Mercredi 31 mai 2006 à 22:53

Pour information, le scénario du prochain épisode de c0wvivor est déjà prévu, et je vais prendre une orientation résolument plus violente sur ce 10ème volet, et seulement sur celui là. Un épisode beaucoup plus "adulte", plus basé sur la peur et la violence gratuite, tout en gardant tout de même une pointe de ce qui a fait que c0wvivor est c0wvivor : l'humour et le sexe.

Je n'ai prévu de faire qu'un seul épisode dans ce genre là, étant donné que je ne veux pas dénaturer l'ensemble de mon texte, mais d'ores et déjà, attendez vous à un changement assez marqué.

L'épisode 10 sera normalement en ligne demain... lorsque je l'aurai écrit. Sur ce, bonne soirée...

Mercredi 31 mai 2006 à 17:15

Faire les groupes a été extrêmement délicat. En fait, je crois que la seule suggestion qui a mis tout le monde d'accord a été de séparer les deux couples. En mettant Atom et Margritis à l'écart de Morgoth et Samantha, tout le monde a supposé qu'il y aurait beaucoup moins de sexe et de violence. Evidemment, personne ne pouvait savoir que cela ne changerait rien.

Oui parce que, je ne vous ai pas dit, mais nous avons finalement volé deux pick-ups. Les groupes sont enfin formés : Atom, Margritis, Demon et moi iront dans le pick-up noir ; Morgoth, Samantha, Count et Ankou dans le pick-up blanc. Nous sommes tous armés d'un flingue chacun, Ankou a toujours son sabre, et Atom ses godes en plastique rose. Nous avons quitté DarkmoOn avec la promesse de découvrir la vérité sur l'immense complot qui nous entoure. Le sang coulera dans les prochains jours...

***

"Regarde, y'a un mec qui fait du stop !"

Atom est sorti de sa torpeur et a remarqué un homme sur le bord de la route, pouce levé. Demon file un grand coup de frein, comme à son habitude, mais nous sommes maintenant prévenus et attachés. Margritis, assise du côté de la vitre passager, interpelle l'inconnu :

"Vous allez où ?
- Oh, je descend vers La Rochelle, mais si vous pouviez simplement me rapprocher, ce serait déjà bien..."

Un autre homme sort de nulle part et se place à côté du premier.

"Ah oui... On est deux, au fait.
- Ca, on avait remarqué..." gromelle Atom, qui voit d'un mauvais oeil ces deux gêneurs. En effet, il pouvait jusque là s'occuper de la poitrine de sa douce, mais avec deux personnes de plus, il sait bien que ce ne sera pas très discret. Demon coupe court à tout conflit naissant et invite les deux hommes à monter. Nous nous tassons un peu à l'arrière, et nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, l'atmosphère s'est considérablement alourdie. En effet, les deux inconnus semblent être des grands adeptes des blagues Carambar, ce qui n'est pas de notre goût. J'observe Atom, qui prend progressivement une teinte blanc cassé tirant sur le jaune, et j'attends son explosion avec prudence. L'évènement ne se fait d'ailleurs pas attendre, et d'un coup Atom se retourne et hurle "Assez !!" juste après la blague du fou qui repeint son plafond. Demon, surpris, freine - une fois de plus - d'un coup sec, ce qui a pour effet de solidement secouer nos deux endives, qui regardent Atom d'un air hébété.

J'ai un mauvais pressentiment.

Le plus grand des deux plonge la main dans son imper et en ressort un vieux Colt, flingue rouillé mais flingue quand même. L'autre dégaine un S&W 4505, nettement moins encrassé et nettement plus dangereux, et pointe son arme vers le crâne de Margritis, en disant "Filez nous tout ce que vous avez". C'en est trop pour Atom, qui en un éclair attrape un de ses godes et tape sur la main de l'agresseur, ce qui a pour effet de lui faire lâcher tout net son engin. Au même moment, Demon, qui n'a pas oublié que le deuxième possédait également une arme, lui attrape le poignet, lui arrache le Colt des mains et lui pointe entre les deux yeux. La situation s'est retournée en moins de deux secondes. Je sors mon propre flingue et le place doucement au dessus des organes génitaux de celui qui a pu constater qu'un gode, c'est sacrément solide.

"Vous disiez ?" demande Margritis, l'air étonnée. Nos deux yaourts aux fraises sont pétrifiés, et le deuxième peine à répondre en bégayant :

"V... Vous n'allez t... tout de m... même pas nous t... tuer ?
- Non, répond Demon, pas dans la voiture, ça va sentir le porc grillé après."

Atom ouvre la portière, fait descendre les deux inconscients, et leur ordonne de s'allonger sur le sol, ce qu'ils font, morts de peur. Demon descend à son tour du pick-up, attrape le premier par les cheveux et lui fait tourner la tête vers son collègue.

"Regarde le, tu vas le voir crever en direct..."

Et il tire dans l'oeil de sa victime. L'autre, voyant les dégâts que peut provoquer une balle dans un globe oculaire, s'évanouit sur le champ. Margritis s'attendrit et nous demande de ne pas achever le deuxième. Je lui réponds :

"Oui, mais alors on trouve quelque chose de marrant à faire...
- De... Marrant ?
- Ouais, on va trouver."

Et après trente secondes de réflexion, nous décidons de l'allonger en travers de la route, puis nous remontons dans le pick-up et nous repartons. Quelques dizaines de mètres plus loin, Demon jette un coup d'oeil dans le rétro et nous annonce que notre ami devrait avoir du mal à survivre au choc du poids lourd qui est derrière nous. Atom se retourne et constate comme moi qu'un gros camion vient de rouler sur le corps de l'homme, dos d'âne imprévu qui a pour effet de repeindre la calandre du véhicule en rouge, de le faire sortir de route, exploser, puis prendre feu. Nous distinguons à peine dans le rétroviseur la tête de l'auto stoppeur qui va s'écraser un peu plus loin, sur une éolienne. "C'est ce qui s'appelle avoir les cheveux dans le vent" lance Atom, visiblement fier de sa vanne, mais un coup d'oeil de Margritis lui fait comprendre que nous sommes sur un axe très fréquenté par les poids lourds, et que le prochain ne doit pas être bien loin. Atom se tait, et Demon accélère. Plus que 250 kilomètres...

***

Nous avons terminé le trajet d'une seule traite, et nous nous sommes rendus au point de ralliement défini au préalable : devant chez Bastnic. Cinq petites minutes après notre arrivée, un pick-up blanc pointe le bout de son nez, mais nous remarquons qu'il a pris des coups de soleil sur le capot.

"Vous avez roulé sur quelque chose ? demande Demon
- Non, mais y'a une moitié de crâne qui nous est tombée dessus" lui répond Morgoth, à qui cela a l'air de beaucoup plaire. Samantha ne semble pas être de cet avis : elle est toute blanche, et doit avoir vomi une bonne dizaine de fois sur le trajet. Je lui demande :

"C'est le demi crâne qui t'a filé ces nausées ?
- Non, c'est l'odeur...
- L'odeur ?..."

Effectivement, j'avais oublié que lorsque nous avions quitté le frigo de DarkmoOn, nous avions terminé les quelques boîtes de cassoulet qui restaient, ce qui n'a pas réussi à Count. Quant à Ankou, comme toujours, elle semble insensible à tout cela. Bastnic nous accueille à bras ouvert, mais se ravise vite lorsqu'il voit que nous ne voulons qu'une seule chose : manger. De plus, comme tout bon geek qui se respecte, il n'a que des pâtes et des chips à nous offrir. Ah, si, et des cookies.

"Vous avez fait bonne route ? me demande-t-il pendant que les autres s'attèlent à répéter le travail de ravage systématique de frigo
- Assez oui, à part quelques détails...
- Bon, j'ai préparé quelques commandes, on devrait recevoir ça demain.
- Je vois que t'as bien fait ton boulot...
- Non mais qu'est ce que tu crois ? Depuis que j'ai un Macbook, je fais tout bien...
- Je te fais confiance."

J'avais chargé Bastnic de s'occuper de nous récupérer des fringues de l'armée, ainsi que des chaussures solides, et des armes. Nous aurons donc de quoi nous préparer à notre rencontre avec l'ennemi, demain soir...

***

"Ils vont avoir un sacré choc...
- Oui... Ils devront réfléchir avant d'agir, cette fois-ci...
- De toute manière, ils ne pourront pas agir. Lorsqu'ils verront les otages, ils se rendront..."

Une plainte s'échappe doucement d'une bouche baillonnée, au fond de la pièce. Un coup de fouet la fait taire immédiatement, et le silence reprend ses droits...

***

"Non mais ça me va pas du tout !!"

Samantha est assez mécontente de la situation. Bastnic a beau lui expliquer que c'était les derniers vêtements disponibles, et que le caporal qui les portait devait peser au bas mot 120 kilos, elle a du mal à accepter de porter un pantalon où elle rentrerait deux fois. Morgoth a d'ailleurs tenu à vérifier l'espace disponible, et s'est glissé avec elle dans le pantalon. Je le soupçonne également d'avoir glissé autre chose ailleurs, mais ceci n'est pas de mon fait. Heureusement, Bastnic a trouvé une ceinture, et Samantha se retrouve à peu près correctement habillée. Tout le monde est prêt à partir, lorsque nous nous apercevons qu'il manque une personne.

"Ankou ?!" s'exclame Margritis, étonnée de voir que notre samouraï n'est pas avec nous. Samantha, toujours passablement énervée, décide de partir à sa recherche, et dès qu'elle a quitté la pièce Bastnic me signale tout a fait justement que sa maison n'étant pas immense, elle n'avait qu'à crier plus fort pour la faire venir. Au bout de cinq minutes, ce sont justement des cris qui proviennent de l'autre bout de la maison qui nous interpellent.

"On dirait... On dirait qu'elle jouit..." murmure Morgoth, déboussolé. Il se précipite vers l'origine des cris, aussitôt suivi par toute la troupe, Bastnic en tête, et découvre en même temps que nous un spectacle plutôt étonnant : Samantha s'applique à utiliser un gode en plastique rose sur la personne plutôt déshabillée d'Ankou. Les réactions sont assez disparates :

"Oh merde !"
"Samantha ?..."
"Ankou, t'aurais pu choisir quelqu'un d'autre..."
"Hé, mais il est à moi ce gode !"

La remarque d'Atom soulève quelques ricanements, et les filles s'aperçoivent tout à coup de notre présence. En quelques secondes à peine elles se sont rhabillées, marmonnant des vagues "Hem hem...", mais lorsque Samantha veut rendre son objet à Atom, il lui fait remarquer qu'à l'instar des capotes, il a l'habitude de jeter les godes usagés, ce qui semble faire chanceler Samantha.

"Et dire que le mien je l'ai depuis deux ans..." murmure-t-elle, le regard rêveur...

Quand à moi, une question me trotte dans la tête : quelle utilisation Atom a-t-il de ses godes ?...

***

Nous sommes au rendez vous, il est l'heure, et toujours personne. Nous commençons à nous demander si nous ne sommes pas tombés dans un piège, lorsque Ankou s'exclame "Regardez là bas, y'a quelqu'un !"... Nous avons à peine le temps de distinguer un jupon qu'il a déjà disparu. Count murmure :

"Je l'avais déjà remarquée... Elle nous suit depuis notre départ de chez Bastnic..."

Un grand frisson parcourt tout le monde. Nous sommes suivis... Tout à coup, Morgoth et Margritis s'écartent du groupe, dégainent leurs flingues et les pointent dans notre direction. Morgoth s'écrie :

"Il y a une porte derrière vous ! Entrez !!"

Silence. Nous nous regardons, effarés. "C'est une blague ?" demande Ankou, assez nerveuse. Margritis ne répond rien, et Morgoth se contente de nous montrer la porte. Demon, plus par stupeur que par colère, s'avance vers Morgoth et lui dit :

"Mais... Je ne comprends pas... Qu'est ce que vous..."

Blam. Une balle dans le pied. Après une ou deux secondes qui semblent durer une éternité, Demon tombe en se tenant le pied. "Enfoiré..." hurle-t-il, la voix chargée de douleur. Nous comprenons alors que nos deux amis ne plaisantent pas, et qu'ils n'hésiteront pas à nous tuer si nous ne leur obéissons pas. Pourtant, nous sommes trois fois plus qu'eux, nous pourrions les désarmer sur le champ, mais nous avons peur de les blesser, car il serait trop dur de tirer sur des amis... Atom est effondré d'être ainsi tenue en joue par sa douce, et est le premier à obéir. Il se tourne vers la porte, pousse la poignée et entre, imité par nous tous. C'est alors que je me souviens d'une chose : ni Morgoth ni Margritis ne se souvenait comment ils avaient fait pour sortir du souterrain, sous le mémorial. Il m'apparaît maintenant clair qu'ils ont du être manipulés, mais comment ?...

Ils nous ont lié les mains dans le dos. Count est vert de rage, mais essaie tant bien que mal de se contenir. En effet, la colère lui donne des gaz. Demon traîne laborieusement son pied blessé, en maugréant "Et évidemment, il a fallut qu'il me tire sur mon pied intact", étant toujours légèrement indisposé du pied qu'il s'était cassé en tentant d'ouvrir une porte. Samantha et Atom sont pareils à des zombies : leurs amants respectifs sont des traîtres, il faut se rendre à l'évidence. Ankou est froide comme la glace, visage fermé, regard fixe, ce qui lui vaut de rater une marche, je le conçois assez mal éclairée. Quant à moi, je tente désespérément de comprendre ce qui a bien pu déclencher le changement d'attitude de nos camarades, et je ne vois pas venir le mur devant moi.

Nous entrons dans une immense pièce, plafond très haut et curieuses machines tout autour de nous. Au centre se tient un homme, de dos, qui me rappelle quelqu'un... Lorsqu'il se retourne, je le reconnais immédiatement : c'est Aveuh. Il ne semble pas surpris de voir que nous sommes tenus en joue par deux des nôtres, bien au contraire :

"Beau travail mes enfants... Vous serez récompensés... Vous pouvez maintenant nous laisser..."

Morgoth et Margritis baissent leurs armes, et se dirigent vers une porte, au fond de la pièce. Au moment où Margritis referme la porte, je la vois qui nous regarde, l'air triste... Et elle m'adresse un clin d'oeil.

La porte se referme. Nous sommes prisonniers.

Mercredi 31 mai 2006 à 17:11



Auteur : Samantha
Couverture de c0wvivor

De gauche à droite :
Count, Demon, Ankou, moi (joKeR), Margritis, Atom, Samantha, Morgoth


Je signale d'ailleurs aimablement à Atom que j'attends toujours sa propre version de la couverture... ;)

Mercredi 31 mai 2006 à 14:37

Je fais exception à ce que je m'étais fixé, à savoir ne consacrer mon blog qu'à c0wvivor, pour poster deux ou trois petits détails...

- Merci et encore merci à tous ceux qui m'envoient des FanArts, nous en sommes déjà à 27 pour 8 épisodes, et je suis persuadé qu'il reste de l'inspiration aux dessinateurs... Pour info, les épisodes 5, 6 et 8 ne sont pas extrêmement illustrés, et le 7 ne l'est pas du tout, donc si vous voulez vous lancer...

- Pour mes collègues de l'IUT Informatique qui passeraient par ici, j'ai complètement refait le forum, en le migrant sous SMF au lieu de phpbb2, et je dois dire que le résultat est à la hauteur de mes espérances : plus rapide, plus sûr, et bien plus beau... L'adresse est toujours la même : iutunderground.new.fr.

- On s'approche doucement de la fin de c0wvivor, et je vois que l'idée de saga en plusieurs épisodes mettant en scène des c0wb0ys en a inspiré certains, notamment demon (qui est de plus un personnage central de c0wvivor) qui écrit actuellement une saga d'excellente facture, mêlant science-fiction et réalités futures. Si vous n'avez pas peur des longs textes, n'hésitez pas à vous rendre sur son blog, c'est du très bon travail.

- A tous ceux qui trouvent le texte "trop" (trop vulgaire, trop violent, trop porno, et j'en passe), je précise une chose : j'ai délibérément choisi ce ton car j'avais envie d'écrire comme ça, un peu à la manière de San Antonio (pour les connaisseurs) bien que je n'ose évidemment pas me comparer à cette oeuvre... D'ailleurs,
dès que cet article sera posté, j'attaque le neuvième épisode de c0wvivor...

Lundi 29 mai 2006 à 23:59



Auteur : Samantha
Scène : Morgoth et Margritis entrent chez DarkmoOn (épisode 8)

Lundi 29 mai 2006 à 16:35

Samantha est retombée dans une profonde dépression, entrecoupée de courtes crises d'hystérie durant lesquelles elle s'écrie "Phalluuuuus !"... Elle devient difficilement gérable, mais malheureusement nous n'avons pas vraiment le choix : il nous faut continuer notre route. Nous avons remarqué un changement de décor : à présent, les couloirs sont plus longs, plus larges et plus humides. Atom a été le premier à nous le signaler, après avoir comparé ces allées à sa matraque personnelle.

Il est de plus en plus difficile de traîner Samantha. C'est Demon qui s'y colle : il la porte sur son épaule. De temps en temps, elle sort de sa torpeur, et peste contre son moyen de transport :

"Tu me fais mal au ventre !!
- Tant que tu me gerbes pas dessus...
- Aïïïe !
- ... tu restes là."

Les négociations s'avérant assez délicates au premier abord, Samantha tente une autre approche : les coups de poings dans le dos. De toute évidence, cela ne dérange pas vraiment Demon, qui continue sa route sans faire attention à elle. Pendant ce temps, l'ambiance se charge en électricité autour de nous. Goldice marche sur la pointe des pieds, comme si cela pouvait lui éviter une quelconque pêche. Atom et Margritis avancent main dans la main, le regard fixe, muets comme des écrans plasma, comme en transe. Ankou est de nouveau au milieu du groupe, silencieuse elle aussi, mais menaçante avec son immense sabre dans le dos. Count marche à mes côtés, et nous nous remémorons quelques instants marquants de notre épopée jusqu'ici...

"Tu te souviens quand Atom a lancé son premier gode ?
- Et quand Samantha avait son talkie-walkie dans sa culotte !
- Et Morgoth qui prenait les ours pour des trolls...
- En même temps, pour lui, y'a des trolls partout.
- Oui, c'est vrai...
- Et aussi quand Demon a éclaté le premier garde !
- Et quand t'as enfumé la caisse avec ton odeur..."

Ma dernière remarque ne semble pas faire sourire Count. Je profite de son mutisme pour étudier notre groupe. Nous formons véritablement une bande totalement déjantée. Atom ressemble à un guerrier anarchiste, Margritis et Samantha rivalisent de noirceur - moi même étant en compétition, Count ferait fuir un yéti, Demon porte bien son pseudo, Ankou cultive l'ambiguité dans tous les traits de son comportement, et les chaussettes de Goldice rappellent furtivement Maya l'abeille. Quant à Morgoth, je me rappelle tout à coup qu'il n'est plus avec nous, et que nous ne savons pas dans quel état nous allons le revoir, ou plus simplement si nous le reverrons tout court...

Ma réflexion est stoppée net par une énième volée de marches, la troisième depuis l'apparition de Jiria. Nous devrions donc bientôt trouver une sortie. J'ai l'impression que le sol remonte, après avoir plongé dans des profondeurs certaines. Tout à coup, Margritis s'écrie "Là bas ! Une lumière ! C'est la sortie !" et se met à courir vers la lueur que nous voyons maintenant tous. Et brusquement, elle disparait... Atom se lance sur ses traces en courant, et nous le suivons immédiatement. Nous nous arrêtons tous au bord d'un grand trou, qui paraît sans fond. Atom se penche au dessus de la fosse, et d'une voix mal assurée lance :

"Y'a quelqu'un ?"

Un vague écho lui remonte, en même temps qu'un bruit de machinerie, comme un vérin qui fonctionne. Petit à petit nous distinguons quelque chose qui monte vers nous, et je constate avec horreur que ce sont d'immenses pointes d'acier. Celles du centre de la plaque qui monte vers nous semblent tachées de rouge... J'ai un terrible pressentiment...

"Nooooooooon ! Pas elle !!!"

Le corps de Margritis apparaît lui aussi, empalé au beau milieu de la forêt de pieux métalliques. Elle est tombée à plat ventre sur le piège, ne se laissant aucune chance. Atom s'évanouit et manque de rejoindre sa douce, mais Demon le rattrape au dernier moment. Alors qu'il entreprend de le réveiller, Goldice s'écrie "Attendez !" et se penche vers le corps.

"Il y a un problème... Sa robe était complètement déchirée il n'y a pas deux minutes, et là elle est intacte..."

Elle tend prudemment la main vers le tissu, en essayant de ne pas tomber à son tour, et tire un grand coup sec.

Un mannequin.

Ils ont voulu nous faire croire à la mort de Margritis. Nous ne savons pas où elle a pu disparaître, mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas elle qui est empalée sur le piège. Nous contournons l'obstacle et nous nous dirigeons vers la sortie, laissant deux camarades dans le bâtiment, sans savoir s'ils sont vivants... En tout cas, Margritis avait vu juste : il s'agit bien de la sortie. Count pousse une lourde porte verte, et dévoile l'extérieur. Nous sortons et nous constatons qu'il pleut légèment, ce qui a pour effet de nous rafraîchir instantanément, et de réveiller Atom. Demon pose Samantha aux côtés de l'autre neurasthénique, et nous les laissons ruminer leurs idées noires ensemble. Goldice se risque à une hypothèse sur notre localisation géographique :

"On doit être en Normandie...
- Ah, tu dis ça parce qu'il pleut et qu'il fait froid, lui rétorque Count
- Mais non... Retourne toi !"

Nous nous retournons tous ensembles et constatons que nous sommes au pied d'un grand bâtiment. Il est écrit : "Mémorial de Caen"... Effectivement, Caen étant la préfecture de la Basse-Normandie, la réflexion de Goldice tient la route... Le seul point qui me chiffonne est surtout qu'elle est la seule à avoir eu la présence d'esprit de regarder tout autour d'elle. Nous ne sommes pas si débiles, quand même ?...

***

Il ne m'a pas fallu longtemps pour réactiver mes relations dans la région. Une heure après notre sortie du tunnel, nous sommes maintenant tous au sec chez DarkmoOn. Une chance : il est tout seul chez lui, et peut donc accueillir sept épaves sans problème. La douche tourne à plein régime depuis que nous sommes arrivés, et tout le monde passe maintenant à la cuisine. En quelques minutes, le réfrigérateur s'est fait piller, et DarkmoOn m'entraîne à l'écart, pendant que les autres se gavent de tout ce qu'ils trouvent. Nous nous installons confortablement dans une pièce tranquille, et j'engage la conversation :

"Tu as suivi toute notre histoire ?
- Oui, mais il me manque quelques éléments...
- Je peux te résumer l'essentiel : une organisation terroriste cherche à faire disparaître tout service de blogs qui deviendrait trop puissant, et il semble que ce soit notre tour.
- Ah... Cela expliquerait la disparition de quelques plates-formes régionales, qui devenaient connues...
- Oui, j'ai entendu parler de la fermeture de plusieurs petits sites de blogs, mais avant toute cette aventure, je n'avais pas fait le rapprochement... Enfin, toujours est-il que quelque chose nous dépasse dans cette affaire : il y a un détail récurrent qui me gêne énormément.
- Quoi donc ?
- La soucoupe volante.
- La... Quoi ??
- Bubus et Pure ont rêvé la même nuit d'une soucoupe volante. Lalie et Splatch m'ont raconté quelque chose à propos d'une soucoupe volante. Et juste avant de réussir à sortir du bâtiment dans lequel nous étions enfermés, nous avons vu une soucoupe volante gravée sur un mur. A chaque fois, il y a avait la même inscription sur le dessus : "c0wb0ys c'est de la merde"...
- Hum... Tu crois qu'on peut se baser sur quelque chose d'aussi volatile ?
- Non, pas volatile, volant.
- Très drôle.
- Désolé.
- Moi aussi il y a un détail qui me choque. Comment se fait-il que vous soyez sortis du souterrain juste devant le Mémorial ?
- Je n'en ai aucune idée, mais il doit y avoir un lien entre..."

Nous sommes brusquement interrompus par des coups à la porte d'entrée. DarkmoOn me regarde, étonné, comme s'il me demandait si j'avais invité d'autres personnes. Je lui réponds machinalement "Je sais pas ce que c'est moi !", comme s'il m'avait effectivement posé la question. Nous nous levons d'un bond à la seconde série de coups, et DarkmoOn se dirige vers la porte, puis l'ouvre lentement...

Le spectacle qu'il nous est donné de contempler est impressionnant. Sous une pluie torrentielle, Morgoth se tient là, debout, soutenant Margritis qui semble à bout de forces. Leurs cheveux dégoulinent sur leurs épaules, et le regard de Morgoth est complètement vide, épuisé. Morgoth tient un grand bâton dans la main, qui semble lui servir de canne. Nous nous écartons pour les laisser entrer, ce qu'ils font. Margritis s'entrave dans ses propres pieds et s'étale de tout son long dans l'entrée. Le vacarme a réveillé les six autres, qui avaient entrepris de dormir pour mieux digérer le pâté, les spaghettis, la pastèque, l'emmental, les olives et le tabasco. Atom ouvre un oeil, aperçoit Margritis et se lève en hurlant "Je le savais !!" puis se précipite sur sa douce, qu'il manque d'étouffer. Quant à Samantha, elle est pétrifiée de voir que son amant est devant elle, regard vitreux et morceau de bois à la main. D'ailleurs, la vie semble revenir à vue d'oeil dans son corps, et il se jette sur Samantha en hurlant "Coïïïïïït !!", entreprenant de l'honorer sur place. Samantha ne semble même pas gênée par l'humidité de Morgoth, et l'entraîne vers une chambre vide. Quelques instants plus tard, des coups sourds et réguliers nous parviennent de la chambre, et quelques cris ponctuent le phénomène.

Margritis se relève doucement. Le premier à parler est Demon :

"Qu'est ce qui s'est passé ?
- Je ne sais plus trop... Je sais que je suis tombée dans un grand trou, et que j'ai atterri sur un sol plutôt mou, mais quelques secondes après, je respirais un drôle de gaz qui, je crois, m'a endormie.
- Mais comment t'as fait pour sortir de là ?
- Je sais pas non plus... En fait, je me suis réveillée dans les bras de Morgoth, qui me portait dans la rue. Il semblait savoir où aller, mais moi je ne savais même pas où j'étais..."

Atom s'est dressé d'un bond lorsqu'il a entendu "dans les bras de Morgoth", et tout le monde s'est glacé en le voyant se diriger d'un pas furieux vers la chambre d'où montent toujours des coups violents. Nous entendons une porte s'ouvrir, et Atom hurler :

"Alors comme ça tu la prends dans tes bras ??"

La série de coups qui suit semble sonner un peu moins sourd, et un peu plus sec, comme ceux d'un poing contre un corps humain. Cela ne dure pas très longtemps, et Atom revient vers nous, le regard noir, puis prend Margritis dans ses bras. Elle lui demande :

"T'as quand même attendu qu'il se retire de Samantha, non ?
- Bien sûr que non.
- Mais tu sais, c'était juste pour me porter qu'il avait...
- M'en fous."

Personne ne semble être en position de discuter avec Atom. Demon me regarde, hausse les épaules et retourne visiter le frigo, malheureusement vide. Il se rabat sur le congélateur, l'ouvre, et se fige.

"Y'a un truc bizarre..."

Tous les regards convergent vers lui.

"Y'a une lettre dans le congélo..."

Il sort une enveloppe passablement gelée, mais curieusement le morceau de papier qui est à l'intérieur semble intact, comme si l'enveloppe était isotherme... La lettre contient des instructions, et est signée "Bylgosk". Il nous est demandé de nous rendre à Bordeaux sous cinq jours, afin de rencontrer "certaines personnes", comme dit dans le texte, faute de quoi c0wb0ys serait détruit. "Des Anglais..." murmure DarkmoOn, ce qui ne semble pas être l'avis de tout le monde. Sa déduction ne fait pas l'unanimité, je penche pour ma part pour un pays du Nord, type Norvège. Nous prenons chacun une chaise, nous nous installons autour de la table et nous lançons le débat sur l'origine et la nature de la lettre et de nos agresseurs.

Les théories fusent... Bâtiment sous le mémorial, soucoupes volantes, milice armée, sonorité nordique, méthodes d'intimidation... Atom se risque à déduire que nos agresseurs sont des nazis Norvégiens, amateurs de Black Metal - pour la sonorité de "Bylgosk" - et amis d'extraterrestes, mais il ne parvient pas à convaincre tout le monde. Pourtant, l'idée d'une congrégation de fanatiques de Black Metal telle que l'ancien Inner Black Circle est séduisante, et concorde avec les faits, mis à part le détail de la soucoupe volante.

"Tu parles d'un détail, lâche Goldice, désabusée
- Ouais, ça fait un bon gros détail ça...
- Comme ma queue."

La remarque de Count tombe dans le silence, et tout le monde se met d'accord sur la stratégie à adopter : il faut aller à Bordeaux. Nous allons nous équiper en armes, voler un véhicule - tout le monde semble s'être fait au pick-up, et partir en expédition. Avec DarkmoOn, nous décidons de former le Concile Rouge, qui rassemble les huit guerriers des semaines passées : Ankou, Atom, Count, Demon, Margritis, Morgoth, Samantha et moi même. Goldice a décidé de rentrer, et nous la comprenons parfaitement. Atom lance quand même un "L'abeille rentre à la ruche", remarque qui lui vaut une belle baffe, mais globalement nous acceptons sa décision.

La route est tracée. Bordeaux, nous voilà... Il reste cependant un détail qui me gêne. Morgoth et Margritis nous sont revenus, mais l'un comme l'autre disent n'avoir aucun souvenir de ce qui leur est arrivé entre leur capture et leur évasion...


A SUIVRE

Dimanche 28 mai 2006 à 23:54

"Y'a marqué 'Sortie de secours' là !"

La réflexion de Samantha frappe tout le monde par sa limpidité. Après une brève concertation, il nous apparaît intéressant d'essayer de filer par la sortie de secours, sachant qu'elle doit être un peu moins surveillée que le reste de l'immeuble. Ah, oui, nous avons déduit que nous étions dans un immeuble étant donné le fait qu'il y a manifestement des étages, à en juger par les escaliers. Goldice ouvre la porte verte en ferraille placée sous l'écriteau, fait un pas vers l'ouverture et disparaît aussi sec. Margritis se jette à son secours, suivie de près par moi. Nous passons la tête par la porte et nous aperçevons qu'elle donne sur l'extérieur, dans le vide. Goldice est un mètre plus bas, accrochée à une gouttière par sa jupe, qui commence à craquer dangereusement, laissant apparaître un éclatant boxer noir à bordures blanches. Morgoth, entendant un bruit de déchirure, nous rejoint au pas de course, observe la scène une demi seconde, et lance à Goldice :

"Jette moi ton appareil photo, ce sera au moins ça de sauvé !"

Goldice s'exécute, mais à peine Morgoth a-t-il attrapé l'objet qu'il commence à mitrailler les fesses de la demoiselle, chose que Samantha prend très mal. Elle manque de m'arracher la tête en attrapant Morgoth par les cheveux pour le traîner loin de la porte ouverte. Je tourne la tête pour ne pas voir le carnage, et je tends ma main vers Goldice, qui n'est plus très sereine, accrochée à sa gouttière, puis je la remonte, aidé de Margritis. A peine est-elle sur pieds qu'elle se tourne vers le centre de la pièce, où l'on distingue Morgoth allongé et Samantha assise sur son thorax, et s'écrie "Mon appareil !!"

Silence dans la salle. Margritis referme doucement la porte. Ankou, Atom, Count et Demon baissent la tête. Samantha se relève doucement. Morgoth reste à terre, et il semble manquer d'air. Après quelques secondes de flottement durant lesquelles tout semble figé, même l'air qui nous entoure, Atom se précipite vers Morgoth, le redresse et lui donne un grand coup dans le dos. Le bruit sec de sa main sur la colonne vertébrale de l'individu susnommé est immédiatement suivi d'un bruit métallique, le bruit d'un objet qui tombe sur un sol en acier. Goldice est sidérée :

"Que...
- Bah ouais, je voulais lui faire avaler, lui répond Samantha
- Lui faire avaler un appareil ?...
- On sait jamais, il a le gosier extensible..."

Nous nous regardons, mi-amusés, mi-inquiets. Atom risque une remarque sur la possible origine phallique de la déformation de la gorge de Morgoth, mais mis à part les protestations vigoureuses de Samantha, personne ne semble relever la plaisanterie. Goldice est trop occupée à nettoyer son joujou, tandis que Demon est littéralement mort de rire. Après quelques minutes passées à nous remettre de nos émotions, nous reprenons la direction que nous pensons être celle de la sortie. De toute façon, comme l'a fait remarquer Ankou, c'est pas compliqué, y'a qu'un seul chemin possible. Count s'attendait à de multiples salles bourrées de scientifiques fous et d'ordinateurs surpuissants, mais en fait il n'en est rien. Tout au plus y a-t-il quelques machines étranges, mais nous n'y prêtons pas grande attention. La seule chose qui fixe nos idées est la question : qu'allons nous encore trouver sur notre route ?...

***

"Ils ont tué les trois mercenaires envoyés par Aveuh...
- Bon dieu mais c'est pas possible, neuf gamins lâchés dans une base secrète bourrée d'hommes surentraînés, ils peuvent pas survivre aussi longtemps normalement !
- Oui chef, sauf que notre base secrète n'est qu'un petit immeuble, et que nous ne disposons que de quelques hommes entraînés, et encore.
- Quoi, il n'y a plus de soldats ?
- Si, mais je voulais dire que leur entraînement se limite à l'absorption d'alcool...
- ...
- Ah oui, ils font beaucoup l'amour aussi.
- Depuis quand y'a des femmes ici ??
- Heu... J'ai pas dit avec qui... Ils se débrouillent bien entre eux...
- Non mais je rêve... Et ces..."

L'homme est interrompu par l'arrivée d'un troisième larron. Il s'agit tout simplement de Aveuh, le responsable des militaires en poste dans l'immeuble. Il prend immédiatement la parole :

"Mon cher maître, nous avons un problème.
- Quoi encore ? En plus d'apprendre que mes soldats sont pédés, je vais apprendre que vous couchez avec ma femme ?
- Euh... Non, en fait ça n'a rien à voir. Mais si vous voulez tout savoir, je couche effectivement avec elle. Elle dit vouloir combler un manque aff...
- FERMEZ LA !! Et dites moi ce qui ne va pas !
- Bon bon... Mais ne traitez plus mes hommes de pédés, l'homophobie et la gestion du personnel ne font pas bon ménage...
- Oui, bon, abrégez j'ai dit !
- Pardon. Nous avons effectivement un petit problème d'armement. Nos derniers M16 sont rouillés, et le seul Sig 552 qui reste vient de rendre l'âme. Nous avons récupéré des AK47 et des armes de poings, notamment des M92-FS ainsi que des M93-R, mais nous en avons trop peu.
- Excusez-moi, mais je n'ai rien saisi à votre jargon.
- Retenez que nous n'avons quasiment plus d'armes en état de marche.
- Nous avons beaucoup d'hommes sans armes ?
- Nous avons quelques hommes sans armes.
- Combien ??
- Deux...
- Ah... Tout n'est pas si désespéré alors !
- ... sur quatre."

***

Un autre problème vient de se dresser devant nous. Il mesure environ deux mètres, il est armé d'un gros fusil mitrailleur, et il pue l'alcool. Avant même qu'il ait pu tenter quelque chose d'hostile envers nous, Atom, Demon et Count se sont jetés sur lui et l'ont mis à terre. Demon lève le poing pour réitérer sa performance sanglante du premier garde, mais il arrête son geste en plein vol et se retourne vers Margritis :

"Tu veux l'interroger celui-là ?
- Oui, pourquoi pas !
- Alors dépèche toi !"

Margritis se rapproche du géant et lui annonce que s'il ne nous explique pas comment sortir, ses amis le tabasseront jusqu'à ce qu'il en crève. Après s'être fait répéter la question, l'homme semble définitivement trop imbibé pour nous donner une réponse intelligible. Demon redémarre au quart de tour :

"Il est bourré, il ne nous sert à rien."

Puis il reprend son processus de destruction systématique là où il l'avait arrêté, et au bout de quelques minutes, avec l'aide de Morgoth, Atom, Count et moi, le corps a pris une forme de meuble Ikea encore à l'état de carton. J'avoue que ma seule raison de participer au massacre a été la découverte d'une carte animée Bob l'Eponge dans sa poche de veste. Je hais la violence gratuite, sauf lorsqu'il s'agit de pulvériser un fanatique de Bob l'Eponge de deux mètres de haut, mal rasé, et doté d'un gros calibre. Apparemment, les filles nous font la gueule : elles le trouvaient plutôt charmant. Seule Ankou reste neutre et ne participe pas à ce déballage de mièvreries. De toute façon, tout le monde est maintenant d'accord pour dire que la gelée de groseilles, c'est mieux avec des vraies groseilles et dans un pot dans sa cuisine qu'avec du sang et des tripes étalées sur un sol métallique. Margritis nous secoue un peu, et nous reprenons la marche.

Décidément, nous n'en finissons plus de descendre. Nous venons de parcourir quatre escaliers sans pitié pour nos jambes, et en voici déjà un cinquième qui se profile à l'horizon, lorsque tout à coup Atom s'arrête et s'écrie : "Là !!"... Tout le monde l'imite, et regarde dans sa direction, puis dans la direction pointée par son doigt. Une forme est gravée dans un mur, mais impossible de voir ce que c'est. Nous nous approchons et constatons qu'il s'agit d'un semblant de soucoupe volante, avec écrit sur le dessus "c0wb0ys c'est de la merde".

"Merde alors, ils seraient d'origine extraterrestre ?"
"Un complot intergalactique !"
"Notre planète est en danger..."
"Albator, sauve nous !"

L'auteur de cette dernière remarque n'est autre que l'auteur de la découverte du dessin sur le mur, j'ai nommé Atom. Morgoth se retourne vers lui et déclare :

"T'es con, c'est Cap'tain Planet qui va nous sauver..."

Je m'arrache et je reprends la direction des escaliers, vite suivi par les autres. Atom et Morgoth nous emboîtent le pas, et nous continuons à descendre, lorsqu'un nouvel évènement étrange nous arrête une fois de plus. Une brume blanche nous barre la route, et elle a vaguement la forme d'un corps. Goldice ne peut s'empêcher de signaler à Atom que son cher Albator a une drôle de mine, mais devant la réceptivité négative de ce dernier, elle se tait et se tourne vers la boule blanche, qui a pris la forme d'un visage. Et certains connaissent ce visage...

"Jiria !!"

En effet, c'est Jiria qui vient de nous apparaître, ou plutôt sa représentation. Elle tend ce qui semble être un morceau de papier à Margritis, puis s'estompe aussi vite qu'elle s'est formée.

Nous sommes tous choqués par ce phénomène, et nous nous lançons dans un débat dans lequel personne ne parvient à l'expliquer lorsque Margritis a la présence d'esprit de vérifier si quelque chose est inscrit sur le morceau de papier. Elle nous lit à voix haute les quelques lignes :

"Grand parmi les transcendants, on l'appelle le nombre de Champernowne. La suite des nombres entiers en base dix est sa valeur. La dix-septième décimale de ce monument des mathématiques est le nombre d'étages qu'ils vous reste à descendre avant d'arriver à la sortie. A vous de jouer..."

Silence. Atom lâche un "On s'en fout du nombre d'étages", ce qui a pour effet de rallier à sa cause plusieurs voix, dont la mienne. Après une courte réflexion, il nous apparaît tous évident qu'il nous est inutile de connaître le nombre d'étages restants, et nous repartons... pour quelques mètres. Morgoth a en effet à peine posé le pied sur la première marche de l'escalier devant nous qu'un filet tombe d'une ouverture dans le plafond, et le pêche comme un vulgaire poisson. La trappe se referme. Nous ne sommes plus que huit.


A SUIVRE...


PS : pour information, la constante de Champernowne existe bel et bien, et l'énigme est parfaitement valable d'un point de vue formel. Si vous voulez vous amuser à la résoudre...

Dimanche 28 mai 2006 à 11:59

J'en profite pour vous signaler que je suis de retour, et que par conséquent les FanArts ne sont plus à envoyer en double, mais seulement à mon adresse...



Auteur : Nuizou
Scène : Tenus en joue par les agresseurs de la forêt (épisode 5)

Vendredi 26 mai 2006 à 22:54



Auteur : Atom-of-the-end
Scène :
Atom vient se placer à côté de Demon, qui scrute toujours l'horizon vide. (épisode 5)



Auteur : Atom-of-the-end
Scène :
Le viol collectif de nelizpuce par messieurs : (de gauche à droite sur le dessin) Count, joKeR, Atom-of-the-end, Demon (épisode 1)

Jeudi 25 mai 2006 à 19:27



Auteur : Atom-of-the-end
Scène :
Quatre personnes entrent silencieusement dans la chambre. Ils se placent chacun en face d'un lit, tenant une longue et fine épée à la main. Ils sont vêtus d'une longue robe noire à capuche, avec le sigle "c0wb0ys" brodé dans le dos. (épisode 1)

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