Mercredi 28 avril 2004 à 19:25

joKeR maintenant présent sur un nouveau blog, sous le pseudo de Jeldora... Ce nouveau blog rassemblera principalement et exclusivement les photos et des articles au ton plus léger, moins "sérieux". Ce sera en fait plus dans le ton "journal intime"... Mais mon blog principal reste celui-ci !! :) Bonne lecture !!

Lundi 19 avril 2004 à 10:24

Aujourd'hui, lundi 19 avril 2004...

 

Notre histoire a commencé le vendredi 28 mars 2003 à 16 h...

Le dimanche 28 mars 2004, un an s'était écoulé...

Le dimanche 18 avril 2004, notre histoire se terminait à 16 h...

Cela fait exactement un an et trois semaines, à l'heure près...

Et c'est trop dur...

Dimanche 18 avril 2004 à 13:30

Cette nouvelle est un texte de science-fiction qui s'inscrit dans le cadre d'un univers futuriste : Sanaloria. Vous pouvez vous immerger dans ce monde sur le site http://www.sanaloria.fr.st et je vous le conseille fortement si vous voulez profiter pleinement de cette histoire... Bonne lecture !

 

 

Il ne l’entrevit que durant quelques millionièmes de seconde. La rapidité avec laquelle elle le foudroya aurait même pu impressionner un M-13. Le cerveau de l’homme, travaillant à la vitesse de la lumière eut le temps d’analyser les informations qui lui parvenaient en masse, les synapses de ses neurones se liant et se désintégrant en chaîne, et en déduisit qu’il allait mourir. Malheureusement, les quelques centimètres qui séparent la zone de langage de la bouche furent un obstacle trop long à franchir, et il n’eut pas le temps de hurler. Il ne fit aucun doute que c’était mieux ainsi.

La fille ramassa la plaque magnétique d’identité du cadavre, et la mit dans sa poche. Elle aurait pu passer pour une ancienne Terrienne, tenue irréprochable, combinaison moulante et cheveux attachés, mais en réalité elle avait été élevée sur le sol même de Sanaloria. Très tôt on avait détecté en elle des signes de précocité frappants : dès son plus jeune âge son organisme n’avait manifesté aucune réticence à la prise régulière de l’ARP ; en effet, les jeunes enfants présentaient quasi à coup sûr des effets secondaires, comme des crises de coliques (ou des maux de têtes chroniques), ce qui obligeait souvent les éducateurs ou les parents à investir dans un tout-à-l’égout efficace. De plus, ses taux d’hormones furent très vite proche de ceux d’un Sanalorienne adulte ; elle su tirer avant de savoir marcher ; et ses capacités d’apprentissage étaient colossales. Son éducateur jugea bon de ne pas communiquer ces résultats exceptionnels au gouvernement, pour éviter l’enrôlement dans les commandos AM-13, ce qu’il ne voulait à aucun prix... Elle fut cependant mutée sur l’Anneau au LREEH, le Laboratoire de Recherche des Existences Extraterrestres Hostiles. Manifestant vite une certaine maîtrise des instruments de base, elle intégra vite le cœur du labo, à savoir le Concile. Sa présence au Concile ne fut pas sans conséquences : une femme au Concile ! Indignation ! Traîtrise ! Abomination ! Certains membres, héritant des attitudes Terriennes, furent contre. Le président du Concile, secrètement amoureux, vota pour. Sa voix eut plus de poids que toutes les autres, et elle fut intégrée. Ils ne savaient pas qu’ils commettaient là la plus grande erreur depuis l’utilisation de la TDB…

 

Elle avait aménagé un repaire à l’intérieur de son appartement réservé aux chercheurs du Concile. C’est là qu’elle développait son projet. Ce soir là, en se dirigeant vers son département, elle fut hélée par Shang :

-         « Lena ! »

Dès l’instant où elle perçut sa voix désagréable, elle devina qu’elle allait devoir se débarrasser de lui. Deux victimes en une journée, décidément, voilà qu’elle battait des records…

-         « Que se passe-t-il Shang ?

-         Je ne voulais pas partir avant de t’avoir dit au revoir… »

Quelle gourde !! Elle avait oublié qu’il quittait le LREEH le soir même… Il était vraiment stupide… Il était en poste comme responsable de la sécurité et du personnel, et il avait demandé à être muté ailleurs.

-         « Lena, j’aimerai te demander quelque chose…

-        

-         J’ai envie de t’embrasser avant de partir… »

Ce qui n’était pas vraiment une question, puisqu’il ne lui laissa pas le choix. Il ne la connaissait pas, sinon il n’aurait jamais agi de la sorte. Sans résister, Lena se laissa enlacer par Shang, et au moment où il effleura ses lèvres du bout de sa langue, elle en profita pour lui enfoncer discrètement une aiguille contenant une aiguille empoisonnée dans la cuisse.

« Pauvre con… »

 

            Tu crois que… Mais non, c’est impossible… Et pourtant… Les analyses sont formelles ! Ce n’est pas humainement envisageable… Cela voudrait signifier… La mort… La destruction… Le chaos… Une deuxième disparition de notre race… Le risque est trop grand… Je refuse d’engager ma responsabilité dans cette affaire !! Tant pis… Laissons faire… De toute façon je suis sûr qu’il y a une erreur…

 

            Ainsi, il aurait pu éviter le massacre, mais il fut trop faible. La physiologie humaine diffère de celle des M-13 : les humains sont faibles et aisément corruptibles, ils sont malléables, on peut en faire ce qu’on veut… Alors qu’un M-13, lui, dès son apparition, est conditionné à un rôle précis, et il n’éprouve jamais de doute dans ce qu’il fait… Serje Kriloshkov fut de ces hommes qui, à un moment de leur vie, ont eu à faire un choix capital. Il choisit la mauvaise solution…

 

            « C’est pour bientôt… »

 

            Lena n’avait plus qu’un seul objectif. Tout son plan s’était déroulé à merveille. Il ne lui restait plus qu’à parachever son œuvre… Jusque là, elle n’avait fait aucune erreur. Elle en fit une, la seule, au moment crucial. Mais elle n’éprouva aucun doute… Elle ne su qu’elle s’était trompée qu’au moment de mourir. Elle disposait de plusieurs atouts : d’une part c’était une fille, et les Salanoriens ont pour habitude de considérer les filles comme l’outil de reproduction, pas comme des machines de guerre… D’autre part, elle avait longtemps travaillé dans son local, et elle avait mis au point une arme fabuleuse, terrifiante, et terriblement efficace : une fusion entre une nanomachine et un concentré de matières radioactives très puissantes, qui ont pour effet de désintégrer la cible de l’intérieur ; une sorte d’implosion avec de surcroît une douleur indicible et atroce… Elle possédait aussi une micro « bombe vitaphobe », potentiellement capable de détruire à peu près toute vie à 5 kilomètres à la ronde, et c’est précisément ce qu’elle recherchait : elle comptait détruire la Mémoire Centrale du Concile, ce qui aurait pour conséquence de réduire à néant tous les travaux de recherche sur les M-13, et ainsi de permettre à ces derniers de profiter rapidement d’un avantage certain, et de prendre leur revanche… La Mémoire Centrale était un gigantesque entrecroisement de disques durs, de mémoires vives, de zones de stockage de données… Elle avait été construite pour doubler l’ordinateur central en cas de défaillance.

            Elle s’introduit dans le labo par le vasistas d’aération du sas de sûreté. Il avait été placé là par un ouvrier distrait, et les scientifiques n’avaient pas jugé bon de le faire enlever, mais il s’avère que ce fut une erreur. Elle savait parfaitement qu’elle aurait à mater un garde avant d’arriver à la salle centrale du Concile. Elle se déplaçait, souple et silencieuse, de manière très calculée et mécanique, et elle fut bientôt tout près du premier contrôle de sécurité, devant la porte B-198XC donnant accès aux couloirs du Concile.

      -     « Bonjour mademoiselle Lena

-         Bonsoir…

-         Que faites-vous ici ? Il est tard, le Concile est fermé, vous le savez bien…

-         Oui je le sais… Mais je ne suis pas venu ici pour discuter…

-         C'est-à-dire ?

-         Je suis venu vous faire une proposition : vous m’introduisez dans le Concile, et je vous en remercierais chaleureusement… » Elle détacha ses cheveux puis dégrafa le haut de sa combinaison orange fluo… Le garde fut tout à coup assez gêné ; Lena était une très belle jeune femme qui troublait tous les hommes du secteur B.

-         «  Que faites vous mademoiselle ?

-         Tu ne vois pas ? Je m’offre à toi… En échange de ton laisser passer…

-         Mais je ne peux pas faire ça !! » Il se sentait de plus en plus mal, mais en même temps dévoré d’une envie furieuse de lui montrer qu’il était un homme, un vrai, bien membré et solide dans l’effort… Elle perçut son malaise et sauta sur l’occasion, en l’occurrence sur la bosse sur le pantalon du garde :

-         « Je parie que tu ne devinera jamais tout ce que je sais faire… » Elle s’agenouilla à hauteur de la bosse et, tout à coup, lui planta une aiguille dans le ventre. L’homme se

plia en deux, eu le temps de voir pour la dernière fois les seins de Lena, et s’effondra sans un bruit sur le sol. Disloqué.

 

Shang se dirigeait vers le bar du LREEH quand il ressenti une douleur au niveau de la poitrine. « Encore ce problème de cœur » se dit-il…

-         « Sers moi une vodka caramel !

-         Arrête, tu vas encore dégueuler partout et tu vas me saloper les chiottes…

-         Je te trouve de moins en moins spirituel mon cher…

-         Non c’est bon je déconne… Plus de caramel que de vodka ?

-         Comme tu veux… »

Toujours cette douleur…

Au bout de trois vodkas caramel, il se dirigea d’un pas peu assuré vers les toilettes pour respirer un peu. Après trois crises durant lesquelles il reversa les restes de son repas de la veille, du petit déjeuner et des vodkas caramel (elles étaient mal passé, il devait y avoir trop de caramel), il se sentit mieux. Il mit la main dans sa poche pour prendre son mouchoir afin de se nettoyer le visage. Il n’aimait pas dégueuler, il n’était pas doué pour, il lui restait toujours un bout de quelque chose au coin des lèvres… En l’occurrence, cette fois-ci c’était un bout de croissant du petit dèj. En voulant attraper son mouchoir, il sentit un objet pointu qui dépassait de sa jambe. Intrigué, il regarda de plus près et réussi à arracher ce qui s’avéra être un bout d’épine. Il reconnu immédiatement les épines empoisonnées que les habitants de la surface utilisent pour tuer les voisins indésirables ou les belles mères envahissantes. « Lena… » pensa-t-il instantanément.

 

            Mais si… Pourtant… C’est vrai… Les données ont disparu de l’ordinateur central ! Il suffirait de détruire les mémoires pour annihiler tous nos travaux… Où sont situées ces foutues mémoires ? Et merde…

 

            Lena se rhabilla rapidement et passa la porte. Plus qu’un obstacle, et elle y serait. Mais le contrôle magnétique était moins sujet aux strip-teases que les gardes… Elle sortit de sa poche la plaque du Responsable des Mémoires, qu’elle avait détruit le matin même. Il lui fallait traverser tous les couloirs, ce qui devait lui prendre environ un quart d’heure, pour accéder à la Mémoire Centrale. Elle se félicitait intérieurement de la première phase de sa mission : l’introduction d’un ver dans l’ordinateur central, qu’elle avait finalisé la semaine passée, et qui s’était déclenché durant la journée, avec pour effet de formater les données de l’ordi.

 

            Shang commençait à traîner du pied. Ses déplacements devenaient de plus en plus difficile… Il entra en trombe dans son appartement, activa ses écrans de contrôle, fit une rapide inspection des couloirs et vit le corps du garde étendu devant la porte grande ouverte… « Elle va dans la salle de la Mémoire… » Il alluma son ordinateur, accéda à la Mémoire Centrale et commença à copier les données sur sa machine. Il pensait ainsi sauver les données de la destruction totale. Ce fut la seule bonne idée de sa vie, et ce fut également la dernière.

 

            « Introduisez votre plaque d’identité dans le lecteur situé à votre gauche »

Lena, tendue et stressée, présenta la plaque à la fente qui l’avala, émit quelques « blips blips » du plus bel effet, et finit par afficher « Accès autorisé »… Ouf ! Ca a marché… Elle pénétra dans la salle des Mémoires et se mit à l’ouvrage. La dernière phase du programme commença…

 

            Il lui était de plus en plus difficile de respirer. Il était en pleine agonie. Devant ses yeux défilaient des chiffres, des pourcentages, et pas mal d’autres trucs. La progression de la copie était lente, trop lente… Il fallait qu’il se dépêche. Il ne savait pas combien de temps il lui restait, mais il sentait que son agonie approchait et qu’il fallait finir la copie des données le plus rapidement possible…

 

Serje entra en trombe dans le bureau :

-         « Général !!

-         Qu’y a-t-il ?

-         Général, c’est terrible…

-         Quoi ?

-         C’est une catastrophe…

-         De quoi voulez vous parler ?

-         C’est un désastre…

-         Mais expliquez vous bordel !!

-         Nous allons être submergés…

-         BON DIEU DITES MOI CE QUI NE VA PAS !!

-         Les données de l’ordinateur central du LREEH ont disparu !! Nous n’avons plus aucune information sur l’ennemi ! Tous les systèmes de défense vont se retrouver à sec ! Si ils l’apprennent et qu’ils nous attaquent… Nous ne pourrons rien faire… Ce sera un carnage… »

Le Général comprit seulement qu’ils étaient dans la merde jusqu’au cou…

 

            La bombe terrestre était maintenant opérationnelle. Il lui restait quelques dizaines de minutes pour dégager de la zone et sauver sa peau. Elle n’eut même pas quinze secondes…

 

            Shang leva la tête vers son écran, aperçut « Copie effectuée », et s’écroula par terre, mort. Il avait tenu plus longtemps que Lena le pensait, et surtout il avait été plus intelligent qu’elle le supposait. Il avait sauvé pas mal de vies.

 

            Ils prirent la décision à l’unanimité. Si ils ne pouvaient plus accéder aux données, alors personne ne le pourrait. Ils choisirent de faire sauter la Mémoire, par le biais de détonateurs habilement placés dans la Mémoire à sa mise en service. Ils pensaient en effet éviter le drame total, car ils avaient reçu un message du chef du service de sécurité, Shang Shong Jhenn, leur affirmant avoir mis à l’abri les données sur sa machine personnelle. C’était lui faire confiance ou prendre le risque de fournir aux M-13 tous les renseignements dont ils auraient pu avoir besoin pour prendre leur revanche. Ce fut le bon choix. Ce qui était paradoxal, c’est que la bonne décision était due à deux incapables : Shang, qui n’était bon qu’à courir après les filles et à prendre des bonnes baffes dans la gueule quand il les rattrapait, et Serje, qui aurait pu faire en sorte d’épargner au gouvernement la reconstruction du bâtiment.

 

-         « Général, il faut appuyer sur le bouton maintenant !

-         Lequel ?

-         Le gros rouge, là. »

Il le fit. Geste courageux.

 

            Lena se redressa, entendit un bip, et fut pulvérisée contre les murs de la salle blindée…

 

            La violence de la déflagration ébranla tous les bâtiments à dix kilomètres à la ronde. L’explosion engendra cette nuit-là trois morts par arrêt cardiaque, une dizaine de sourds, et une plainte d’un petit vieux qui avait vu sa moquette salie par son café, brusquement pris d’envie de sortir de la tasse. Rien comparé au désastre évité de justesse. Le corps de Shang, ou plutôt ce qu’il en restait (c'est-à-dire un bout de pied) fut transporté au panthéon des héros Salanorians.

 

            C’est ainsi que Salanoria fut préservée d’une attaque qui aurait pu faire de graves dégâts. Et finalement, remercions les français d’avoir inventé les croissants, sinon Shang n’aurait jamais pensé à Lena…

Dimanche 18 avril 2004 à 13:17

Une nuit de plus

 

Une nuit de plus, dans le brouillard… Les ténèbres emplissent et entourent ton cœur, l’espoir s’amenuise, peu à peu rongé par les sombres pensées qui traversent ton esprit… Une vie entière de questions sans réponses, une nuit entière de douleurs lancinantes, un cauchemar plus vrai que nature, un rêve douloureux qui te ramène à la réalité, ta réalité, notre réalité …

 

Ne plus savoir que faire,

ne plus savoir où aller,

ne plus savoir qui être,

et finir par l’oublier…

 

Les interrogations étaient le lot quotidien de notre héros, ou plutôt de notre anti-héros. Un homme banal, sans éclat ni étincelles, un homme semblable à ceux que l’on croise tous les jours dans le hall de Montparnasse, quelqu’un à qui on ne prête attention qu’une demi seconde, et que l’on a oublié l’instant qui suit. Il s’appelait Jean Martin, ce qui renforçait encore plus cette impression de déjà-vu, mais cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Jean ne cherchait pas à sortir du lot, il souhaitait au contraire être oublié en permanence, comme pour être un fantôme au travers duquel on pourrait apercevoir la lassitude qui emplit les ruelles de Paris. Il avait fêté ses trente-deux ans au début de l’année, et il se sentait plus fatigué que jamais. Il avait passé sa vie à les chercher, il commençait à se sentir vieillir prématurément, et il savait que l’avenir s’assombrissait de jour en jour, qu’il lui faudrait de plus en plus de courage pour continuer ses recherches. Ses chances de réussite étaient plus compromises chaque heure qui passait, si il n’était pas déjà trop tard. Jean n’aurait pas su dire ce qui pouvait encore le  motiver ; il était pareil à un malade sous perfusion auquel on ne veut pas annoncer qu’il n’a plus beaucoup de temps devant lui, et que la perfusion est la seule chose qui le raccroche à la vie. Depuis toutes ces années, une question le taraudait, lui revenait à l’esprit tel un boomerang perpétuel : aurait-il pu vivre sans les chercher ? Aurait-il pu trouver un boulot, prendre le métro tous les matins pour s’apparenter définitivement au parisien moyen ? Il ne voulait pas connaître la réponse, cela l’aurait tué d’apprendre qu’il s’était fourvoyé. Mais cette interrogation le minait, et finalement le détruisait peut-être plus vite que ses recherches en elles-mêmes… Il avait rencontré énormément de personnes, il avait voyagé dans toute la France, il avait fait tant d’efforts qu’il se demandait maintenant s’il n’était pas condamné à errer pour l’éternité dans un monde qui n’avait plus rien d’attrayant pour lui…

 

Peut-on se permettre de passer sa vie à essayer de lui donner un sens ? N’est-ce pas cela, l’enfer ? Un monde dans lequel tout ce qui vous entoure vous est étranger, et où il n’y aura jamais plus que votre ombre qui vous suivra ? Le temps ne joue pas en notre faveur, c’est bien connu. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de « l’horloge de l’univers » ? Cette métaphore qui consiste à assimiler toute l’histoire de la Terre, de sa naissance il y a plus de quatre milliards d’années à aujourd’hui, à une année, et donc à amener à l’échelle d’une année tous les évènements marquants de l’histoire de la Terre. Figurez vous donc que l’évènement qui « nous » concerne, à savoir l’apparition de l’homme, est daté… du 31 décembre à 23h59 ! En gros, à l’échelle d’une année, l’homme ne représente qu’une seconde… Affligeant, n’est-ce pas ? Et nous qui nous croyions si puissants, maîtres de la Terre et des éléments, nous voici remis à notre place : une seconde anodine dans toute l’histoire de la terre…

 

Un instant paisible, l’accalmie,

Une minute pour enfin respirer,

Mais si vite retombé dans l’oubli,

Cet instant disparaît, à jamais…

 

Jean cherchait toujours, il cherchait avec son cœur, son âme, son subconscient, il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour les retrouver, mais il sentait que c’était trop tard, qu’il ne les verrait jamais… Depuis l’âge où il avait été capable de prononcer ses premiers mots, il savait que sa vie était vouée à l’échec tant qu’il ne les trouverait pas. Mais il n’avait pas prévu que l’échec le rattraperait bien avant. Il vivait de bien peu de choses : il allait de greniers en caves, il rencontrait des âmes généreuses qui voulaient bien l’héberger quelques temps ; mais il se faisait également parfois jeter dehors. Il travaillait vaguement dans une obscure société d’aménagement urbain, et il obtenait ainsi de quoi subsister, et continuer ses recherches. Jean avait consulté des experts en tout genre, mais aucun n’avait pu lui apporter une réponse claire, aucun n’avait pu l’aider à entrevoir le but qu’il poursuivait depuis tant d’années. Il ne savait plus à qui s’adresser ; même les mairies, les cliniques ou les voyantes étaient dans l’incapacité de lui répondre… Il avait exploré une bonne partie de la France, mais malgré ses recherches ciblées, il n’avait pu obtenir aucun indice. Mais il avait oublié un détail énorme, ou plutôt il avait oublié de chercher là où il aurait le faire depuis si longtemps. Oublié, ou refusé, inconsciemment. Toujours est-il que cette erreur le perdit…

 

Tu es la chair de la chair, tu es un assemblage d’éléments primordiaux, de molécules originelles, d’atomes aussi vieux que l’univers. Ton corps est fait des mêmes poussières qui constituent ta table de jardin. Mais tout cela, tu le sais, tu le ressens au plus profond de ton être, personne n’a eu besoin de te le dire pour que tu t’en doutes… Que sais-tu encore ? Que tu es un humain, progéniture de Monsieur ton père et Madame ta mère, que tu es au sommet de l’évolution, doté de toutes les caractéristiques nécessaires pour assurer ta survie. Mais tu n’as jamais remercié ta véritable mère, la nature, sans qui tu ne serais qu’une âme sans conscience dans la longue file d’attente de l’avant-vie, espérant qu’un corps te serait bientôt offert par la nature…

 

Un matin heureux, souriant,

Une journée harassante, sans pitié,

Un soir doux, calme, inquiétant,

Une nuit éternelle, adieu à jamais…

 

Un matin gris se levait sur Paris. Encore une journée à errer, pantin transparent et muet. Telle était la vie de Jean Martin, lié à son destin pour le reste de son existence. Et pourtant, le but de sa quête était situé à quelques dizaines de kilomètres de chez lui, au cimetière de son village natal… Son malaise grandissait, ses interrogations se muaient en appréhensions, puis en terreur. Sans réellement se l’avouer, c’était son origine moléculaire profonde qu’il recherchait à travers un but beaucoup plus précis…

 

 

La fin d’un récit est déterminante : c’est l’impression laissée par les derniers mots qui va achever de convaincre le lecteur, ou au contraire le laisser sur sa faim avec un sentiment de médiocrité. Ce texte ne vous paraît pas achevé ? J’ai mieux à vous proposer : je ne finirais pas cette histoire. C’est à vous de la terminer, si vous le voulez. Après tout, l’avenir vous appartient…

 

 

 

Jeudi 15 avril 2004 à 16:18

Aaah, les vacances... Je suis de passage chez moi pour récupérer quelques affaires et je repars ce soir, pour enfin revenir ce week-end... Et j'ai profité de cette période de calme pour écrire deux ou trois articles, que je mettrais en ligne dès mon retour... A vos claviers pour les commentaires !! lol :p

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