Mardi 17 février 2004 à 16:58

De retour une nouvelle fois avec un article discutable, bien que je n'en convienne que si vous arrivez à me le prouver... ;) Pour cette nouvelle digression personnelle, je vais parler de laxisme communicatif. En gros, du manque de communication évident qui règne chez l'homme. C'est assez amusant de penser, d'ailleurs, que je me sers d'un concept de site totalement non-communicatif pour exprimer des remarques sur ce manque, étant donné que le système de Blog est un système personnel, et non pas ouvert. Peu importe, de toute façon. La communication, il y a des millénaires et des millénaires, se résumait à des grognements, des bruits, des roulements de tambours, des gestes, et que sais-je encore. Puis elle a évolué, en passant par les papyrus, les signaux de fumée, le télégraphe, le téléphone, internet... Mais de nos jours, la communication la plus basique, à savoir le grognement codifié (la parole), qui date de l'aube de l'humanité, est en passe de disparaitre. Ou en tout cas, il se dirige vers la voie qui conduit au point de non retour. J'ai parlé de "système personnel" en évoquant le Blog. Je vais généraliser en parlant de "communication personnelle", c'est à dire un type de communication sans contact, qui permet de dire beaucoup de choses sans avoir à prévoir la ou les réactions de(s) interlocuteur(s). Ce type de communication n'est pas du type personne -> interlocuteur, mais du type personne -> support intermédiaire -> interlocuteur. La différence majeure se situe au niveau de l'appréciation de ses dires. Quand vous discutez, "en direct" avec votre voisin, votre copine ou votre chien, vous pouvez voir les réactions causées par vos phrases se peindre sur le visage de la personne, ou du chien, qui vous fait face (encore que pour le chien je demande à vérifier) ; alors que quand vous envoyez un mail, que vous passez un coup de fil, que vous chattez, que vous envoyez un SMS ou que vous faites comme moi et que vous laissez des articles sur un site, peu vous importe la réaction de l'autre puisque vous n'avez quasi aucun moyen de le voir. J'apporterais une légère nuance dans le cas du téléphone : on peut tout de même percevoir des réactions dans la voix de l'interlocuteur. La communication à travers les machines n'est pas vivante. Elle est stérile, fade, pâle, c'est comme de la soupe sans sel : on sent bien qu'il manque quelque chose. Ce n'est pas que je sois contre cette forme de dialogue, au contraire ! Mais à mon avis il faut savoir faire la part des choses et continuer à rencontrer les gens en direct, car c'est la forme de communication qui apporte le plus à l'homme. De nos jours, les accros à internet ne savent plus argumenter. Ils ne savent plus construire une réflexion, écrire correctement ou développer un point de vue personnel. Je m'arrêterais brièvement sur la qualité orthographique de certaines prestations. Je ne parle pas de c0wb0ys en particulier, je généralise à TOUS les sites qui vous permettent de laisser de quelques lignes à des romans entiers. Le fait est que l'on trouve de plus en plus de phrases truffées de fautes énormes, qui foudroieraient sur place des plus grands académiciens jusqu'au petit prof de philo de banlieue. Et encore, s'il n'y avait que l'orthographe ! Mais la syntaxe ! La grammaire ! La qualité d'expression ! On a parfois l'impression de lire une autre langue... Enfin bon, je ne suis pas là pour polémiquer, ni pour renvoyer à leurs études les personnes qui se sentiront visées, mais je profite de la liberté d'expression qui m'est allouée pour faire ces constatations... Revenons gaiement à la communication. En sachant que l'orthographe n'est pas une science aimée de tous les petits français, comment voulez-vous que la syntaxte "texto - t'chat" leur permette de s'améliorer ?... Alors on assiste parfois à des reclusions, des jeunes qui ne sortent plus de chez eux et qui ne communiquent plus que par machine interposée. Il y a plusieurs problèmes dans ce sujet. Le premier, c'est la "mass médiatisation" de la djeun's attitude, de la mode des textos (qui n'a jamais vu la publicité pour le "huit vingt-deux vingt-deux"...) et des bienfaits d'internet... Mais il y a un facteur à prendre en compte : la puissance des médias est elle aussi un type de communication, et cette communication perverse et mauvaise conditionne les attitudes et les comportements, ce qui débouche sur des identifications aux phénomènes de mode et à l'enfermement dans un mode d'écriture et de communication. Le deuxième, c'est le laxisme enseignant à propos des "cas particuliers", vous savez, vous en avez peut-être eu un dans votre classe il y a quelques années, celui qui ne savait pas écrire une phrase sans faire deux fautes par mots et qui travaillait désespérément à son orthographe et à sa grammaire... Dans ces cas là, les enseignants classifient l'élève en question comme un OVNI, et considèrent qu'ils n'ont pas de temps à perdre avec quelqu'un qui a deux années de retard sur le programme de français. Et c'est là que le bât blesse : si l'on ne s'occupe pas de ces élèves le plus tôt possible, ils n'auront jamais l'opportunité d'acquérir des bases solides. Et malheureusement, c'est souvent le cas... J'en ai fini avec ma communication, à vous de me communiquer vos remarques ! Ai n'oublihé pa : viveu l'aurtografes !

Dimanche 15 février 2004 à 19:06

Vivre sans penser, peut-être, mais vivre sans avoir conscience de soi ? C'est flotter indéfiniment, avoir un corps mais ne pas le savoir…

Jeldora fut abandonné dans son appartement. Il n'était pas mort, il était pire. Parfois, des sursauts de lucidité le secouaient comme les décharges électriques qu'il avait réussi à éviter durant les tests. Une énorme cicatrice barrait son front, recousu à la hâte et sans application. Un fantôme, ou un monstre. Ou les deux. A cause d'un homme qui avait voulu plonger au cœur des instincts, de la mémoire ancestrale de la race humaine… Qui n'a jamais éprouvé un sentiment si brusque que cela l'a surpris lui-même ? Qui n'a jamais eu tout à coup l'impression de se souvenir de "quelque chose" d'indéfini, mais pourtant réel ? Tout le monde s'est un jour vu en train de réagir de telle ou telle façon, de ressentir quelque chose, de voir un flash-back...

Les réactions incontrôlées font partie de ce que j'appelle la manifestation explicite subconsciente de l'instinct. Vous ne savez pas d'où vous vient ce brusque sentiment, mais il s'avère que vous l'avez réellement ressenti. Cela n'est que la manifestation d'un sentiment rudimentaire, qui existe chez l'homme depuis son apparition, et qui a disparu peu à peu de notre culture, mais qui n'a pas totalement été chassé de notre cerveau. C'est cela, l'instinct, c'est l'éveil subconscient et instantané d'une réaction aussi vieille que l'homme lui-même. La race humaine est frustrée par nature.

L'être humain est parti de rien, d'un statut d'animal, de grand singe, chasseur, pêcheur, cueilleur... Mais l'être humain est toujours insatisfait. Il a inventé son monde à son image, sans se soucier des dégâts qu'il pouvait causer. Il s'en fout, l'homme, c'est la marche de l'Evolution. E-vo-lu-tion. Un concept clé qui lui a servi d'argument à maintes reprises. L'homme apparaît comme un Dieu irresponsable : il s'est donné le pouvoir de remodeler la Terre à SON désir, mais il n'a précisément tenu compte que du sien. Mais qui s'intéresse à l'avis d'une plante ?...

La Peur de l'Autre. Voilà aussi une grande énigme ancrée au plus profond de l'humanité. Depuis l'éternité, l'homme a peur de ce qu'il ne connaît pas. Les différences l'effraient. Et, plus dramatique encore, de sa peur naît la haine, et de sa haine naît le désir de détruire. Tout ça parce que son gentil petit monde a failli se trouver bouleversé par l'Inconnu. Mais il n'en veut pas, l'homme, de l'Inconnu. Il ne veut pas être concurrencé, c'est lui le patron. Si le voisin le dérange, il commencera par s'en méfier. Puis il le trouvera vite énervant. Ensuite, il décrètera qu'il ne l'aime pas. Puis qu'il le hait. "Chérie, je vais le tuer cet abruti de voisin". "Mais non voyons, tu dis n'importe quoi". Mais au fond d'elle, l'épouse se dit qu'il a bien raison, et qu'elle est fière d'avoir un mari qui défend leur liberté. Leur liberté !! L'être humain s'emballe et va jusqu'à tuer parce qu'il croit défendre sa liberté. Dans certains cas, c'est encore pire : cela se passe à l'échelle des pays…

Ah ! Elles sont belles, ces valeurs. Partons en guerre, car l'Autre est différent, il nous fait peur. Et ce qui nous fait peur, nous ne l'aimons pas. Ce que nous n'aimons pas, il faut le détruire, ainsi il ne nous fera plus peur... Pour en revenir à notre cher instinct, cette fameuse peur de l'inconnu est gravée dans la mémoire ancestrale de l'homme. Elle existe depuis la nuit des temps, et elle n'est pas prête de disparaître. C'est malheureusement aussi le cas pour l'évolution. L'homme croit bon d'exploiter jusqu'à la dernière ressource de sa planète, jusqu'au jour où il n'en trouvera plus. Ce jour là, c'est à nous tous de le retarder, car il est inévitable.

La notion de Crime contre l'Humanité ne suffit même pas à exprimer l'horreur des exécutions nazies. Et pourtant elle a été inventée pour eux.

Exécution n°264 : quarante cinq prisonniers juifs. Chambre à gaz. Parmi eux, une Juive née Polonais, et vivant en concubinage avec un parisien. Louise. Avant de partir, elle a confié Gaël à Brigit. Elle senti qu'il était entre de bonnes mains, tout du moins jusqu'au prochain gazage… Elle s'avança au beau milieu des prisonniers terrorisés, en larmes, et se dirigea vers le bâtiment qui allait être sa dernière demeure. Sa dernière pensée, au moment où le gaz atteint ses poumons et commença son travail de destruction, rongeant ses organes et explosant ses artères, fut pour sa famille : Jeldora et Gaël, dont elle ne pourrait jamais connaître l'avenir.

11h04. Prisonniers exécutés.

Gaël n'arrivait pas à pleurer. Il ne comprenait pas, et en même temps il était trop choqué pour réagir. Comment peut-on expliquer à un enfant que sa mère est morte pour la seule raison de sa confession religieuse ? Brigit le prit sous son aile, et essaya d'atténuer sa douleur, mais rien n'y fit. Gaël ne parvenait pas à s'attacher à quoi que ce soit. Et ce drame déclencha une nouvelle amnésie intempestive. Gaël se sentit tout à coup extérieur au monde, au-dessus de toute perception, vide de toute sensation. Il regarda autour de lui, observa les bâtiments, les prisonniers, le béton gris et froid, et il perçut l'horreur ambiante, mais sans savoir pourquoi il était là. Il venait d'oublier la mort de sa mère. Il fut assez lucide pour comprendre qu'il était de nouveau la victime de sa mémoire défaillante, mais en cet instant il aurait tout donné pour la retrouver au plus vite, tant l'angoisse qui était en train de le saisir l'engourdissait petit à petit…

Ce fut finalement Alex Russel qui le tira de sa torpeur muette. Le major trouva l'enfant assis, sur une dalle de ciment, les yeux ouverts fixant le vide, comme une statue de cire plongée dans une profonde réflexion. Russel s'assit à ses côtés, et s'immobilisa à son tour. Gaël ne semblait pas l'avoir remarqué. Au bout d'une dizaine de minutes, il sortit de sa transe, et remarqua Alex. L'enfant, à son tour, se lia d'amitié avec ce si mystérieux personnage… Exécution n°266 : trente prisonniers juifs. Vingt-cinq enfants. Gaël était sur la liste. L'exécution devait avoir lieu à 14h32. Vers 13h, le major Russel vint trouver l'enfant. Il s'entretinrent pendant une heure, et finalement se séparèrent, un peu avant l'heure de l'exécution.

14h32. Prisonniers exécutés.

Peu après, Alex Russel demanda sa mutation dans un autre camp. Peu importe, pourvu que cela soit loin de Dachau. Le dégoût faisait des victimes même dans le camp nazi. Le génocide humain a horrifié certains de ses acteurs, tant le crime était grand.

Les hommes et les femmes sont égaux devant la mort. Le sont-ils pendant leur vie ?...

Du 20 Novembre 1945 au 1er Octobre 1946 eut lieu le procès de Nuremberg. Vingt quatre responsables militaires et politiques Allemands furent jugés pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crime contre la paix et conjuration. Douze d'entre eux furent condamnés à mort. Il y eu plusieurs autres procès entre 1946 et 1949, où furent jugés des responsables militaires, des médecins, des scientifiques… Ranke Boën fut condamné à la prison à perpétuité. En 1948, le tribunal rendit un verdict à propos d'un agent Anglais infiltré dans l'armée Allemande, qui avait sauvé des dizaines de vies en les faisant sortir des camps de concentration à ses risques et périls.

« Affaire n°725 : cas du major Alexia Russel… Le tribunal a prononcé l'acquittement en faveur de mademoiselle Russel. » Affaire classée.

La vengeance ne fera pas revenir les disparus, mais elle soulage les âmes torturées. As-tu déjà imaginé tuer ton père ?...

En 1960, un ancien médecin Allemand, soupçonné d'avoir participé aux agissements des Nazis en tant que responsable d'un camp de concentration, fut retrouvé mort dans sa chambre. Il fut impossible d'affirmer de quoi l'homme était mort, ou plutôt comment il était mort, tant le cadavre était dans un état lamentable. Les enquêteurs n'avaient pas pu retrouver tous les morceaux du corps. Dans son appartement, Gaël reprenait ses esprits. Il avait vengé sa mère, et il remercia Alexia d'avoir pu lui permettre de rester en vie. Par contre, il n'avait jamais su ce qui était arrivé à Jeldora. Il n'avait plus beaucoup d'espoir. Et l'espoir n'attend pas…

Il venait de tuer son véritable père.



Les références historiques au procès de Nuremberg et aux 170 autres procès contre les acteurs de la seconde guerre mondiale sont exactes, mais les personnages de ce récit sont purement fictionnels ; sauf un. L'histoire de Jeldora est une histoire vraie : cet homme a effectivement existé. Son nom était Cherechevski. Un psychologue, Alexandre Luria, lui a consacré un livre : « L'homme dont le monde volait en éclats ». Son histoire a été librement adaptée dans ce récit de fiction.

Dimanche 15 février 2004 à 16:50

Tu te souviens ? Moi je n'arrive plus à m'en souvenir, j'étais trop jeune… Et si on pouvait se rappeler de sa naissance ?…

Quand Jeldora rouvrit les yeux, il était toujours attaché et bâillonné, mais maintenant sur une chaise. En face de lui se tenait un homme massif et rougeaud, qui l'observait d'un air perplexe. Il devait attendre depuis un petit moment qu'il se réveille. « Je me présente : je suis le docteur Ranke Boën. Je suis responsable du projet Gedächtnis, et vous avez été amené ici pour subir quelques tests, en raison de votre prétendue réputation… » Le scientifique s'exprimait dans un français parfait, avec un léger accent. Jeldora ne prit pas la peine de se présenter, ou plutôt on ne lui laissa pas le temps de le faire : il fut détaché et amené dans une pièce qui ressemblait fort à un laboratoire.

« Voyez vous, l'humanité est forte d'une mémoire collective d'une richesse insoupçonnable. Les souvenirs communs que l'homme a accumulés depuis l'aube des temps sont présents, aujourd'hui, dans le cerveau de n'importe quel humain. Vous pouvez vous en rendre compte tous les jours : l'homme obéit à ses instincts, mais il n'en connaît pas l'origine. L'autodestruction, la reproduction, la peur de l'inconnu, autant d'instincts inexplicables qui ressortent pourtant dans la vie de tous les jours, chez le moindre individu insignifiant. Mais d'où viennent ces souvenirs ? De la préhistoire, de l'époque où l'homme avait besoin de se reproduire pour survivre, et de craindre ce qu'il ne connaissait pas pour éviter de finir en dessert. La lutte pour la survie n'a plus du tout le même sens de nos jours, mais les instincts, eux, sont restés, ce qui aboutit souvent à des comportements qui n'ont plus leur place dans la société actuelle. Mon projet est de retrouver les zones du cerveau qui utilisent, à bon escient ou pour détruire la planète, la mémoire que nous partageons tous. Et vous, dont j'ai entendu parler pour vos extraordinaires capacités, vous allez m'aider à comprendre… »

Tel fut le discours de Boën tandis que ses assistants attachaient Jeldora à un fauteuil curieusement équipé. Ce que Boën ne disait pas, c'est qu'il avait l'intention de trouver une explication à la théorie nazie des races. Il pensait trouver, dans la mémoire collective, les raisons de l'infériorité des autres races face aux Aryens. De fait, il était en fin de carrière, et plus rien n'aurait pu lui faire plaisir que de finir sur un succès. Il était aussi un peu fou. Le déroulement des expériences a été caché aux yeux de tous. Seuls les assistants et Boën lui-même savent ce qui s'est passé dans les laboratoires privés du scientifique. Et encore, les assistants sont mystérieusement morts les uns après les autres, empoisonnés, pendus, tués dans des accidents… Personne n'ayant jamais pu justifier leur assassinat, la thèse du suicide fut retenue à chaque fois. Les carnets du docteur Boën ont été retrouvés dans des archives condamnées. Ils relatent le déroulement des expériences sur Jeldora. Ce sont les seuls documents dont nous disposons à propos de ce qui s'est réellement passé. Je suis maintenant en mesure de les exposer au grand jour. Il apparaît que plusieurs pages ont été arrachées, mais cela ne pose pas de problème quant à la cohérence des écrits.


PROJET GEDÄCHTNIS
Expériences sur sujet humain.
Première expérience : acquisition de données.

Le but de ce premier test est de faire avaler au sujet une grande quantité d'informations, et de lui faire restituer. Au fur et à mesure du test, les quantités d'informations augmentent, et le temps de mémorisation aussi. En cas d'erreur, le sujet reçoit une décharge de 10 Volts, puis de plus en plus au fil de l'expérience. Résultats : je n'en reviens pas. Je voulais voir la capacité mnémonique de cet homme, et j'ai vu. Il a été capable d'ingurgiter des tableaux de cinquante, cent, puis deux cents mots et de les restituer sans broncher après deux ou trois minutes de mémorisation. Il a même été capable de me dire quel mot était à quelle position dans le tableau. Cela dépasse l'entendement.


Deuxième expérience : apprentissage d'un texte.

Ce test ressemble fort au premier, mais il est plus long et plus dur. Le sujet doit apprendre un texte donné, et le réciter sans faire d'erreur. Le texte choisi est une pièce de théâtre de Shakespeare : Hamlet. L'apprentissage se fait dans la langue maternelle de l'auteur. Résultats : toujours les mêmes aptitudes. Il a réussi le tour de force de réciter la pièce sans se tromper une seule fois. Il s'est plongé dans la lecture de l'écrit durant environ une heure, et cela lui a suffit. Je suis réellement impressionné.

Troisième expérience : test de synesthésie.

Ce test permet d'affirmer si le sujet est doué de synesthésie ou non. La synesthésie, c'est l'absence de réelle barrière entre les sens. Autrement dit, un son n'est pas qu'un son : c'est aussi une couleur, une odeur, un mouvement... etc. Résultat : le sujet dispose effectivement du don de synesthésie. Il est capable de me parler de la couleur d'un chiffre, de l'odeur d'une bande de cuivre, et de beaucoup d'autres choses. Cela explique en partie pourquoi sa mémoire est si impressionnante. Il associe à tout ce qu'il retient des sensations aussi diverses qu'utiles pour la restitution du souvenir.

Quatrième expérience : hypnose.

Le but de cette expérience est de mettre le sujet sous hypnose, puis d'essayer de puiser dans la mémoire pour retrouver des éléments de la mémoire collective de l'humanité. Je ne sais pas si nous allons réussir, mais c'est l'expérience la plus intéressante, la plus longue, et la plus ambitieuse également… J'ai fait venir de Berlin un ami médecin hypnotiseur. Nous allons nous attaquer au sujet pour voir ce qu'il peut nous révéler. Résultat : malgré tous nos efforts, il n'a pas été possible d'obtenir quoi que ce soit du sujet. Je suis épuisé. Cela fait deux jours que nous sommes enfermés dans la même pièce, à essayer d'arracher une bribe de souvenir préhistorique à cet homme. Je suis à bout de nerfs. J'ai dû lui arracher un doigt pour me calmer. Il n'a rien senti, il était sous hypnose. Son réveil va être douloureux. Mais cela n'est pas mon problème. Il faut que je trouve un moyen de me calmer.

Dernière expérience : opération.

Il est temps de passer aux choses sérieuses. Aujourd'hui, nous allons opérer le sujet pour procéder à une expérience assez simple. Nous connaissons les zones du cerveau associées au langage, à la vue, à la perception, etc. Le principe est donc simple : nous allons détruire petit à petit les zones non explorées de son cerveau pour déterminer laquelle est la zone de la mémoire. Nous allons raisonner par déduction. Pour cela, il nous faut ouvrir le crâne du sujet, puis l'explorer. L'opération se déroulera sans anesthésie, étant donné que nous ne disposons pas de moyens énormes, et que tous les éléments anesthésiques sont mis à la disposition des soldats blessés. Tant pis pour la douleur, cela m'importe peu. Résultat : échec total. Nous avons détruit bon nombre de zones de son cerveau, mais il a continué à disposer de sa capacité. Nous en sommes arrivés à un point de non retour : les dégâts causés sur son cerveau sont irréparables. Il semblerait qu'il n'existe pas de « zone de la mémoire ». J'ai eu une idée qui permettrait d'expliquer ce problème : la mémoire serait répartie dans toutes les zones avec lesquelles elle interagit. Ce qui expliquerait par exemple pourquoi certaines personnes ont une mémoire visuelle, et d'autres une mémoire auditive, par exemple. Les résultats ne sont pas positifs. Nous n'avons pas obtenu ce que nous désirions. Tant pis pour l'homme. Il sera relâché et renvoyé chez lui, mais il n'est plus en mesure de vivre en autonomie. Son cerveau est trop endommagé. Il mourra chez lui en quelques jours.

Mort pour la patrie… Que veut réellement dire cette inscription, sur les tombes ? La patrie ne réveille pas les morts…

A quelques centaines de kilomètres de là, Louise fut désignée pour faire partie du groupe de prisonniers qui creuseraient les fosses. Sur le moment, elle ne comprit pas pourquoi elle avait été désignée à cette besogne, elle qui était frêle et pâle, mais peu importe, cela lui laisserait un temps de répit. Gaël, lui, avait été confié à Brigit, qui avait apparemment l'habitude de s'occuper de groupes de jeunes enfants. Louise ne savait pas combien de temps elle pourrait tenir à ce rythme, ni combien de temps il lui laisserait, mais son esprit était focalisé sur Gaël et sur Jeldora. Elle voulait que son fils s'en sorte, et elle espérait que Jeldora allait bien, et qu'il les retrouverait… Louise avait surtout peur pour Gaël, elle avait peur qu'il ne fit une amnésie passagère au beau milieu du camp nazi. Et elle avait peur de ne pas pouvoir être là pour le rassurer et lui rappeler qui il était…

Louise fit la connaissance du major Alex Russel. Le sous-officier s'avéra être beaucoup plus sympathique que son supérieur. Il se noua rapidement une relation étrange entre Louise et le major ; les deux personnages étant pourtant très antagonistes, mais ils se comprirent. Une nuit, Louise se réveilla en sursaut et se trouva nez à nez avec Russel. La surprise laissa la place à l'inquiétude : que voulait le major Russel ? Elle obtint très vite la réponse : le sous-officier déposa un baiser furtif sur ses lèvres, se redressa et s'en fut. Louise fut tellement stupéfaite qu'elle n'eut pas le temps de réagir. Elle regarda s'éloigner Alex Russel, puis se rendormit. Au bout du sixième jour de travail acharné, Louise sentit qu'elle ne pourrait pas faire un trou de plus. Elle s'arrêta de creuser et s'affala à terre, sous les yeux des S.S. chargés de la surveillance. L'un d'entre eux la ramassa, et la conduit devant le responsable du camp, M. Prich.

Quand elle rouvrit les yeux, elle était face à cet homme, ce monstre, celui qui coordonnait toutes les tâches dans le camp, et qui décidait de l'exécution des prisonniers. Cet homme qui jouait à Dieu, qui se donnait le droit suprême de retirer la vie à des dizaines d'être humains sous prétextes qu'ils n'étaient pas purs. Il s'adressa à elle dans un français impeccable : « Bonjour mademoiselle. Je vois que vous n'êtes plus productive. Vous savez que nous ne tolérons pas cela, ici… » Louise le regarda d'un air hébété, épuisée, transie de froid, sale et écorchée de partout. Elle ne répondit pas. L'homme la dévisagea pendant de longues secondes, et finalement repris la parole, avec une lueur dans le regard qui ne disait rien de bon à Louise. « Je vous propose un marché. Si vous acceptez de m'offrir votre corps à chaque fois que vous êtes trop épuisée et que vous risquez d'être exécutée, je retarderais la sentence… » La fatigue de Louise se mua en stupeur, puis en colère : « Vous voulez coucher avec moi pour me permettre de survivre ?? » s'exclama-t-elle, prise d'un mouvement de répulsion envers cet homme prêt à tout pour assouvir ses fantasmes. Prich avait présenté la chose de telle sorte qu'il se donnait un rôle de bienfaiteur, il épargnait la femme tant qu'elle acceptait de lui être soumise. Mais Louise ne voulut rien entendre. Elle choisit la mort. Prich, frustré, se leva, ouvrit la porte et poussa Louise dehors. Il la fixa une dernière fois, plein de haine et d'envie ; et Louise crut reconnaître ce regard, mais sans arriver à se rappeler exactement ou elle l'avait déjà vu. Sa mémoire lui faisait défaut…

Samedi 14 février 2004 à 13:09

As-tu déjà éprouvé ce curieux sentiment de flottement ? Comme si ton âme se détachait de ton corps, et qu'elle le regardait, vide et dénué de sens…

Le vide…

Comme souvent, il se retrouva seul, nu, isolé, sans la moindre idée de l'endroit où il se trouvait, ni de qui il était vraiment. Cependant, ce n'était quasiment jamais le noir total. Il parvenait à se souvenir de quelques détails, sans aucun lien les uns les autres, comme la voix de sa mère ou de la couleur des yeux de sa voisine. Et surtout, il était conscient d'avoir perdu ses souvenirs, contrairement aux amnésiques purs et durs qui ne sont pas capables de se rappeler qu'ils sont malades, à moins de l'écrire sur un carnet qu'ils ont tout le temps avec eux. Heureusement, cela ne durait que très peu de temps. Cette fois ci, il retrouva ses esprits au bout de quelques minutes. Le maître et ses camarades étaient au courant de ses amnésies passagères. Ils n'y prêtaient plus vraiment d'attention particulière, et Gaël était surtout observé comme une bête de foire, ce qui avait le don de le mettre mal à l'aise. La sonnerie de la sortie approchait.

Qu'y a-t-il de pire que de perdre son identité toutes les cinq minutes ?…

On distingue formellement deux types d'amnésiques : les amnésiques dits « antérogrades », c'est-à-dire que les malades ne peuvent pas acquérir de nouveaux souvenirs ; et les amnésiques dits « rétrogrades » : le passé est effacé sur dix, vingt ans… Ces deux types d'amnésies peuvent se combiner en proportions variables. Gaël était atteint d'une forme d'ictus amnésique assez importante : il avait des trous de mémoire, provoqués par des évènements totalement anodins. Quand il sortait de ces périodes de torpeur, il avait à jamais oublié les quelques heures précédentes. Il en était conscient, ce qui l'aidait à surmonter ces périodes de vide, mais cela restait tout de même relativement handicapant.

Gaël avait neuf ans, il était né durant l'été 1933, d'un père violeur inconnu et d'une mère juive Polonaise, Louise Herdin. Elle avait été violée par un homme dont elle ne se rappelait même pas le visage, et de ce traumatisme était né Gaël. Au début de l'année 1940, Louise avait rencontré Jeldora. Ils s'aimèrent dès leurs premiers rendez-vous, et cela faisait maintenant presque trois ans qu'ils vivaient ensemble, à Paris. Jeldora était né à Versailles, et il avait fait ses études là-bas. Très tôt, il manifesta des aptitudes mnémoniques impressionnantes. Il parvenait à apprendre des cours par cœur et à les restituer jusqu'à la moindre virgule. Malgré cela, il n'était pas un élève brillant : il avait une bonne mémoire, mais trop mécanique : il ne parvenait pas à dire quel était le sujet des textes qu'il était capable d'apprendre. Il finit par trouver un travail dans un hôpital, en tant que secrétaire. Il était lui-même intrigué par ses capacités, mais au fil des années, il comprenait peu à peu qu'il ne pouvait laisser aucune place au doute : il n'oubliait jamais rien…

A choisir entre oublier et retenir, ne choisis pas forcément retenir…

Paris était occupé. Nous étions en décembre 1942, et les administrations locales étaient devenues allemandes. Le chef du projet « Gedächtnis », Ranke Boën, était un scientifique nazi renommé dans son pays, qui travaillait sur l'inconscient et la mémoire collective de l'humanité. Vaste sujet. Il pensait notamment que cela lui permettrait d'expliquer la supériorité de certaines « races » sur d'autres. Il avait eu vent des étranges capacités de Jeldora, et il souhaitait grandement disposer de ce sujet pour essayer d'en tirer le maximum. L'arrestation aurait lieu le jour même, sous le prétexte d'un contrôle d'identité.

Qu'arriverait-il si les religions disparaissaient ?

Gaël attendait patiemment sa mère devant l'école. Louise était en retard. Il était scolarisé dans une école Juive, et depuis quelques temps les élèves de cet établissement n'étaient pas très bien vus dans le quartier. Il remarqua plusieurs voitures arrêtées dans la rue de son école, fait surprenant s'il en est car la plupart des élèves rentraient à pied avec leurs parents. Sur le moment, il n'y prêta pas attention. Louise pressa le pas en approchant du coin de la rue, et tendit le cou pour essayer d'apercevoir Gaël au milieu de toutes les têtes blondes et de leurs parents. Au moment ou elle l'aperçu, elle comprit que quelque chose n'allait pas. Elle ne réalisa que trop tard que toutes les portières des voitures garées s'étaient ouvertes en même temps, et qu'il en sortait des flots de soldats allemands, en armes et l'air peu amical. Le peu qu'elle comprenait de l'Allemand lui fit réaliser qu'elle était au beau milieu d'une rafle. Elle n'eut que le temps de rejoindre Gaël, avant d'être saisie par un sous officier et jetée dans un camion qui était sorti d'une rue perpendiculaire. Le cauchemar ne faisait que commencer.

Jeldora attendait maintenant depuis vingt minutes le retour de Louise et Gaël. Ce fut quand son attente dépassa la demi heure qu'il se douta qu'il y avait un problème. Au bout de quarante minutes, il se décida à partir à leur rencontre. Il n'eut même pas le temps d'ajuster sa cravate : on frappa à sa porte. Il se dit qu'il s'était finalement inquiété pour rien, qu'ils avaient du traîner en chemin. Mais quand il ouvrit la porte, il ne s'attendait certainement pas à recevoir un coup de crosse de fusil dans le thorax, et à s'écrouler sur le pas de sa porte. « Embarquez le ! » cria Boën. Deux minutes plus tard, il se réveilla et se rendit compte qu'il était dans une voiture allemande aux vitres teintées, bâillonné et attaché…

Votre salut ne se trouve pas dans la fuite.

Le voyage avait paru interminable à Louise. Gaël, lui, dormait. Il avait fini par sombrer, fatigué, terrorisé, et il profitait maintenant de ses derniers instants de quiétude. Après le court voyage en camion jusqu'à la gare, ils avaient été transférés dans un train. Louise avait essayé de suivre le fil des conversations, et elle comprit finalement que le train se dirigeait vers Dachau, un des premiers camps de concentration allemands. Elle se doutait qu'elle n'en sortirait pas intacte, mais elle n'imaginait peut-être pas les atroces souffrances qui l'y attendaient.

La neige tombait doucement sur le sol brûlé et les bâtiments décharnés du camp. Au même moment, à Paris, la neige commençait à fondre… Dans l'enceinte du camp, à l'extérieur, au bout d'un chemin de terre, était disposé un petit bureau auquel étaient assis deux hommes qui appelaient des noms un par un. Louise avait pu rester avec Gaël durant tout le voyage, mais elle craignait d'en être séparée maintenant, car devant elle, les femmes et leurs enfants étaient envoyés dans des directions opposées. « Louise Herdin ! » Le S.S. préposé au remplissage des documents administratifs avait crié son nom, mais pas celui de Gaël. Louise se mit à paniquer, elle qui jusqu'ici avait réussi à rester calme. Elle s'avança lentement vers les soldats, et elle se surprit à leur poser une question à priori inutile puisque formulée dans une langue différente de la leur, mais qui eut le don d'énerver un des deux militaires : « Excusez moi, mais pouvez vous me dire pourquoi je suis ici ?... » Cette question était sortie machinalement, et prononcée sur un ton à moitié accusateur, comme lorsque vous cherchez à comprendre ce que l'on vous reproche. Un officier parlait le Français, et il comprit. Louise se retrouva à terre avant d'avoir pu esquisser le moindre geste. Parmi les cris de fureur de l'homme, elle perçut quelques bribes de mots : juive… ennemie… morte… déjà… Puis elle fut jetée dans un bâtiment qui servait de dortoir collectif, et elle s'effondra sur une couchette en bois, pleurant toutes les larmes de son corps, pouvant enfin exprimer son chagrin.

Elle fut réveillée par une main douce et respectueuse. Elle leva les yeux et vit une vieille femme, qui donnait l'impression de faire partie du décor tant elle était sale et paraissait fatiguée, mais dès le premier regard elle comprit qu'elle était en face d'une personne qui avait du caractère. « Je m'appelle Brigit » dit-elle doucement. « Je vois que vous faites partie du dernier train. » reprit-elle en la fixant dans les yeux. « Mon fils… Ils m'ont enlevé mon fils… » parvint à articuler Louise, ravagée par la douleur. Puis elle retomba, épuisée, et se rendormit. Un pâle matin se levait sur Dachau, une aube de tristesse et de honte, une aube d'horreur et de cruauté. Les S.S. firent lever tous les nouveaux prisonniers pour les amener dans un hangar désaffecté. Quand ils furent tous entassés, un homme en civil monta sur une pile de bidons et entama un monologue en Français. Il se présenta sous le nom de M. Prich, médecin et responsable du camp. C'était celui qui avait frappé Louise… A ses côtés se tenait un sous-officier, présenté comme le major Alex Russel. Le major était le responsable de la sécurité. Les prisonniers furent mis au fait de ce qui les attendait : les plus forts d'entre eux seraient employés pour les travaux d'intérêt généraux, principalement enterrer des cadavres ou creuser des fosses, et ces besognes étaient terriblement épuisantes… Les plus faibles seraient la cible d'expériences médicales, et seraient exécutés. Les enfants, quant à eux, n'étaient pas cités, et Louise ne savait pas ce qui allait arriver à son fils…

Mardi 3 février 2004 à 9:07

Le mois prochain, un autre chapitre déterminant de l'histoire politique de notre pays va être écrit. Et c'est nous, vous, tous ensemble qui allons l'écrire. Nous allons voter pour les cantons et les régions, pour la représentation du gouvernement à la tête des institutions locales. La vocation première de ce message est de faire passer un message simple et concis : votez ! Ne refaites pas la même erreur qu'au premier tour des présidentielles, où notre pays s'est vu perdre toute sa crédibilité, auprès des jeunes, mais aussi auprès de l'Europe. La France donneuse de leçon a pris une bonne claque, à vous de faire qu'elle évite de tendre l'autre joue... Le gouvernement est en lambeaux. La droite est déchirée par les échecs, les affaires, les plans économiques et sociaux ratés, les licenciements, et j'en passe. Cela n'est pas fait pour raviver la confiance des jeunes électeurs, dont la réaction est souvent : "ils ne s'occupent pas de nous, ne nous préoccupons pas d'eux ; ils nous font des promesses, ils ne les tiennent pas" etc. A vous de voir quel sera à votre avis le ou les partis qui seront capables de tenir leurs promesses, mais ce n'est pas en les regardant se battre contre le front national que vous ferez avancer les choses. La France politique est pourrie. Au sens propre du terme. Le gouvernement est incapable de maintenir une confiance réciproque. Si nous voulons leur rendre la pareille, votons, mais votons bien. Et surtout, évitons le vote fachiste, le vote rasciste, le vote homophobe, le vote front national. Je n'aime pas trop m'engager sur le front politique, mais dans ce cas précis je préfère le faire : je veux être clair. Le front national est un obstacle à la démocratie, à nous de l'éviter. Fin de la parenthèse. La bonne réaction doit venir des jeunes, du peuple, des électeurs. Démocratie : "pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple" en Grec antique. Pas besoin d'être académicien pour comprendre la teneur fortement idéologique de la démocratie : nous avons le pouvoir ! Si un gouvernement ne nous plaît pas, faisons le lui savoir ! Mais surtout, surtout, il faut à tout prix éviter le piège de l'abstention, écueil fatidique sur lequel nombre d'électeurs dégoûtés se sont précipités en 2002. Cela ne permettrait que de renforcer le sentiment de rejet de la politique manifesté par bon nombre de jeunes électeurs, et donc de donner la parole, et une partie du pouvoir, à l'extrême droite qui n'attend que ça. Si nous voulons éviter une nouvelle déception, une nouvelle chute, un nouveau drame, c'est à nous de nous prendre en main pour apporter une solution constructive à notre pays. C'est à nous de décider quel sera NOTRE avenir. C'est à nous d'aller voter, d'aller voter juste, et de s'intéresser à notre pays. La société actuelle est un modèle de mondialisation, d'anti personnification, de vulgarisation de l'individu ; l'homme n'a plus aucun pouvoir, sauf celui de décider qui le lui donnera, ce pouvoir inexistant. Si nous sommes des esclaces d'un système qui ne nous reconnaît pas en tant que tels, alors reconnaissons au moins une chose : décidons de qui va nous mépriser, car cela nous donnera peut-être une chance de changer les choses, petit à petit..... Je ne suis pas un leader politique, simplement un jeune électeur lassé d'entendre toujours la même rengaine auprès de mes égaux : "n'allons pas voter, cela ne sert à rien". Ceux qui disent cela n'ont rien compris. joKeR

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