!

Je remonte en vitesse dans Godezilla et j'invite violemment Campo à faire de même. Effectivement, Morgoth et Samantha jouent à Colin Paillard avec des godes, c'est sans doute ce qui faisait trembler le véhicule. Contact, marche arrière, et c'est parti !

"Mais bordel qu'est ce que tu fous ?
- T'occupe, attache ta ceinture et tais toi !"

Margritis n'a pas l'air très rassurée. Demon, lui, s'en fout royalement, du moment qu'on le laisse dormir : c'est pourquoi il lui a répondu aussi sèchement. Je remonte la bretelle de déviation en marche arrière, et j'arrive sur l'autoroute. Devant nous se dresse le barrage : quelques barrières qui semblent solidement fixées au sol. J'ai soudain eu une idée démentielle : si le poids lourd était un hologramme, pourquoi pas les barrières ? Pied au plancher, j'accélère en direction du barrage supposé fictif. Tous les autres, voyant cela, se mettent à m'invectiver afin que je stoppe immédiatement le véhicule. Las, je veux confirmer mon intuition...

Crac.

Je crois que j'ai arraché deux poteaux et défoncé les barrières. En fait elles étaient bien réelles. Bon, heureusement que Godezilla est un gros Hummer indestructible, mais tout de même... Ankou est stupéfaite :

"Mais ça va pas ou quoi ?
- Boh, c'est bon, on est passés quand même..."

Roms a répondu pour moi. Il a du ouvrir l'oeil quelques secondes avant que je fracasse le barrage, étant donné qu'il ne s'est pas réveillé pendant l'aventure du camion. L'ennui maintenant, c'est que si le barrage était réel, cela signifie qu'il doit vraiment y avoir une raison. Et comme pour me donner raison, un champ de trous apparaît sous mes phares et, sans que j'ai eu le temps de les prévenir à l'arrière, sous mes roues. Y'a pas à dire, ça cahote pas mal un Hummer, surtout de cette longueur. Campo et moi sommes attachés, par conséquent pas trop affectés par les sursauts, mais visiblement à l'arrière ce n'est pas aussi simple... Atom se retrouve vite à faire la planche sur les genoux de Demon, Morgoth tombe le nez dans le ventre de Margritis, Samantha se retrouve avec Ankou entre ses jambes (ce que je soupçonne être à moitié calculé par cette dernière), et Roms fait la navette entre la gauche et la droite de la limousine.

"Mesdames et messieurs, nous sortons de la zone de turbulence. Veuillez reprendre vos places."

Je me fais un malin plaisir à placer tranquillement cette petite remarque. Soudain, je suis interrompu dans mon petit rire sadique par un flash.

"Merde, tu roules à combien ?"

Je crois qu'il n'y a vraiment que Ankou pour se soucier de la vitesse à laquelle on roule. Alors que je lui rappelle que nous roulons dans un palace fortifié volé, sans papiers ni assurance, Campo hurle "Arrête toi !!".

Cette fois-ci, c'est un vrai barrage. Sauf qu'il y a un char, et une dizaine d'hommes en armes, planqués derrière des grandes tôles blindées. C'est le moment de tester les capacités guerrières de chacun... Mais ce n'est ni un jeu, ni un film. Il faut être prudent, et ne pas oublier la réalité : nous sommes neuf jeunes, en face d'hommes manifestement entraînés et animés d'intention plutôt hostiles. Margritis chuchote :

"Si on s'arrête et qu'on se rend, peut être qu'ils ne nous feront rien...
- Déconne pas, on fonce dans le tas !"

Demon n'est assurément pas du même avis que la demoiselle. Il semble être transcendé par l'idée de se frotter à des mercenaires, "comme dans Halo mais en vrai", je cite. En tout cas, il faut prendre une décision d'urgence. J'ai très fortement ralenti à l'approche du barrage, mais cela ne nous aide pas à choisir. S'arrêter ou engager le combat...

Je n'ai même pas le temps de réfléchir. Une détonation sèche claque dans l'habitacle : Campo a tiré. Un des mercenaires tombe au même moment, ce qui a pour effet de faire lever les armes de tous les autres. C'est parti.

Je donne un grand coup de frein, et Campo tire une deuxième fois. Deuxième mort. Au même instant, Demon ouvre la trappe d'accès à la première tourelle équipée d'une des deux mitrailleuses. Tout à coup, un fracas assourdissant nous secoue : Demon est en train de tirer, et visiblement nos ennemis font de même. C'est le moment que choisi Roms pour nous révéler qu'il a fait poser un gros blindage sur le Hummer, ce qui explique pourquoi nous entendons les balles glisser sur la carrosserie.

Atom saute à terre, la main gauche posée sur un énorme gode en acier, et lance celui qu'il tient dans la main droite. Je constate qu'il n'a pas perdu la main : un des soldats s'écroule, une bite dépassant du crâne.

"Lui, on peut dire qu'il a une bite à la place du cerveau..."

La remarque de Morgoth détend tout le monde, et semble soudain nous désinhiber. Roms monte aux commandes de la deuxième tourelle, et se met à tirer également, tandis que Campo tente désespérément de viser la petite lucarne de vision du char, afin de toucher le pilote. Ankou saute également de Godezilla en poussant un "Kiaaaaïï !!" démentiel, et court vers le gros tank en hurlant "Couvrez-moi !!"... J'active la sortie du lance-roquettes et je refile la commande à Morgoth, tandis que Samantha prend celle du lance-flammes.

Un observateur extérieur pourrait croire à un feu d'artifice. Des rafales claquent de tous les côtés, de longues flammes viennent lécher le sol à quelques mètres des mercenaires qui, affolés, commencent à reculer.

* Tziiiiit *

"Roquette sodomisatrice !!!"

Morgoth vient de tirer une roquette. Elle va s'écraser sur le char, et... le laisse intact. De toute évidence, nous ne sommes pas les seuls à posséder un blindage. C'est le moment que choisit Atom pour remonter en catastrophe dans le véhicule :

"Bordel, qui a tiré ça ??
- Heu... C'est moi !
- T'as failli m'arracher la tête, blaireau !"

Amusant. Demon et Roms, quant à eux, semblent entrés dans une autre dimension, et tirent à qui mieux mieux. Ils balayent avec rage le barrage (nda : à prononcer très rapidement) et les tôles blindées sans vraiment viser qui que ce soit. Tout à coup, le char se met en mouvement et avance doucement vers nous, en abaissant son canon dans notre direction. Aïe. Il semble nettement plus solide, le bougre. Campo lâche un "Et merde !!", passablement énervé, et se remet à viser les soldats, ce qui semble lui réussir un peu mieux puisqu'un nouveau tireur ennemi s'écroule. Atom, lui aussi, réussit à tuer un autre mercenaire, grâce à son magnifique gode à gland chercheur. Ils semblent maintenant fortement diminués en nombre, mais le char avance toujours lentement vers nous.

C'est alors qu'il tourne tout à coup, passe au ras des rétroviseurs, fait demi tour et vient se placer à nos côtés. Au même moment, Morgoth termine le chargement d'une deuxième roquette et reprend les commandes. Les deux moissonneurs batteurs sur les tourelles se sont tournés vers notre voisin blindé et tentent de faire un trou dans les chenilles, ce qui semble assez difficile. C'est alors que Morgoth tire.

Le bruit est bien plus important que lors du premier tir. Nous avons l'explication quelques dixièmes de seconde après : deux impacts viennent frapper le sol au niveau des soldats. Le char a tiré en même temps que nous, contre ses propres hommes. Tout à coup, tout le monde s'immobilise. Nos ennemis sont morts. Le sas d'accès au char s'ouvre lentement, et un visage familier apparaît sous nos yeux.

"Ankou !"

Elle s'extrait du tank, deux têtes à la main, le sabre ensanglanté dans le dos. Nous n'en revenons pas : elle a réussi à s'introduire dans le machin à chenilles, a tué le pilote et le tireur, et a réussi à amener le gros truc blindé à côté de nous, puis à tirer.

"Voilà, on peut y aller" dit-elle calmement. Tout le monde se regarde, inquiet. Nous la savions experte au sabre, mais de là à manier un engin pareil... Alors qu'elle remonte dans Godezilla, les regards en coin fusent, exprimant une inquiétude un peu malsaine. Margritis est la première à rompre le silence et à demander ce que nous voulons tous savoir :

"Heu... T'as appris tout ça où ?
- Bah... Le demi-frère de l'oncle de ma mère était dans l'armée. Quand j'étais petite, j'allais chez lui souvent, et il avait un char là où toutes les familles ont des balançoires... Du coup, bin je m'amusais là dedans.
- Ah... Effectivement..."

Elle nous surprendra toujours, décidément. Ceci dit, il est temps de reprendre la route. Nos assaillants pensaient sans doute nous arrêter là, ce qui nous laisse du même coup une chance d'arriver à Paris alors que l'on nous croit mort. Mais pour cela, il faut faire vite pour ne pas laisser le temps à nos ennemis de réaliser que nous avons tué tout le monde. Demon, a qui nous avons vainement essayé d'expliquer que les soldats n'étaient sans doute pas membres de la fonction publique, en profite pour lâcher une morale géniale tout en attachant une nouvelle mâchoire à son collier :

"En fait, la vraie vie c'est mieux que dans les films !"

Ouais, sauf que là c'est pas rassurant. Si ce barrage était simplement un avant goût de la suite, alors nous avons du souci à nous faire...

Mercredi 18 avril 2007 à 18:40

Parce que tout c0wvivor qui se respecte se doit d'avoir une bande annonce en bonne et due forme, voici la bande annonce provisoire de c0wvivor 2, avec des vrais morceaux de montage dedans.



c0wvivor 2, c'est tout ce que j'aime.

Actuellement en cours d'écriture.

Mercredi 18 avril 2007 à 14:52

Pre Scriptum : l'auteur s'excuse de la profonde débilité des titres. Ne retenez que le numéro, ça ira très bien. Et n'oubliez pas d'aller jeter un coup d'oeil par là (voir l'article précédent)...




"Mais merde c'est quoi ce truc ?"

Le garage de Roms ressemble maintenant plus à un chantier de démolition roumain qu'à un garage. Un gros tas d'équipements électroniques côtoie des lames d'épée et un frigo Pontiac à double porte et à compartiment freezer. Au beau milieu de la pièce trône le Hummer Limousine, repeint en noir, et dont les ingénieurs s'évertuent à essayer d'ouvrir le capot pour y faire rentrer deux moteurs de Ferrari Scaglietti montés en parallèle. Les jantes ont été changées, et possèdent désormais des pieux rétractables comme convenu, les deux tourelles ont été montées, ainsi que le lance-roquettes et le lance-flammes. Nous avons décidé d'ajouter un petit bijou de technologie : un fusil Barrett M82A1 placé sur le toit, équipé d'une lunette de visée, et piloté depuis l'intérieur du véhicule par le passager. Il dispose d'un écran affichant la visée recalculée en temps réel depuis la lunette, d'un petit joystick permettant d'orienter l'arme et de tirer, ainsi que d'un indicateur de l'état du chargeur. Le must en matière de carnage hi-tech...

Quelques heures plus tard, la voiture est prête. L'aménagement intérieur est assez dantesque, jugez plutôt : une place conducteur, une place passager avec les commandes du fusil, et derrière un grand salon avec une dizaine de places assises disposées en carré, ainsi qu'une superbe banquette qui peut faire office de lit deux places. Au centre, le petit frigo rempli de bières et de bouteilles de champagne. Derrière le carré de fauteuils, une petite section "département haute précision" avec un récepteur satellite qui fournit une connexion internet stable et rapide, deux ordinateurs portables MacBook Pro, un gros GPS avec écran tactile, une radio hautes fréquences et une petite armoire renfermant une flopée d'armes de poing, parmi lesquelles on trouve des Beretta M92-FS, des Beretta M93-R, des Desert Eagle .50AE et un micro Uzi. C'est plus une limousine, c'est un centre de contrôle armé sur roues. Le bloc moteur crache près de 1080 chevaux, obtenus grâce au couplage des deux blocs V12 de 540 chevaux de la Ferrari 612 Scaglietti. Au final, notre Hummer Limousine pèse presque trois tonnes, et abat le 0 à 100km/h en moins de 6 secondes, ce qui est tout bonnement hallucinant. Le Padre a fait venir des ingénieurs très qualifiés, certes, mais surtout à n'en pas douter complètement fêlés...

Tout est prêt. Un des ingénieurs a aménagé une petite trappe au plafond du véhicule, permettant d'y ranger une quantité impressionnante de fusils, de sabres, d'armes de poing et de godes. Nous montons à bord de la machine, et je prends le volant, comme à l'ancienne époque... Demon est assis à côté de moi, Atom range consciencieusement ses godes (qu'il a fait importer de Moldavie, pays du gode en acier chirurgical) dans la trappe à armes, et Roms et Campo se sifflent quelques bières, étalés sur les fauteuils.

Contact. C'est parti... Le moteur ronronne, les vitres surteintées filtrent la lumière du soleil : on a l'impression de conduire un porte avions. Mais une fois sur la route, c'est impressionnant : la machine se comporte très bien. Cool !

"Hé ! On devrait appeler cette caisse "Godezilla" !"

Atom, toujours fin lorsque personne ne l'attend. Va pour Godezilla, alors. En quelques minutes, nous arrivons chez moi, et nous présentons le gros bébé aux autres. Au passage, je présente également les autres au gros bébé... enfin, à Roms, qui dormait comme un gros bébé à l'arrière. Faut dire qu'avec la lumière tamisée et le confort certain des fauteuils, il n'en faut pas plus à un spécialiste du sommeil comme lui pour faire un petit essai technique...

* * *

Un petit café ne fait de mal à personne. Les filles ont ramené une superbe cafetière, que je les soupçonne d'avoir volé. Margritis avoue avoir un peu forcé la main du vendeur en lui montrant ses seins, pendant que Ankou lui plantait un sabre dans la jugulaire. Et moi qui croyait qu'elle avait revendu toutes ses lames...

C'est à ce moment-là que nous nous apercevons qu'il manque quelqu'un à la table. Pas de vannes foireuses depuis dix minutes : sans aucun doute, Atom n'est pas parmi nous. J'entends alors comme un bruit de jet d'eau, dehors, et je me précipite donc sur la porte, sans savoir ce que je vais trouver à l'extérieur.

Atom est là, en train de repeindre le Hummer. Enfin... Il est en train de taguer "Godezilla" sur le côté. Il est vraiment irrécupérable...

"Mais pourquoi tu fais ça... C'est tout sauf discret !
- T'es con... Ca mesure 10 mètres ce truc, c'est pas vraiment discret de base !"

Sur le coup, j'avoue qu'il n'a pas tort... Je l'invite à finir rapidement son oeuvre d'art, et à nous rejoindre à l'intérieur, ce qu'il fait.

"Bon. Nous sommes neuf : Atom, Margritis, Morgoth, Samantha, Demon, Ankou, Roms, Campo et moi. Nous formerons donc la communauté des Neuf... Notre but est de rallier le lieu du meurtre de Skyman, qui est pour l'instant notre seul indice. Je passe volontairement sous silence l'épisode du démon-troll, nous verrons ça plus tard. Est-ce que quelqu'un a quelque chose à ajouter ?
- T'as des capotes Jok ?
- Oh, ta gueule..."

Morgoth est décidément le champion toutes catégories de la baise en continu. Je me demande comment fait Samantha pour survivre à ces assauts constants, bien que je sache depuis longtemps qu'elle est aussi affamée que lui... Demon serre les poings, son collier de mâchoires de fonctionnaires autour du coup lui donnant un air nettement plus agressif. Ankou est, comme toujours, calme et posée, avec son bandeau noir autour du crâne et son sabre préféré en bandoulière. Margritis et Samantha ont visiblement adopté l'attitude de leur personnage dans le film c0wvivor, c'est à dire lucides et mesurées. Puisqu'on parle de mesure, Campo, du haut de son mètre soixante-neuf, semble bien décidé à partir au combat comme au temps de la mafia. Roms est lui aussi assez excité de retrouver le terrain, après quelques années de repos au sein de la famille Colombienne. Atom, toujours le plus impressionnant, a récupéré sa vieille ceinture aménagée, avec tous les logements nécessaires pour y placer ses godes d'assaut. Quant à moi, la tenue entièrement militaire me confère également un aspect plutôt inquiétant, et ce n'est pas pour me déplaire.

"Bon... En route pour Paris !
- On peut baiser dans la caisse ? Il me faut mon injection !"

Margritis m'a tout l'air d'être en manque. Aaah, ces sexicomanes...

Direction l'autoroute ! Cette fois-ci, c'est Campo qui est assis à côté de moi, comme à la bonne époque. De plus, il semble ravi de savoir qu'il va pouvoir utiliser un jouet tel que le fusil sur le toit. Derrière, Morgoth et Samantha se sont fait taxer la banquette par Atom et Margritis, qui ne semblent absolument pas gênés par le fait qu'ils ne soient pas seuls. Demon et Roms ont visiblement des atomes crochus et se sont lancés dans un débat sur la meilleure utilisation possible d'une clé anglaise. Demon semble plus radical :

"Moi je l'utilise comme un tournevis : tu plantes ça dans un oeil, et tu tournes, tu tournes...
- Mouais... T'as jamais essayé de te servir de la tête de la clé comme massue ?
- Ah non mais je visse côté tête, pas côté manche !
- ..."

Il est monstrueux. Ankou, dernière de la communauté des Neuf, est une fois de plus silencieuse, mais comme dit Atom "elle fait limite flipper". En quelques dizaines de minutes de route, tout le monde s'est calmé et commence à somnoler, mis à part Atom qui s'est déplacé vers l'avant pour pouvoir discuter tranquillement avec Campo et moi.

"En fait on sait pas vraiment où on va... murmure Campo, le regard fixé sur la route qui défile
- C'est un peu ça... Un voyage sans destination, et peut-être sans retour, qui sait... lui répond Atom."

J'ajoute que nous ne sommes plus dans un film cette fois-ci, et que les morts - s'il y en a - seront bien réels. En attendant, nous sommes trois guerriers perdus dans une histoire trop vaste pour nous, en train de rouler sur une autoroute déserte en direction de Paris. L'ambiance capitonnée et feutrée qui règne à bord de Godezilla confère un caractère assez mystique à cette expédition : nous partons, mais nous ne savons pas si nous reviendrons...

La vie est souvent imprévisible. Les situations se suivent et se ressemblent, et nous plongeons parfois dans un inconnu si trouble que le chemin du retour est totalement invisible. Ce soir, j'ai l'impression de plonger dans un abîme si profond, si noir, que je suis bien content d'être accompagné de mes amis. Puisse la suite ne pas nous séparer...

* * *

"Et merde... Une déviation..."

L'autoroute est barrée. Cela ne me dit rien qui vaille. Tout le monde dort maintenant, sauf Campo. D'instinct, il place sa main droite sur le joystick et descend l'écran de visée au niveau de ses yeux. Je me sens rassuré... La déviation nous emmène vers une bretelle de sortie assez étroite, et étrangement mal éclairée. La nuit est tombée depuis une heure, et il fait un noir d'encre. La route est à peine zébrée par la lumière des phares, et ce n'est qu'au dernier moment que je le vois. Un gros camion, en sens inverse. La bretelle provisoire est manifestement trop étroite pour permettre le moindre croisement... Mon cerveau travaille à la vitesse de la lumière, dopé par la peur. Il faut que je m'arrête avant de le percuter.

Sauf qu'il avance, lui aussi. Et vers nous. Je hurle "tire !!" sans trop savoir pourquoi...

Et Campo appuie sur la gâchette du joystick.

Mercredi 18 avril 2007 à 9:44

Oyez, chers lecteurs, voici une grande nouvelle. Un peu de publicité orientée pour une nouvelle chronique qui déboule avec grand fracas dans le paysage littéraire de Cowblog.

"Bordeaux Mafia", écrite par Romain aura sans doute un grand intérêt pour tous ceux qui découvrent les deux nouveaux personnages de c0wvivor 2 : Campo et Roms. En effet, ce texte se présente comme étant la genèse d'une partie de l'histoire de c0wvivor 2, à savoir le passé mafieux que j'évoque à plusieurs reprises...

Double intérêt donc : un intérêt certain pour les lecteurs de c0wvivor 2, et un intérêt pour une nouvelle histoire, qui apporte son lot de violence gratuite et d'humour dynamite. Et puis, franchement, si c'est moi qui vous le recommande...

Bon, bon. Allez-y quoi, c'est tout.

Mercredi 18 avril 2007 à 1:23

"Hé mais c'est un troll !!"

Morgoth vient de passer d'un état de terreur incontestable à une sorte de transe machiavélique. Ce type est vraiment instable. Il faut dire qu'effectivement, le démon qui s'est déployé devant nous a une tête de troll, et j'oserais dire que c'est ce qui va le perdre. Sans me laisser plus le temps de réfléchir, Morgoth se jette sur la bestiole et entreprend de la sodomiser violemment. En effet, il a toujours rêvé d'avoir un rapport sexuel avec ce genre de truc, car, je cite, "enculer un troll c'est un peu comme être anarchiste : ça ne sert à rien, mais qu'est ce que c'est marrant !"... J'avoue que son analogie me dépasse, mais bon, peu importe. Ce qui compte à l'instant précis, c'est que le pseudo troll est en train de s'effondrer sous les coups de boutoir de l'ami Morgoth, bien décidé à montrer que la théorie des poutres n'est pas qu'un ensemble de théorèmes illisibles. Voyant cela, Demon se jette dans la bataille, mais avec l'objet le plus proche qu'il a pu saisir : de fait, c'est ma cafetière. Alors qu'il essaie de faire entrer le récipient dans le crâne du monstre, Morgoth continue de plus belle son acte censuré.

En quelques minutes, ils sont venus à bout de la bête. Nous sommes sidérés de la vitesse à laquelle cela s'est passé, et nous n'avons même pas eu le temps de réagir, finalement. Margritis et Samantha sont stupéfaites, tandis qu'Atom et moi sommes atterrés de l'attitude de Morgoth. Enfin quoi, un troll...

"J'ai assouvi un de mes plus vieux fantasmes" déclare-t-il en se rhabillant. Demon, quant à lui, a explosé ma cafetière, et continue à lacérer le visage du machin, qui est déjà mort depuis longtemps, avec les morceaux.

C'est le moment que choisit Ankou pour sortir de sa transe. Margritis lui demande alors :

"Qu'est ce qui s'est passé ?
- Bin... Quand je suis allé voir dans la chambre, j'ai vu les deux corps calcinés, et j'ai vu deux yeux qui me fixaient...
- Deux yeux ?
- Oui, enfin je crois... Puis je ne me souviens plus de rien..."

Ankou a visiblement été utilisée contre son gré par une entité maléfique dont la nature nous échappe. C'en est trop pour le pauvre Atom : il faut agir maintenant, et vite. Nous n'avons que trop attendu, trop subi, il est temps de prendre les choses en main. Nous ne savons pas trop à qui ni à quoi nous devons nous attaquer, ni même où nous devons aller, mais il nous faut maintenant réagir. Margritis propose de se diriger vers les lieux du meurtre de Skyman, ce qui en l'absence d'une autre idée plus logique nous convient parfaitement. Sauf qu'il faut s'équiper avant...

Je décide alors de retourner voir le Padre. Il pourra certainement nous fournir une bonne partie de ce dont nous avons besoin. Je décide d'embarquer Demon et Atom avec moi, et à vrai dire cela ne me viendrait pas à l'idée d'inviter Morgoth et Samantha : ils ont entamé une copulation frénétique sur le parquet. Margritis et Ankou, quant à elles, déclarent se charger d'aller acheter une autre cafetière. Leur sens des réalités m'étonnera toujours.

Je passe prendre Campo au passage, et nous reprenons la route vers la maison de Roms. Cette fois-ci, pas de coup de fil préalable : je sonne et j'entre directement, invitant mes trois accompagnateurs à entrer également. Roms nous apparaît cette fois-ci au bras d'une créature fort charmante, et fort déshabillée.

"Rentre chez toi Mariana, j'ai à faire..."

Nous décidons d'un commun accord silencieux de ne faire aucune remarque sur la nature du métier de la demoiselle. En effet, j'ai prévenu les deux novices, Demon et Atom, de l'identité de Roms, et je leur ai également conseillé de ne pas trop dire de conneries. Le Padre semble alors remarquer que je suis là, et m'interpelle :

"Qu'est ce qui t'amène aussi vite, cher ami ?
- Hé bien... C'est à dire que nous aurions besoin d'équipement.
- D'équipement ? Quel genre d'équipement ?
- Alors... Il nous faudrait un véhicule, des armes, des vêtements, quelques gadgets, et du café. J'ai fait une liste dans la voiture.
- Et des godes ! s'exclame Atom"

Roms semble un peu surpris de tant de hâte. Je lui présente alors mes amis, et lui explique la situation. Je me souviendrai toujours de sa réaction, je pense.

"Je vais vous accompagner... Il me faut de l'action."

Très bien. Ca simplifie pas mal de choses, en fait.

Roms invite cordialement Atom et Demon à profiter de son salon et de quelques masseuses, et nous emmène Campo et moi en direction de la réserve. La réserve... Nous l'appelions ainsi, du temps où nous travaillions tous ensemble, car elle était pleine de surprises. Alors que je commence à détailler ma liste, Roms m'interrompt :

"Tu pensais à quoi, comme véhicule ?
- Bin... Un pick-up. C'est assez pratique... Et puis si tu viens avec nous, Campo viendra aussi, ce qui portera le nombre de membres de l'expédition à neuf. Il nous faut de la place.
- Et pourquoi pas un Hummer Limousine dans ce cas ?
- Heu... Tu peux avoir ça ?
- Ca dépend... Il faut les commander, c'est fabriqué aux Etats-Unis.
- Ouais mais on en a besoin tout de suite...
- Alors il faut en tirer un."

C'est limpide, finalement. Nous n'en avons pas, donc il faut en voler un. Le seul problème, comme le fait remarquer Campo, c'est que ça ne court pas les rues. Imaginez la machine : un truc de plus de 10 mètres de long, de plus de 2 mètres de haut, avec un frigo à l'intérieur, et capable de franchir à peu près n'importe quel obstacle, naturel ou pas. Roms nous déclare alors qu'il connaît quelqu'un qui en a un, à quelques minutes de là. Nous irons après.

Je rejoins Demon et Atom une fois la liste terminée. Je les découvre en train de limer consciencieusement les masseuses, et leur rappelle qu'il vaut mieux demander l'autorisation avant de faire ce genre de choses. Ils rengainent leurs engins, et je leur propose de m'accompagner à la chasse au Hummer. L'idée semble enchanter Demon, surtout lorsque je lui précise que le possesseur de la voiture que nous allons emprunter est un haut fonctionnaire.

"Ca fera bien à côté du gars de la SNCF..." déclare-t-il, avec un grand sourire sadique. Atom me demande :

"Et c'est genre gros comment ce machin ?
- T'as un frigo dedans.
- Ah... Tant qu'il y a des bières alors..."

Sa réflexion semble tout à fait juste, et nous décidons de partir de suite en direction du gros Hummer et de son propriétaire.

* * *

"Non mais arrête, il a presque pas hurlé...
- Ta gueule.
- ...quand je lui ai arraché la langue !"

C'est vrai quoi, rien de plus normal que d'arracher la langue des gens. Remarquez, pour hurler, ça doit pas être pratique, mais ce n'est pas mon problème. Nous avons notre Hummer Limousine, et c'est tout ce qui compte. Ah, si, Demon a aussi une quatrième mâchoire à son collier. Il est dingue.

De retour chez Roms, nous entreprenons d'aménager le véhicule. Alors que je fais le tour de la machine, admiratif, Campo débarque dans le garage avec ce qui semble être une sorte de plan dans les mains.

"Regarde... On a prévu quelques aménagements."

Des aménagements, mon cul ouais. C'est le plan d'une véritable machine de guerre qu'il me met sous les yeux. Deux tourelles supportant des M-60 à chargeur haute capacité, un lance-roquettes sur le flanc gauche, et un lance-flammes sur le droit. Sans oublier un astucieux aménagement des jantes, qui autorise le montage de quatre magnifiques pieux rétractables en acier trempé... Ce n'est plus un Hummer, c'est un tank. Mais un tank avec un frigo plein de bières, notez.

Je sens que nous allons partir bien équipés.

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